L'année 2015 fut pour nous la fin d'un monde. On avait démembré la Syrie et on avait pris Palmyre. Sur les rives de l'Euphrate, la Grande Faucheuse bivouaquait. Certes, la guerre nous était coutumière au Liban où nous avions grandi et la paix n'était jamais acquise là-bas, comme le soleil à Paris, toujours monnayable par un orage ou une averse. Au Liban, le soleil était à satiété mais la vie était en sursis. Et si la menace en ce temps-là venait souvent de Syrie, la punir de la sorte nous rendait pantois comme un enfant dont on aurait supprimé le père fouettard. Vu de France, le Moyen-Orient n'était plus qu'une souricière, des sables mouvants où s'enfonçaient l'une après l'autre ses plus grandes nations. À cette distance, la vie semblait de peu de prix et l'horreur, quoique toujours surpassée, moins menaçante. L'Europe ignorait que comme la démocratie, la violence était exportable. Alourdie par une histoire ancienne, minée par ses problèmes, l'Europe était comme anesthésiée. Elle se réveillera au son des explosions des attaques terroristes qui, cette fois-ci, la prendront pour cible. À Paris, d'abord, en janvier et en novembre puis en mars 2016 à Bruxelles.
Au même moment, souillée et meurtrie, ses mausolées détruits, ses tours funéraires et son arc de triomphe réduits en miettes, Palmyre, la perle du désert, nous est rendue.
Nada BEJJANI RAAD


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef