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Moyen Orient et Monde - Diplomatie

USA-Arabie saoudite : vers une reconsolidation des liens bilatéraux

À deux semaines de la visite d'Obama à Riyad, médias et think tanks planchent sur les relations unissant les deux puissances.

Le président américain Barack Obama lors de sa visite au roi Salmane d’Arabie le 27 janvier 2015. Photo AFP

À quelques jours de la visite du président américain Barack Obama en Arabie saoudite, de nombreux observateurs se sont penchés sur les relations entre les États-Unis et le royaume. Ainsi, Stephen Kinzer – écrivain et reporter chevronné ayant couvert moult événements – indique tout de go que « les bases des relations de l'Occident avec les Saoudiens ont changé d'une manière fondamentale ». Comme les Saoudiens n'ont pas changé avec le temps et qu'ils sont inaptes aux réformes, ils ont embarrassé leurs partenaires occidentaux, estiment certains détracteurs du royaume. Selon plusieurs études, les Américains considèrent que les Saoudiens ignorent les intérêts des Occidentaux ainsi que ceux de pays voisins, comme le Yémen, l'Irak, la Syrie et les pays du Golfe. Le royaume persiste en outre dans sa politique hostile aux efforts internationaux visant à apaiser, sinon mettre fin, aux tensions avec l'Iran. Même en 2008, durant la crise financière mondiale, le président George W. Bush avait demandé personnellement au roi défunt Abdallah de baisser les prix du pétrole, mais sa demande avait été refusée. D'après un article du Guardian, ce refus serait à l'origine de la chute dramatique de l'actuel prix du pétrole. C'est dans ce contexte que le président Obama va se rendre à Riyad, pour essayer de maintenir le statu quo entre les deux pays, comme il l'a déjà fait précédemment à deux reprises.

Avant Stephen Kinzer, plusieurs journalistes et/ou experts ont longuement commenté les changements politiques en Arabie saoudite depuis l'arrivée au pouvoir de l'actuel roi Salmane. La Hoover Institution a par exemple publié, en février dernier, un article signé Toby Matthiesen, estimant que depuis l'avènement du roi Salmane et la nomination de son fils Mohammad, 30 ans, à la tête du ministère de la Défense et à d'autres postes importants, « l'Arabie saoudite est devenue de plus en plus imprévisible ». Personne n'a pensé que le royaume allait s'éloigner de la stratégie adoptée depuis des décennies, nommée la « petrodollars diplomacy », et commencer une guerre désastreuse au Yémen, selon l'auteur de l'article.


(Lire aussi : Dans la tête de Barack Obama)



De même, le Wall Street Journal a estimé que les Saoudiens « sont nerveux » parce que le président Obama affiche à leur égard, et surtout à l'égard de la famille royale, une « attitude ambivalente, pareille à celle du président Jimmy Carter envers le chah d'Iran ». Mais malgré la longue liste de griefs, qui s'allonge encore, d'un côté comme de l'autre, les deux pays ont besoin l'un de l'autre. L'Amérique possède une forte présence militaire dans le Golfe et elle est irremplaçable comme garante de la sécurité saoudienne. Et au milieu de la tourmente régnant dans la région et la menace du terrorisme jihadiste, l'Amérique continue de compter sur les Saoudiens pour être la principale police de la région. Mais pour le Los Angeles Times, « la famille royale saoudienne a peur et cela pose problème pour les relations américano-saoudiennes », d'autant que « la fissure dans la relation entre les deux pays ne va pas disparaître parce que les fondations des relations et les intérêts communs ne sont plus aussi forts qu'auparavant ».

Le think tank Foreign Relation remonte plus loin dans le temps. Il a ainsi publié un article précisant que, bien avant le 11 septembre 2001 (perpetré entre autres par 16 Saoudiens), les relations n'ont jamais été en complète harmonie, malgré le désir des deux pays de contenir l'Iran et de promouvoir la stabilité régionale. Mais ces dernières années, les deux puissances ont été en désaccord sur des dossiers brûlants : les Saoudiens ont par exemple reproché aux Américains de n'avoir pas aidé l'ex-président égyptien Hosni Moubarak lorsque le soulèvement populaire en 2011 l'a éloigné du pouvoir. Le royaume a également voulu que les États-Unis jouent un rôle majeur dans une défaite éventuelle du président syrien Bachar el-Assad. En dépit de ces multiples divergences politiques, il semble que la convergence des intérêts communs, économiques, sécuritaires et géopolitiques, va probablement mener à une reconsolidation des liens, et ce dans un futur proche.

 

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