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Liban - La Situation

La pièce manquante du puzzle

Il y a quelque chose de paradoxal dans le farouche attachement des différents courants au fonctionnement des institutions, parallèlement à la lutte féroce pour la première magistrature de l'État, clé de voûte du pouvoir exécutif, qu'on accepte de laisser vacante. C'est à se demander si les forces politiques ne souhaitent pas, en fait, démanteler ces institutions, comme certains le leur reprochent. Ou encore qu'ils y tiennent tellement qu'ils sont prêts à les détruire, plutôt qu'à les voir tomber entre les mains d'un autre.Toujours est-il qu'entre-temps le pays est progressivement poussé vers une situation post-institutionnelle dont certains redoutent qu'elle ne soit, en réalité, pré-insurrectionnelle, et qu'elle annonce une redistribution du pouvoir de décision entre les grandes communautés libanaises. Le délitement progressif des institutions préluderait à leur remplacement. Il va sans dire que ceux qui le pensent n'ont pas idée de la complexité du processus qui les attend.

Ce qui complique davantage la situation, c'est que la présidence de la République est aussi l'otage d'un jeu politique qui dépasse les frontières du Liban, d'un jeu politique régional irano-saoudien, de sorte qu'il faudra attendre des convergences d'intérêts entre l'Iran et l'Arabie saoudite, pour voir enfin élu un président. Certains considèrent aujourd'hui que ces convergences ne doivent plus tarder et parlent d'une bonne surprise en mai, sans en préciser le contexte.
Or ce que l'on sait de ce contexte dément pareil optimisme. Ainsi, quand l'on affirme devant lui que l'Arabie saoudite appuie la candidature de Sleiman Frangié, l'ambassadeur de ce pays s'empresse de rétorquer que son pays « appuiera l'accord auquel parviendront les Libanais ». Ce qui est quand même un peu vague. De même, quand le 14 Mars avance à Beyrouth que la clé de la présidentielle est entre les mains des Iraniens, une mise au point précise, immanquablement, que l'Iran ne se mêle pas des questions libanaises internes, et que, sur ce sujet, l'interlocuteur accrédité est Hassan Nasrallah.
Voilà un raisonnement que le camp du 14 Mars conteste, estimant que l'Iran, via le Hezbollah, se sert cyniquement de la « carte libanaise » au service de ses intérêts régionaux, notamment en Syrie.
Notre chroniqueur Philippe Abi-Akl cite un diplomate occidental familier du dossier iranien, selon lequel Téhéran, sollicité pour assouplir ses positions, se dérobe toujours et fait le mort, afin de mieux dicter ses conditions.
En face, des observateurs ont entendu le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, affirmer lors d'une récente conférence internationale : « Nous ne solliciterons pas l'aide de l'Iran pour l'élection d'un président de la République, parce que nous ne sommes pas prêts à payer le prix exorbitant qui, nous le savons bien, sera exigé. »
Ce que la Russie est disposée à faire, par contre, et elle l'a assuré cette fois à Saad Hariri, qui se trouvait à Moscou il y a quelques jours, c'est d'agir à travers le groupe international de pression sur l'Iran dont elle fait partie.
Côté occidental, c'est la France qui a été chargée de cette mission, assurent les proches de John Kerry, encore qu'un voyage en Iran de la chargée des relations internationales de l'Union européenne, Federica Mogherini, est prévu ce mois-ci, dont on en escompte, à tort peut-être, quelque déblocage.
Tout se passe, en quelque sorte, comme si la classe politique tout entière était engagée dans un tour de chaise musicale, dans l'espoir que, lorsque la musique s'arrêtera, c'est quelqu'un d'autre qui se retrouvera sans siège.
« Je cherche mon pays perdu sur mon sol natal », écrivait il y a quelque temps une lectrice dans la page « Opinions ». Selon le philosophe américain Eric Voegelin, toute société a besoin de s'organiser en fonction d'une vérité qui la dépasse. Dans un pays qui ressemble de plus en plus à un puzzle à assembler, serait-ce là la pièce manquante ? Ou bien l'image à copier est-elle en passe de changer, de sorte que nous ne retrouverons plus jamais la pièce qui, croyions-nous, manquait ?

Il y a quelque chose de paradoxal dans le farouche attachement des différents courants au fonctionnement des institutions, parallèlement à la lutte féroce pour la première magistrature de l'État, clé de voûte du pouvoir exécutif, qu'on accepte de laisser vacante. C'est à se demander si les forces politiques ne souhaitent pas, en fait, démanteler ces institutions, comme certains le leur reprochent. Ou encore qu'ils y tiennent tellement qu'ils sont prêts à les détruire, plutôt qu'à les voir tomber entre les mains d'un autre.Toujours est-il qu'entre-temps le pays est progressivement poussé vers une situation post-institutionnelle dont certains redoutent qu'elle ne soit, en réalité, pré-insurrectionnelle, et qu'elle annonce une redistribution du pouvoir de décision entre les grandes communautés libanaises. Le...
commentaires (4)

Ce sont Monsier Alzheimer et Monsieur Parkinson, deux amis de Michel Aoun (83 ansà qui bloquent l'élection présidentielle. Ne cherchez pas les causes à Moscou, à Téhéran, à Riyad, ou à Tombouctou.

Annie

17 h 52, le 06 avril 2016

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Commentaires (4)

  • Ce sont Monsier Alzheimer et Monsieur Parkinson, deux amis de Michel Aoun (83 ansà qui bloquent l'élection présidentielle. Ne cherchez pas les causes à Moscou, à Téhéran, à Riyad, ou à Tombouctou.

    Annie

    17 h 52, le 06 avril 2016

  • Que les forces chretiennes s'unissent,en un seul front sinon au revoir NOTRE CHERE PATRIE...C'EST UN PECHE MORTEL....Mrs ???????????

    Soeur Yvette

    10 h 49, le 06 avril 2016

  • LE CHOIX QUE CERTAINS AVANCENT AUX LIBANAIS... EN LISANT BIEN LA DONNE LOCALE EST LE SUIVANT : NOUVEAU TAEF AVEC NOUVELLES DISTRIBUTIONS ET AVEC CLAUSE D,ETERNISER LA MILICE PAR LE TRYPTIQUE DE NON SENS POUR GARDER EN OTAGE LE PAYS... D,OU LA NECESSITE DES FORCES CHRETIENNES DE S,UNIR EN UN SEUL FRONT : TRAVAIL D,HERCULE QUE DEVRAIT ENTREPRENDRE LE PATRIARCHE RAI !!!

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    09 h 28, le 06 avril 2016

  • Ou plutôt : Le Grand-Liban de 1920, une "erreur de l'Histoire !".

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    04 h 15, le 06 avril 2016

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