Le chef du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, a annoncé hier dans le cadre du programme Kalam al-Nass, sur la LBCI, son intention de démissionner de son siège de député du Chouf « à la première occasion ». Il a par ailleurs appelé le Hezbollah à jouer un rôle constructif en facilitant l'élection d'un chef d'État, invitant Michel Aoun et Sleiman Frangié à se désister en faveur d'un candidat de compromis.
Ce n'est pas la première fois que M. Joumblatt évoque son intention de mettre un terme à sa carrière politique, mais cette fois-ci, il a saisi l'occasion du programme présenté par Marcel Ghanem pour montrer à l'écran une lettre de démission qu'il a rédigée et qu'il compte transmettre au président de la Chambre, Nabih Berry, lors de la prochaine séance législative, dont la tenue reste pour le moment problématique.
Au sujet de la présidentielle, M. Joumblatt a confirmé les informations de presse selon lesquelles les responsables iraniens auraient indiqué à leurs interlocuteurs français que les élections à la première magistrature ne seront pas débloquées tant que les pressions sur le Hezbollah se poursuivent.
Selon lui, le Hezbollah « ne doit toutefois pas assumer à lui seul la responsabilité de ce blocage. La classe politique doit également assumer sa part de responsabilité ». Et d'inviter les deux candidats en lice, Michel Aoun et Sleiman Frangié, à se désister en faveur d'un troisième candidat. « Historiquement, a ajouté M. Joumblatt, les candidats chrétiens qualifiés de forts ont détruit le pays. »
S'adressant au Hezbollah, il a estimé qu'il « devrait prendre en compte deux indications stratégiques : la question du renoncement à la requête de son désarmement et la lutte contre le terrorisme » menée par l'État libanais, deux éléments qui versent indiscutablement en sa faveur, a-t-il précisé en substance.
Il s'est enfin dit prêt à rencontrer le chef du parti chiite, si cette rencontre devait contribuer au déblocage des dossiers en suspens, à leur tête l'échéance présidentielle. Il a également conseillé à qui veut l'entendre de « ne pas prendre prendre à la légère » les sanctions prises par le Congrès américain à l'encontre du Hezbollah, mettant en garde contre des conséquences dangereuses sur le système bancaire et sur l'économie du Liban.
« Je ne fais plus confiance au ministère de l'Intérieur »
Sur les dossiers de corruption, M. Joumblatt a tiré à boulets rouges sur une pléthore de responsables politiques et sécuritaires à qui il a imputé la mauvaise gestion de leurs institutions et départements respectifs et la couverture des affaires de corruption majeures.
Égrenant les scandales de corruption révélés à la presse ces dernières semaines, le leader druze a pointé du doigt le ministère de l'Intérieur, notamment dans une affaire de détournements de fonds au sein des FSI, lui reprochant de n'avoir pas été jusqu'au bout dans son entreprise, seuls quatre officiers ayant été arrêtés sur un total de 300 impliqués, selon lui.
« Je ne fais plus confiance au ministère de l'Intérieur, sauf si M. (Nouhad) Machnouk me prouve le contraire », a-t-il lancé avant d'appeler le ministre à mener une véritable campagne d'épuration.
M. Joumblatt a également pointé du doigt la municipalité de Beyrouth dans la transaction portant sur l'achat de caméras pour la ville de Beyrouth, qui, a-t-il dit, a « été effectuée sans appel d'offres ». Il a écorché au passage l'armée dans l'affaire des réseaux illégaux d'Internet, affirmant qu'il existe au sein de l'institution militaire « des officiers corrompus ». « Il est difficile que les équipements aient pu entrer sur le territoire libanais sans que l'armée libanaise n'ait été au courant », a-t-il dit, saluant l'action du président de la commission parlementaire des Télécoms, Hassan Fadlallah. « Le dossier n'est qu'à ses débuts en raison de la présence de nombreuses poches de corruption », a ajouté M. Joumblatt, soulignant que le scandale a éclaté le jour où « les requins de la finance bénéficiant de ce commerce extrêmement alléchant se sont disputés entre eux ».
Le chef du PSP a dénoncé au passage la convergence d'intérêts qui lient les « gens du système ». Ce dernier est selon lui « inébranlable du fait du lien intrinsèque entre les communautés, les politiques et la corruption. Il s'agit d'une convergence d'intérêts », a-t-il dénoncé. Et d'affirmer qu'il est désormais temps de laisser la place à la nouvelle génération pour prendre les rênes du pays.
« La nouvelle génération ne nous croit plus », a-t-il souligné, estimant que « la crise des déchets a fait exploser les déchets politiques ». « Les réseaux sociaux montrent que la société civile est entrée en résistance et cette résistance est excellente malgré les débordements observés lors de certaines manifestations. »
Interrogé sur l'opportunité de la tenue des élections municipales, le leader druze a indiqué qu' « il n'y a aucune raison pour qu'elles n'aient pas lieu ». Au sujet de la municipalité de Beyrouth, il a proposé la suppression du poste de mohafez de la capitale pour le remplacer par le principe d'une rotation sunnito-chrétienne à la tête du conseil municipal. La municipalité de Beyrouth, présidée par un sunnite, ne dispose pas de pouvoir exécutif, lequel est concentré entre les mains du mohafez, généralement un grec-orthodoxe.


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1ère occasion c'est quoi ? Pour moi c'était avant hier la 1ère occase. .
18 h 12, le 22 avril 2016