Le Premier ministre recevant M. Chehayeb au Grand Sérail. Photo Ani
L'affaire du rejet des ordures provenant de l'extérieur du caza de Saïda et se dirigeant vers l'usine de traitement de la ville est en train de s'envenimer. Cinq jeunes gens, qui avaient tenté d'entraver la route de certains de ces camions, ont été relâchés hier par les forces de l'ordre, après avoir été détenus brièvement pour enquête. Ils appartiennent à l'Organisation populaire nassérienne d'Oussama Saad.
Le président du conseil municipal de Saïda, Mohammad Saoudi, a créé la surprise hier en annonçant « avoir demandé que soit interrompu le flot d'ordures provenant de l'extérieur de Saïda-Zahrani ». Il a précisé que l'autorisation donnée aux camions provenant de municipalités telles que Zouk Mikaël, Hazmieh ou Baabda avait « pour objectif d'aider à la pérennité de l'activité de l'usine, qui passait par une crise financière, étant donné que ses dus ne lui sont pas payés ».
Pour sa part, l'ancien président du conseil municipal, Abdel Rahman Bizri, a appelé « à ouvrir le dossier de l'environnement à Saïda ». Il s'est dit « désolé des débordements lors de la contestation contre l'introduction de déchets dans la ville », estimant pourtant que « les protestations sont un droit des citoyens et doivent être protégés par les forces de l'ordre ».
« Pas de plan durable pour les déchets dans les rues »
À Beyrouth, le collectif « Nous réclamons des comptes » a effectué hier un sit-in devant le siège du Conseil du développement et de la reconstruction (CDR) pour protester contre la manière dont sont collectées les ordures empilées sur les routes, « qui est réalisée sans aucun plan durable ».
« Si un plan durable et écologique digne de ce nom pour régler le problème des déchets empilés avait été élaboré, il aurait également servi pour les déchets produits au fur et à mesure », poursuit le communiqué du collectif qui se demande « ce qui empêche de généraliser à tout le pays les expériences écologiques réussies lancées dans des cadres très localisés ».
Par ailleurs, évoquant la violence perpétrée contre ses manifestants la veille devant le siège de la compagnie Sukleen à la Quarantaine, le collectif a critiqué « les comportements des compagnies Sukomi et Sukleen », appelant le parquet « à arrêter les ouvriers et les incitateurs qui ont agressé les manifestants pacifiques et les forces de l'ordre ». « Le 11 avril sera un test pour la justice libanaise », a poursuivi le collectif, dans une référence à la séance du parquet financier, au cours de laquelle les compagnies devraient être entendues sur les entorses au contrat signé avec l'État depuis de nombreuses années.
La compagnie Sukleen n'a pas tardé à répondre au collectif, affirmant « continuer à accomplir sa tâche en conformité avec une décision prise par le gouvernement dans le cadre de l'application de son plan ». « Sukleen exécute une décision officielle prise en Conseil des ministres, sachant qu'elle n'a jamais joué aucun rôle dans cette prise de décision, poursuit le communiqué. Des dizaines (de militants) sont entrés par la force au siège de la compagnie, agressant ses gardes et ses employés. Ce geste a fait suite à une agression contre l'un des véhicules de la compagnie. » « Sukleen est-elle devenue un bouc émissaire pour tous ceux qui se sentent lésés ou mécontents du plan gouvernemental ? » lit-on dans le communiqué.
Enfin, le Premier ministre Tammam Salam a reçu hier le ministre de l'Agriculture, Akram Chehayeb, en vue de discuter de la bonne marche du plan gouvernemental pour la gestion des déchets.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine