Le ministre de la Santé, Waël Bou Faour, a ordonné, hier, la fermeture de la clinique du gynécologue Riad Alam, qui est impliqué dans plus de 200 avortements pratiqués sur de jeunes prostituées victimes d'un trafic à Jounieh, et dont le réseau avait été démantelé fin mars.
Le Dr Alam avait avoué, lors d'un interrogatoire la semaine dernière, qu'il avait fait avorter les jeunes femmes. Le médecin avait été libéré sous caution d'élection de domicile.
Hier, le ministre de la Santé a décidé de mettre sous scellés la clinique du gynécologue qui se trouve à Dékouané et de retirer sa licence. La licence de l'infirmière qui l'assistait, Gisèle Arakilo, a également été retirée. Un deuxième spécialiste, un anesthésiste, est également impliqué dans les avortements. Son nom n'a pas été divulgué mais le ministère lui a également retiré la licence d'exercer son métier.
Dans une déclaration à la presse, le ministre de la Santé a indiqué que « l'État doit à tout prix retrouver son prestige et son rôle en prenant les décisions adéquates ».
Répondant indirectement au ministre de la Santé, le président de l'ordre des médecins, Antoine Boustany, a déclaré à la presse qu'il « ne compte pas entrer dans une discussion publique avec le ministre de la Santé », notant que « c'est au Conseil de l'ordre que revient la décision de retirer la licence au médecin après avoir effectué une enquête ». Il a également affirmé que « l'ordre des médecins a tenté d'entrer en contact avec le Dr Alam, mais son portable était hors réseau ». Selon des sources informées, le médecin qui a pratiqué les avortements devrait comparaître jeudi devant le Conseil de l'ordre.
Dans un entretien téléphonique avec L'Orient-Le Jour, le colonel Joseph Moussallem, chef du département des relations publiques des FSI, a souligné pour sa part que « 200 avortements ont été pratiqués en l'espace de quatre ans sur les jeunes femmes victimes du réseau criminel ». Il a rappelé que « 75 filles, âgées entre 18 et 30 ans, victimes de trafic d'êtres humains et de sévices physiques et sexuels ont été libérées et remises à des ONG, qui les aident actuellement à surmonter le cauchemar qu'elles ont vécu ».
De jeunes femmes, qui travaillaient 20 heures sur 24, étaient frappées et fouettées régulièrement, ne recevaient pas de paie et n'avaient pas le droit de communiquer avec le monde extérieur.
De Jounieh à Laylaké
« Ce n'est pas la première fois que nous démantelons des réseaux de ce genre. Depuis 2012, année au cours de laquelle la loi sur le trafic d'êtres humains a été adoptée, nous avons libéré 116 personnes, notamment des femmes qu'on obligeait à se prostituer, et nous avons arrêté 58 personnes impliquées dans ces réseaux. »
Invité à commenter le déroulement de la libération des 75 femmes, « toutes d'origine syrienne, qui sont au Liban depuis plusieurs années ou depuis quelques semaines », il a noté que « cela s'est passé durant le week-end de Pâques, il y a environ deux semaines, quand la vigilance des cinq gardiennes syriennes était réduite. Huit filles ont tenté de s'évader. Trois ont eu peur et sont restées à l'hôtel Chez Maurice, à Jounieh, après une rixe avec les gardiennes, l'une s'est évadée seule et quatre autres ont réussi à arriver jusqu'à Laylaké, l'une d'elles voulant se réfugier auprès de sa famille qui habite Choueifate. Une patrouille de police a été dépêchée sur place et les a amenées au service d'investigation des FSI pour le Mont-Liban, à Furn el-Chebback, où elles ont été interrogées ». « L'officier en charge avait déjà bénéficié d'une formation relative à l'application de la loi sur le trafic d'êtres humains et c'est grâce à cela qu'il a su qu'il n'était pas devant une simple affaire de prostitution », poursuit le colonel Moussallem.
Des patrouilles et des perquisitions ont été effectuées dans les deux bâtiments de l'hôtel Chez Maurice, où les filles étaient obligées de vivre et de se prostituer. Les gardiens, au nombre de huit, trois Libanais et cinq Syriens, et les cinq gardiennes – qui ont été ultérieurement arrêtés – ont tenté en vain de cacher leurs victimes. Trois autres personnes, deux hommes et une femme de nationalité syrienne, chargées de ramener les filles de Syrie en leur promettant un travail décent dans des restaurants du Liban, ont également été arrêtées. Deux hommes sont toujours en fuite. L'un d'eux est Imad Rihaoui, lui aussi d'origine syrienne, qui est à la tête de ce réseau de trafic d'êtres humains. Marié et vivant dans la Békaa, il prétendait gagner sa vie grâce à la location de chalets en bord de mer à Jounieh.


Plus réac que "progressiste", le ministré-boy socialo-druzizte !
09 h 47, le 06 avril 2016