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Lettre aux enfants du millénaire

Tous les 13 avril, depuis 41 ans maintenant, on ressort immanquablement ces vieilles unes avec leur titre charbonneux qui dit tout sans rien dire : « 31 morts, hier, à Aïn el-Remmané ». Ce sera toujours hier. Nous avions alors votre âge, un peu plus, un peu moins, vous qui êtes nés au tournant du millénaire. Nous ne savions pas que ce faire-part annonçait aussi l'ouverture solennelle des portes de l'enfer. Quinze ans durant, vous le savez, même si ce n'est pas écrit dans vos livres d'histoire, mais nous en parlons parfois sans insister, quinze ans presque d'une traite, la vie s'est organisée, petite, étroite, prudente, calculée. Certes, nous avons eu de la chance, puisque nous sommes toujours là, et que vous êtes là aussi, preuves éclatantes de notre victoire dérisoire. Vous êtes là parce que nous sommes passés sous la mire des tireurs embusqués. Parce que le hasard ou la providence. Mais vous êtes là, et nous avons eu raison d'espérer quand espérer était le lot des faibles, des naïfs et des ingénus.

Les plus intelligents, si toutefois le dédain peut compter comme une forme d'intelligence, cultivaient un pessimisme arrogant qui leur donnait un certain ascendant sur le commun des mortels. Et combien exécrables étaient ceux qui venaient rapporter que « l'ambassadeur des États-Unis, à dîner chez un tel, a dit que nous en avions encore pour 25 ans ». Ce genre d'annonce avait presque toujours pour cadre la cage d'escalier, et pour ambiance sonore des chutes d'obus de gros calibre, à peine espacées de 2 à 5 minutes. Naturellement, ces cassandres se postaient tout en haut de la volée de marches, avec l'aplomb de qui n'avait plus rien à craindre, n'ayant plus rien à espérer. Les autres, terrés tout en bas, tentaient de préserver, pour « un jour de palmes, un jour de feuillages au front », la flamme vacillante qui leur permettait de tenir.

La flamme a tenu, malgré les deuils innombrables et les grands départs, et nos rangs qui se réduisaient d'année en année. Les cauchemars ne viennent qu'aux dormeurs, et en quelque sorte nous étions endormis. À notre réveil, la paix revenue, quand il fut tout à coup question de compter l'avenir en années et non plus en minutes, nous avons découvert la masse de travail à laquelle il nous fallait faire face pour nous réadapter à un mode de vie « normal ». Reconstruire, bien sûr, le tas de cendres et l'alignement de crevasses qui était notre décor familier. Nous déshabituer de la corruption, seul moyen d'accélérer nos démarches à une époque sans lois. Secouer cette nonchalance des sans futur et retrousser nos manches parce que le futur ne voulait plus attendre. Abattre les murs fictifs qui nous cloisonnaient par confessions. Beaucoup a été fait, mais bien davantage reste à faire. Notre génération traumatisée n'a pas eu suffisamment de recul, d'énergie ou de courage pour engager des changements plus profonds. C'est à la vôtre que nous laissons ce triste héritage. Certes, vous êtes plombés par une classe de dirigeants nourris aux mamelles de la guerre et qui refusent la relève. Mais vous avez l'avantage : ils sont enfin vieux. Faites obstacle à leur culture mortifère. Elle ne doit pas se transmettre.

Tous les 13 avril, depuis 41 ans maintenant, on ressort immanquablement ces vieilles unes avec leur titre charbonneux qui dit tout sans rien dire : « 31 morts, hier, à Aïn el-Remmané ». Ce sera toujours hier. Nous avions alors votre âge, un peu plus, un peu moins, vous qui êtes nés au tournant du millénaire. Nous ne savions pas que ce faire-part annonçait aussi l'ouverture solennelle des portes de l'enfer. Quinze ans durant, vous le savez, même si ce n'est pas écrit dans vos livres d'histoire, mais nous en parlons parfois sans insister, quinze ans presque d'une traite, la vie s'est organisée, petite, étroite, prudente, calculée. Certes, nous avons eu de la chance, puisque nous sommes toujours là, et que vous êtes là aussi, preuves éclatantes de notre victoire dérisoire. Vous êtes là parce que nous sommes passés...
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On a brûlé du Bakhoûr, mangé du Kéchékk et du Fattoûch…. Tous les rituels semblent bons pour faire la fête, et c'est pourquoi en matière de commémorations ou de religions, n'importe lesquelles, il faut uniquement pratiquer leurs rituelles mais surtout pas le reste ! Tout le monde sait que certains des énergumènes indigènes Malsains ont avec l’humain, des fois, certains génomes en commun. Surtout que l’humain occupe une place de choix dans le cœur du Sain ! Tout cela génère des rhétoriques bizarroïdes, des prophéties apocalyptiques et un détournement agressif des logiques scientifiques qui constituent par ailleurs, normalement et en général, l’irrésistible défi libanais(h) pour la "pure logique" ! Sachant que celui-ci avait de tout temps eu pouvoir de vie ou de mort sur celle-ci. On rappelle toujours que cette Petite "nation" a toujours vécue dans la brutalité, et que ses gènes en avaient probablement été affectés ! Ou que ce n'est jamais impunément qu'on assume ce statut de Petite "puissance", puisque la tentation est permanente chez les bääSSyriens d’à côté d'en abuser et qu'aucun "empire", même minable et Per(s)cé, jamais n'y a résisté ! De même, accusations récurrentes mais contradictoires, on reproche simultanément au Grand-Liban sa petitesse intolérable et son irrésistible vantardise ! Sacré Liban Éternel, perpétuellement secoué par la violence consubstantielle de ses "propres" Malsains, et jalousé par ses voisins bääSSdiots envieux à paupières cousues bientôt.

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

17 h 23, le 14 avril 2016

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  • On a brûlé du Bakhoûr, mangé du Kéchékk et du Fattoûch…. Tous les rituels semblent bons pour faire la fête, et c'est pourquoi en matière de commémorations ou de religions, n'importe lesquelles, il faut uniquement pratiquer leurs rituelles mais surtout pas le reste ! Tout le monde sait que certains des énergumènes indigènes Malsains ont avec l’humain, des fois, certains génomes en commun. Surtout que l’humain occupe une place de choix dans le cœur du Sain ! Tout cela génère des rhétoriques bizarroïdes, des prophéties apocalyptiques et un détournement agressif des logiques scientifiques qui constituent par ailleurs, normalement et en général, l’irrésistible défi libanais(h) pour la "pure logique" ! Sachant que celui-ci avait de tout temps eu pouvoir de vie ou de mort sur celle-ci. On rappelle toujours que cette Petite "nation" a toujours vécue dans la brutalité, et que ses gènes en avaient probablement été affectés ! Ou que ce n'est jamais impunément qu'on assume ce statut de Petite "puissance", puisque la tentation est permanente chez les bääSSyriens d’à côté d'en abuser et qu'aucun "empire", même minable et Per(s)cé, jamais n'y a résisté ! De même, accusations récurrentes mais contradictoires, on reproche simultanément au Grand-Liban sa petitesse intolérable et son irrésistible vantardise ! Sacré Liban Éternel, perpétuellement secoué par la violence consubstantielle de ses "propres" Malsains, et jalousé par ses voisins bääSSdiots envieux à paupières cousues bientôt.

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    17 h 23, le 14 avril 2016

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