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Nos lecteurs ont la parole - D. Attali

Elle s’appelle Myriam

Je la vois tous les jours. Elle est seule. Assise sur un carton qu'elle va dénicher tous les jours chez l'épicier d'à côté. Toujours vêtue d'un voile, seul son visage aux traits doux et angéliques apparaît. Elle tient dignement son petit garçon de deux ans dans ses bras. Elle ne regarde personne. Tous ses regards sont concentrés sur la prunelle de ses yeux. Elle ne tient pas à attirer les regards. Elle n'ose pas les affronter... Elle a honte...
Nous sommes à Beyrouth. Des centaines de femmes syriennes déracinées sont amenées en ville par minibus très tôt le matin avec leur horde d'enfants. Elles arrivent pour la plupart de la banlieue sud où elles ont établi un semblant de chez elles. Elles n'ont ni eau courante ni électricité. Elles vivent dans des immeubles désaffectés, ou sous des tentes. Une surpopulation pour un minimum de mètres carrés qu'il faut absolument trouver et préserver pour pouvoir survivre. La misère...
Myriam fait partie de ces femmes. Elle est là, fidèle au poste, tous les matins. Elle ne tend jamais la main. La tristesse se lit sur son visage. Pourvu que quelqu'un la voit. Mais, elle, ne veut pas voir celui ou celle qui lui apportera de quoi survivre. Affronter les regards... rien de plus difficile. Elle semble dire au monde qu'elle connaît et comprend les difficultés de chacun ; que sa place n'est pas ici ; qu'elle est consciente que sa simple image peut gêner, déranger... Mais qu'elle n'a pas le choix. Sa détresse ne laisse pas indifférent. Elle ne garde ses sourires de madone que pour son petit garçon qu'elle tente de garder propre et soigné. Il s'appelle Hama. Il a l'air confiant sous la protection de sa mère. Ce qui n'est pas le cas pour tous les enfants de la rue que nous pouvons croiser ici. Nous pouvons parfois être spectateurs infortunés de scènes d'une violence inouïe envers ces enfants de la part de leurs parents ou de leurs aînés. Une manière comme une autre d'attirer l'attention des passants que nous sommes... À n'importe quel prix... On a beau se fâcher ouvertement face à une telle brutalité, on se sent bien impuissants. Le petit Hama, lui, a l'air d'aller bien. Le visage souvent tourné vers celui de sa mère, elle semble ne pas vouloir lui montrer ce monde d'adultes cruel et incompréhensible. Fait rare, il a l'air d'être l'unique enfant de Myriam.
Mais jusqu'où va-t-elle pouvoir le protéger ? Dans quelle sérénité va-t-elle pouvoir le laisser grandir ? Comment faire de ce petit garçon un homme digne ? Myriam comme son mari ne savent ni lire ni écrire. Ils sont étrangers, trouver du travail est de l'ordre de l'impossible. L'accès au minimum vital est déjà si difficile. Comment le faire accéder à l'éducation, la culture... à l'avenir ? Sur les traits du visage de Myriam, toutes ces questions se posent... Mais les réponses peinent à s'afficher.
Je la vois tous les jours. Elle est seule. Assise sur un carton... Sa détresse est désormais la mienne...

Je la vois tous les jours. Elle est seule. Assise sur un carton qu'elle va dénicher tous les jours chez l'épicier d'à côté. Toujours vêtue d'un voile, seul son visage aux traits doux et angéliques apparaît. Elle tient dignement son petit garçon de deux ans dans ses bras. Elle ne regarde personne. Tous ses regards sont concentrés sur la prunelle de ses yeux. Elle ne tient pas à attirer les regards. Elle n'ose pas les affronter... Elle a honte...Nous sommes à Beyrouth. Des centaines de femmes syriennes déracinées sont amenées en ville par minibus très tôt le matin avec leur horde d'enfants. Elles arrivent pour la plupart de la banlieue sud où elles ont établi un semblant de chez elles. Elles n'ont ni eau courante ni électricité. Elles vivent dans des immeubles désaffectés, ou sous des tentes. Une surpopulation pour...
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ON EN A PITIE CERTES... MAIS QUE DE LIBANAIS SONT AUSSI DANS LA MEME SITUATION DANS LEUR PROPRE PAYS...

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

09 h 22, le 15 avril 2016

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Commentaires (1)

  • ON EN A PITIE CERTES... MAIS QUE DE LIBANAIS SONT AUSSI DANS LA MEME SITUATION DANS LEUR PROPRE PAYS...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    09 h 22, le 15 avril 2016

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