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Économie

La Banque mondiale baisse encore ses prévisions de croissance

Conjoncture
OLJ
14/04/2016

Dans son dernier rapport sur l'économie de la zone Mena, publié hier, la Banque mondiale (BM) a revu à la baisse son estimation de la croissance du PIB libanais en 2015 à 1,5 % en 2015, contre 2 % lors de sa dernière estimation en janvier. « Les chiffres définitifs de la BM sur la croissance libanaise en 2015 seront publiés d'ici à mai », indique à L'Orient-Le Jour Wissam Haraké, économiste spécialiste du Liban à la BM.
L'institution explique cette révision par la forte dégradation de l'activité économique constatée au troisième trimestre. La BM souligne l'impact négatif des mauvaises performances du secteur immobilier et de la construction – marqué par une baisse de 10 % des permis de construire et de 14 % des livraisons de ciment.
Au niveau des finances publiques, le rapport relève l'impact positif de la baisse des transferts de l'État à Électricité du Liban (EDL) suite à l'effondrement des cours du brut qui a contribué à limiter la hausse du déficit public (+0,7 point à 1,8 % du PIB). Cette baisse a également permis de continuer à dégager un excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) – de 1,71 milliard de dollars en 2015 (-9,7 %) – malgré l'absence de mesures budgétaires ponctuelles comme l'encaissement d'arriérés de paiement du ministère des Télécoms en 2014, note le rapport.
La BM relève également que la contraction des importations (-11,8 % à 18,1 milliards de dollars en 2015) a permis de réduire le déficit commercial et par ricochet faire reculer la proportion du déficit des comptes courants par rapport au PIB de 3,5 points. L'effet de la baisse des importations a toutefois été atténué par celle des entrées de capitaux, qui ont notamment contribué à la baisse de 5,4 % des réserves en devises de la BDL en 2015, à 30,6 milliards de dollars.

Pas d'évolution
Parmi les bons points en 2015, la BM relève la hausse de l'activité touristique (+12,1 % à 1,52 million de visiteurs) ainsi que la bonne santé des crédits au secteur privé qui ont incité la BDL à décider d'injecter un milliard de dollars supplémentaires dans l'économie en 2016.
La BM affirme par ailleurs ne pas parier sur une évolution notable de l'économie libanaise sans une amélioration de la situation politique au niveau local et régional, et table dans ce contexte sur une croissance annuelle autour de 2,5 % jusqu'en 2018.
Les analystes de la BM estiment en outre que le prolongement de la baisse des prix du pétrole peut pénaliser les transferts et les entrées de capitaux en provenance des pays du Golfe à destination du Liban. Ils craignent également les effets déflationnistes de cette baisse sur le ratio de la dette sur le PIB, qui a augmenté de 3,1 points en 2015 pour s'établir à 148,7 %.
L'institution conclut en soulignant l'impact de plus en plus douloureux de la paralysie politique – qui bloque aussi bien le Parlement que le gouvernement et prolonge la vacance présidentielle depuis le 25 mai 2014 – sur la population avec notamment la dégradation des services publics, avec la crise des déchets qui dure depuis juillet en toile de fond.

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