La BCE a un mandat qui est d'obtenir une inflation de 2 % à moyen terme dans la zone euro. À ce compte-là, le meilleur président de la BCE a été Wim Duisenberg avec un score parfait de 2,03 % entre 1999 à 2003, période marquée pourtant par de larges fluctuations de l'euro et du prix du pétrole. Jean-Claude Trichet n'est pas loin avec un score de 2,08 % sur la période 2003-2011, mais avec un écart-type deux fois plus élevé que son prédécesseur du fait des chocs et contre-chocs de prix causés par la crise financière. En regard, le score de Draghi est lamentable, à peine 1 % sur sa première moitié de mandat et au voisinage de zéro depuis un an.
Depuis que Mario Draghi dirige la BCE en novembre 2011, l'inflation n'a pas cessé de s'écarter de la cible. Le pétrole y est pour beaucoup. Bizarrement, les critiques ne portent pas sur son échec à délivrer 2 % d'inflation. Elles concernent les mesures monétaires exceptionnelles prises pour y parvenir, et dont les effets, selon certains, se verraient surtout sur la vie politique allemande. Il fut un temps où les critiques contre la BCE venaient de politiciens français, toujours prompts à désigner un bouc émissaire pour masquer leurs échecs : c'était ridicule et sans conséquence. Mais qu'une fracture s'ouvre entre la BCE et l'Allemagne (certains de ses responsables politiques et son opinion publique) n'est pas anecdotique.
Cet article est réalisé par Fidus


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