De gauche à droite, l’ancien ministre Tarek Mitri, Francois Ernenwein, Amine Issa et Mona Fayad.
Le master en information et communication de l'Université Saint-Joseph a organisé à la faculté des lettres et des sciences humaines (FLSH) une table ronde sur le thème « La laïcité : le modèle français est-il exportable au Liban? ». Ce thème été débattu par M. Francois Ernenwein, rédacteur en chef du quotidien français La Croix, Mme Mona Fayad, professeure de psychologie à l'Université libanaise, et l'ancien ministre Tarek Mitri, directeur de l'Institut Issam Farès pour les politiques publiques et les affaires internationales à l'Université américaine de Beyrouth.
La doyenne de la faculté, la professeure Christine Assaf, a prononcé un mot de bienvenue, soulignant notamment que la conférence s'inscrit dans le cadre d'un partenariat avec le Celsa, l'École des hautes études en information et communication, Paris – Sorbonne, et le master en Info.Com de l'USJ.
M. Amine Issa, responsable du Master en Info. Com et modérateur de la table ronde, a rappelé, avant de présenter les intervenants, que la « loi de 1905 a consacré en France la laïcité longtemps mûrie dans l'esprit ». « Face à la radicalisation des religions, le modèle français est-il encore la réponse ? s'est-il interrogé. La laïcité est-elle encore la voie de la liberté de conscience ? Faut-il renoncer à la laïcité, la réaménager ou l'adapter dans sa radicalité ? » a ajouté Amine Issa.
M. Ernenwein a ensuite pris la parole pour relever d'entrée de jeu qu'en France, « le débat sur la laïcité est d'une brûlante actualité et que le modèle laïc français est le résultat de l'évolution de la société ». Le rédacteur en chef de La Croix a souligné dans ce cadre que la conception d'une laïcité fermée est un « grand danger pour le lien social et la construction d'une société apaisée ». Pour lui, les Français s'accordent sur le double refus que porte la laïcité : le refus d'une religion officielle et celui d'un athéisme d'État. La laïcité française n'est pas une interdiction des convictions religieuses, a indiqué en substance M. Ernenwein, qui a ajouté à ce propos que suite à la montée en puissance de l'islam en France, on assiste à la volonté d'associer les différentes religions au débat public. M. Ernenwein a enchaîné sur la situation du Liban, estimant que les différentes communautés religieuses peuvent apporter chacune « sa pierre à l'édifice » de ce qui pourait être un État libanais moderne.
Le produit d'une histoire singulière
Prenant à son tour la parole, l'ancien ministre Tarek Mitri a défini le système communautaire libanais en tant que produit de l'histoire, le pluralisme étant une constitution de l'identité libanaise. Cependant, 25 ans après l'accord de Taëf, le modèle de gestion de ce pluralisme n'a jamais été appliqué. La société et la vie politique ont connu une plus grande communautarisation, a relevé M. Mitri. Néanmoins, a-t-il poursuivi en susbtance, les jeunes réclament l'abolition de ce système ou, du moins, proposent de le modifier compte tenu de son échec. Ils fondent leurs revendications sur le dysfonctionnement du partage du pouvoir entre les communautés. « Incapable de résoudre les crises politiques, ce système a établi une vetocratie qui paralyse nos institutions et exacerbe les clivages entre les Libanais », a déclaré Tarek Mitri qui a souligné en conclusion que la laïcité française est le produit d'une histoire singulière et ne saurait donc être exportée.
De son côté, Mme Mona Fayad a retracé l'histoire de la laïcité au Moyen-Orient, née au XIXe siècle lorsque le modernisme qui la sous-tend fut une réaction des intellectuels face à l'impérialisme. Mme Fayad a préconisé une rupture avec le passé et les traditions. La laïcité, pour elle, est une « nécessité en vue de développer la société et aboutir à la démocratie ».
La doyenne de la faculté, la professeure Christine Assaf, a prononcé un mot de bienvenue, soulignant notamment que la conférence s'inscrit dans le cadre d'un partenariat avec le Celsa, l'École des hautes études en information et communication,...


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09 h 25, le 26 avril 2016