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Liban - Vient De Paraître

« Kfarnessiane » : environnement et humanisme au cœur de la civilisation moderne

La couverture de l’ouvrage.

Le nouveau livre de Mazen Abboud, un recueil de nouvelles à caractère social, explore les différentes manières de préserver l'identité dans un monde mouvant.
Le titre, Kfarnessiane, renvoie à kfar pour village, et nessiane pour oubli. Pourtant, le Kfarnessiane imaginé dans le livre n'est pas vraiment un village de l'oubli, mais, comme le dit l'écrivain lui-même, « un village libanais (imaginaire) bien de notre époque, qui vit la mondialisation, subit le réchauffement climatique, craint le terrorisme... ». Bref un microcosme représentatif, qui réagit aux crises mondiales.
Dans son cinquième ouvrage, dans une langue arabe fluide, Mazen Abboud place son action et ses multiples personnages, notamment le jeune Barhoum et sa famille, dans un village qu'on devine être le symbole d'un Liban, et même d'un Levant, déchiré entre la peur de la violence et le risque de perdre son identité dans un monde qui change. « C'est le mélange insolite entre le smartphone et la bonne vieille mentalité, souligne Mazen Abboud. J'ai voulu recréer une atmosphère chargée de défis, d'espoirs, d'amertume aussi, sans oublier l'humour, noir souvent. J'ai cherché à explorer comment l'identité réagit dans un monde qui a tendance à tout uniformiser. Mes personnages ont souvent peur, ils se réfugient dans le passé ou l'avenir. » Kfarnessiane est-il un espace préservé ? « J'aurais bien aimé que ce village résiste à l'oubli, qu'il refuse de se laisser diluer dans la mondialisation, mais, au final, il se laisse lui aussi prendre par le courant », dit-il.
L'auteur allie style symbolique et réalisme. Il dit « ne pas vouloir s'enfermer dans un style très particulier, mais rendre compte de la vie, dans tout ce qu'elle a de pluriel ».
Lors de la cérémonie de signature du livre à Beyrouth, le ministre de la Culture Rony Araiji a souligné « le renouveau littéraire qu'apporte cet ouvrage ». L'auteur en a-t-il conscience ? « La littérature ne peut être que le miroir de la société où elle est produite, de son siècle, dit-il. Pour moi, elle est souvent une réflexion sur l'humanisme, avec ses constantes et ses variables. »
Et l'environnement dans tout cela ? « La détérioration des valeurs humaines, le libéralisme économique sauvage, le recul de la spiritualité entraînent aussi une détérioration de l'environnement, répond celui qui est également un militant écologique infatigable. La dégradation de l'environnement est un problème structurel, qu'il faut régler en retrouvant les principes fondamentaux de la moralité. »
Et de conclure : « Nous devons cesser de n'être que des consommateurs, rôle auquel on veut nous réduire, pour retrouver notre humanité. Pour cela, il est important de faire la différence entre individualisme et singularité. Voilà pourquoi Barhoum, mon personnage principal, est un pèlerin sur une route semée d'embûches et de souffrances qui le conduit vers la spiritualité. »
S.B.

Le nouveau livre de Mazen Abboud, un recueil de nouvelles à caractère social, explore les différentes manières de préserver l'identité dans un monde mouvant.Le titre, Kfarnessiane, renvoie à kfar pour village, et nessiane pour oubli. Pourtant, le Kfarnessiane imaginé dans le livre n'est pas vraiment un village de l'oubli, mais, comme le dit l'écrivain lui-même, « un village libanais (imaginaire) bien de notre époque, qui vit la mondialisation, subit le réchauffement climatique, craint le terrorisme... ». Bref un microcosme représentatif, qui réagit aux crises mondiales.Dans son cinquième ouvrage, dans une langue arabe fluide, Mazen Abboud place son action et ses multiples personnages, notamment le jeune Barhoum et sa famille, dans un village qu'on devine être le symbole d'un Liban, et même d'un Levant, déchiré...
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