La philosophie est la face scientifique de la poésie. Elle est l'expression physiquement mesurable de l'esprit qui anime nos consciences. La philosophie est l'art d'analyser, à l'aide de raisonnements crédibles, ce qui a rapport à « notre espace » et à « notre temps ». Alors que l'inspiration poétique, matérialisée sous le label « poésie », reflète de son côté ce qui bouillonne au sein de « l'autre espace » et hors de notre temps. Il n'y a pas d'effet sans cause. Les effets de la poésie nous crèvent les oreilles et les yeux. Leur cause, incompréhensible, inattendue et, sans doute, agaçante, nous échappe. Parce que sortant d'un espace qui n'est pas le nôtre ici et maintenant. Voilà qui justifie et honore ceux qui croient en la puissance de la poésie, synonyme d'imprévisible, de beau, de continu, de nébuleux et de merveilleux.
Nier ce que l'on ressent sans avoir besoin de le voir tomber sous l'un de nos cinq sens serait nier tout simplement la source de notre origine propre. Et parce que nous existons, nous ne pouvons nous permettre de soutenir en même temps la chose et son contraire. Car ce qui « est », voire ce qui est ressenti, n'appartient plus, par conséquent, au domaine du néant. Et ne peut, de plus, y retourner. Toute idée, fût-elle poétique ou pas, dès lors qu'elle est « divulguée » par notre cerveau, continuera « d'être » à tout jamais, malgré la disparition de ceux qui lui ont donné corps. Le cerveau-ustensile disparu, son produit reste et rien ne pourra plus l'effacer. Autant dire qu'il est entré dans la sphère de l'éternité et reconnaître implicitement la validité et la réalité de l'affirmation de ceux qui proclament depuis des siècles l'existence de l'Éternel tout court. De là à raccorder l'Éternel au sens du religieux, il n'y a même plus un pas. L'Éternel est tout simplement le point de départ de la religion. Et la religion, pour l'être pensant, n'est pas seulement « une », mais « la religion », c'est-à-dire un concept absolu, se tenant par lui-même, sans besoin d'épithète ou de spécificité.
Ainsi la religion est une composante principale à la base même de tout être qui réfléchit. Il est évident qu'elle peut être interprétée de diverses façons, ce qui explique la pléthore de doctrines religieuses qui, depuis l'âge des grottes, ont dicté aux hommes leur comportement. L'athéisme lui-même est une forme de ces doctrines-là et ne diffuse donc sa nuit que pour mieux mettre en évidence la lumière des croyants. Pour l'homme intelligent, croire en une puissance qui le dépasse, loin de le diminuer ou de l'humilier, aide encore davantage à le grandir puisqu'elle lui permet de pénétrer librement dans le monde de la spiritualité.
Je ne me fais ici, soulignons-le, l'avocat de nulle doctrine en particulier. La clarté de mon discours doit l'attester. Mais j'insiste sur ce fait majeur et essentiel que l'homme sans Dieu serait comme l'air sans oxygène. À voir de nos jours la recrudescence du fait religieux (en écho à ladite prédiction d'André Malraux affirmant que le XXIe siècle serait religieux ou ne serait pas) nous devrions plutôt nous réjouir... Malgré la (très) mauvaise interprétation qu'on lui réserve. L'ébullition des forces vives, de Daech aux discours du pape François, n'est que la preuve de la prise de conscience de plus en plus pressante du sens véritable à accorder à la vie humaine. Ne nous tourmentons pas outre-mesure devant la vision des difficultés qui nous envahissent en ce siècle. Ce n'est qu'un signe de plus de la vitalité du courant infini qui nous parcourt.
« Le monde passera, mais mes paroles ne passeront pas », avait dit Jésus de Nazareth il y a deux mille ans. Aussi, sommes-nous invités à méditer là-dessus par ce temps pascal chez les chrétiens, afin non pas spécialement de rassembler ou de consoler les prises de conscience des croyants, mais de réaliser que le phénomène-vie est la concrétisation de toutes les forces du cosmos, de toutes les forces de l'imagination, de toutes les forces de la spiritualité. Et qui fait que « savoir vivre vraiment », c'est non seulement une victoire sur l'idée de la mort, mais surtout une adhésion définitive à la notion d'éternité.
Cette forme de résurrection-là ne laissera plus le paradis à notre porte... mais à notre portée.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
Le croyant n'est pas devenu croyant, il l'a toujours été…. De son côté l'immuabilité et la perfection immobile. Du côté des non-croyants, la volte-face, l'inconsistance. Et il n'a pas été toujours dévot, il l'est devenu ! Cette fois, la volte- face est de son côté mais a retourné son caractère immoral et s'appelle désormais : "se corriger". Mais, côté mécréants, l'immuabilité a perdu son caractère moral ; devenant l'incorrigibilité ! Demeurer sur place ou faire volte-face, l'une et l'autre sont choses morales ou immorales ; chose morale de son côté, immorale du côté de celui-là d’en face ! L'ignorance passant pour un défaut, que l'on voit alors comment la baguette magique déiste change un moins de la morale en un plus de la morale : Son accommodement moral. Le langage de la raison ayant été toujours "indigeste" pour le déiste, lui qui n'est pas retombé dans la prétention immorale ; celle des "laïcs" ; de jamais trop se prévaloir de ce même langage de la raison, pas plus qu'on n'a entendu dire que ces laïcs se sont prévalus d'un langage déiste. Or, l'attitude morale consiste à éviter l'occasion de l'attitude immorale, et comment pourrait-on mieux se protéger de la tentation immorale de se prévaloir d'un langage, qu'en ayant la prudence de pas le tester. Lui qui ne sait rien de la raison, n'a donc pas à fréquenter "l’école" de la raison. Son école, c'est "le bon sens" ! Et, contre le danger moral de renier 1 école, il n'y a pas de moyen + éprouvé que de n'y pas aller !
07 h 21, le 20 avril 2016