M. Louche remettant les insignes à Mme Moghaïzel Nasr. Photo Michel Sayegh
Il est évident que la lutte pour les droits de l'homme est inscrite dans les gènes de la famille Moghaïzel. Après les grandes contributions de Joseph et Laure Moghaïzel dans ce domaine, c'est leur fille, Nada, qui prend la relève et profite de ses postes à l'Université Saint-Joseph ou encore au sein de plusieurs organisations régionales pour continuer à lutter en faveur du droit à l'éducation, en vue de contribuer à « lier des gens de différents horizons ».
C'est dans cet esprit que le conseiller à l'éducation – directeur général de' l'Institut français au Liban Denis Louche a remis à Nada Moughaïzel Nasr, en sa qualité de doyenne honoraire de la faculté des sciences de l'éducation de l'Université Saint-Joseph, les insignes de l'ordre des Palmes académiques, grade de chevalier, au cours d'une cérémonie organisée hier au siège de l'Institut, rue de Damas. Étaient présents de nombreuses personnalités du monde diplomatique, culturel et de l'éducation, dont notamment l'ambassadeur de France, Emmanuel Bonne, le directeur général de l'Éducation, Fadi Yarak, le recteur de l'USJ, le père Salim Daccache, ainsi que plusieurs doyens et professeurs de l'université.
« Une femme arc-en-ciel »
Dans son allocution, M. Louche a rendu hommage à Joseph et Laure Moghaïzel, deux grandes figures de la lutte pour les droits de la femme et de l'homme au Liban et dans le monde arabe. Il a également estimé que « Mme Moghaïzel Nasr a un lignage qu'elle assume parfaitement et qui crée des devoirs qu'elle assume tout en étant elle-même ».
Le directeur de l'Institut français a aussi mis en relief quatre grands moments du parcours de Nada Moghaïzel Nasr. Selon lui, en tant que professeur engagé, elle a mis l'accent sur l'émancipation. Et quand elle a occupé le poste de doyenne de la faculté des sciences de l'éducation de l'USJ, elle a eu la possibilité de la développer avec une équipe soudée et d'augmenter l'effectif des étudiants de manière significative. Tout cela vient s'ajouter au manuel pédagogique de l'USJ paru lorsqu'elle était chargée de mission pédagogique à l'université, avant d'être nommée déléguée du recteur à l'assurance qualité depuis 2015.
M. Louche n'a pas manqué d'évoquer « les talents » de Mme Moghaïzel Nasr. Il s'est adressé à cette dernière en ces termes : « Vous êtes une femme de lettres. Vous goûtez les mots et savez marier les contraires. Vous êtes une femme arc-en-ciel car votre itinéraire est à plusieurs couleurs, et parce que vous tissez des liens entre des personnes de plusieurs horizons », a ajouté Denis Louche.
« Excellence inclusive et sociétale »
Dans son mot de remerciements, Nada Moghaïzel Nasr a évoqué la raison derrière ses actions qui s'inscrivent dans le cadre de la lutte en faveur des droits de l'homme dont notamment le droit à l'éducation. « Mes activités ont été animées par le concept d'excellence inclusive et sociétale, c'est-à-dire qu'une éducation de qualité devrait être assurée pour tous et permettre de vivre mieux sur la terre des hommes », a-t-elle souligné avant d'indiquer que son père lui a appris la valeur de l'excellence : « L'excellence, c'est d'abord aller jusqu'au bout de ses possibilités. »
Elle a évoqué en outre « l'excellence sociétale qui assure l'excellence à tous et à chacun ». « Cela, c'est ma mère qui me l'a appris, surtout pour les démunis et les moins outillés », a-t-elle souligné avant de mettre en évidence « l'excellence sociétale » concernée par le bien commun et par le développement des compétences permettant d'améliorer la vie des hommes.
Par ailleurs, elle a offert cette médaille à ses étudiants qui lui en ont fait « de si belles » en utilisant ce qu'elle leur a enseigné. Elle n'a pas manqué enfin de remercier sa famille et ses amis avant de réaffirmer (son) adhésion aux « valeurs universelles qui sont celles de la République française et du Liban que nous voulons ».


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