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Moyen Orient et Monde - Terrorisme

L’EI sème la mort à Bruxelles

La police belge a lancé hier une chasse à l'homme pour retrouver l'un des auteurs présumés des attaques perpétrées à l'aéroport de Zaventem et dans une rame de métro.

À l’aéroport international de Bruxelles, une façade de vitres a été pulvérisée par des explosions d’origine terroriste. Dirk Waem/AFP/Belga

L'organisation État islamique (EI) a revendiqué les attentats qui ont ensanglanté hier matin Bruxelles, où des explosions coordonnées à l'aéroport international puis dans une rame de métro ont fait une trentaine de morts et plus de 200 blessés. « Une cellule secrète des soldats du califat (...) s'est élancée en direction de la Belgique croisée », a revendiqué dans un communiqué l'EI, qui accuse ce pays de n'avoir « cessé de combattre l'islam et les musulmans ».


Hier matin, des tirs ont d'abord été entendus dans le hall des départs de l'aéroport international à Zaventem, près des comptoirs d'enregistrement, avant qu'une personne ne lance des cris en arabe et que deux explosions retentissent, ont indiqué plusieurs témoins à l'AFP et à l'agence de presse Belga. « Un monsieur a crié en arabe. Il a crié quelques mots et j'ai entendu une grosse déflagration », a témoigné Alphonse Lyoura, un employé de la sécurité des bagages. Les deux premières explosions sont survenues vers 08h00 (07h00 GMT), faisant 14 morts et 96 blessés à l'aéroport, selon les pompiers. Selon le gouverneur de la province du Brabant flamand, Lodewijk de Witte, « trois bombes avaient été introduites » dans l'aéroport, mais l'une d'elles « n'a pas explosé ». « Ils sont venus en taxi avec des valises, leurs bombes étaient dans les valises. Ils ont mis leurs valises dans des chariots. Les deux premières bombes ont explosé », a affirmé le bourgmestre (maire) de Zaventem, Francis Vermeiren.


Moins d'une heure après l'aéroport, le métro était ciblé, une explosion soufflant une rame arrêtée à 300 mètres de la Commission européenne, provoquant « probablement une vingtaine de décès » et 106 blessés, selon le maire de Bruxelles Yvan Mayeur. Les pompiers évoquaient, eux, une « quinzaine de morts » et 72 blessés à Maelbeek. Une photo diffusée par la chaîne publique RTBF montrait une rame de métro éventrée, sièges déchiquetés et parois calcinées, à la station frappée en pleine heure de pointe. « J'ai entendu des gens crier "Sortez, sortez", des gens couraient, a raconté un rescapé, un homme d'affaires qui a voulu garder l'anonymat. Et dehors, j'ai vu des gens assis, dont certains avaient du sang sur le visage... De la fumée sortait du métro. » La déflagration a été telle qu'elle a provoqué l'écroulement de trois murs d'un parking souterrain attenant à la station de métro, a décrit le porte-parole des pompiers bruxellois.

 

(Lire aussi Ils sont Libanais, ils sont à Bruxelles, ils racontent l'horreur)

 

Perquisitions en cours
La police belge a lancé hier une chasse à l'homme pour retrouver l'un des auteurs présumés des attaques. Les autorités ont diffusé une image des trois suspects présumés des attentats qui ont frappé l'aéroport international de Bruxelles-Zaventem, captée par une caméra de vidéosurveillance, montrant trois hommes poussant des chariots à bagages. Le procureur fédéral belge Frédéric van Leeuw a déclaré que deux d'entre eux avaient « probablement commis un attentat-suicide », et étaient donc probablement morts. Le troisième – portant veste et chemise claires, des lunettes sous un chapeau noir et pour lequel un avis de recherche a été lancé, est « activement recherché », a ajouté le procureur.


Des « perquisitions sont en cours en plusieurs endroits du pays », a encore indiqué M. van Leeuw. Le parquet fédéral a précisé qu'un engin explosif et un drapeau de l'EI avaient notamment été découverts lors d'une perquisition à Schaerbeek, une commune du nord-est de la capitale belge. Ces nouveaux attentats surviennent quatre jours après la capture spectaculaire dans la commune bruxelloise de Molenbeek du Français Salah Abdeslam, seul survivant parmi les assaillants des attentats de novembre à Paris (130 morts), et désormais incarcéré à Bruges avant son transfèrement demandé par la France. Le procureur fédéral a cependant souligné qu' « il était encore trop tôt pour établir un lien avec les attentats de Paris ».

 

(Voir aussi : Attaques à Bruxelles : les photos et les vidéos)

 

« Plus jamais une journée comme les autres »
L'alerte antiterroriste a été relevée au niveau 4, son niveau maximal, et l'aéroport international de Bruxelles-Zaventem restera fermé aujourd'hui. La sécurité autour des institutions européennes à Bruxelles et Strasbourg, ainsi qu'autour des centrales nucléaires belges, a été renforcée. Les transports en commun ont été suspendus plusieurs heures à Bruxelles. La population était appelée à éviter les déplacements, même si la situation revenait progressivement à la normale en soirée. « Nous redoutions un attentat et c'est arrivé », a réagi le Premier ministre Charles Michel, évoquant « un moment noir pour ce pays ». Il est allé hier soir se recueillir place de la Bourse, au cœur de Bruxelles, au milieu de centaines de Bruxellois venus déposer fleurs et bougies. « Ce 22 mars ne sera plus jamais une journée comme les autres », a déclaré le roi des Belges, Philippe, dans une allocution à la télévision. Le gouvernement belge a décrété un deuil national de trois jours.


Ces nouveaux attentats ont aussi créé une onde de choc à travers l'Europe et entraîné des réunions d'urgence des gouvernements à Paris et Londres.
Ces attaques sont les plus sanglantes jamais commises à Bruxelles, capitale belge et capitale de l'Europe. Elles montrent, selon les experts, que les réseaux de l'EI restent capables de monter des opérations meurtrières malgré la pression policière à laquelle ils sont soumis. Souvent considérée comme un sanctuaire pour les islamistes radicaux, Bruxelles avait échappé jusqu'ici aux attaques qui ont ensanglanté Madrid en 2004, Londres en 2005 et Paris à deux reprises en 2015.

 

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Hier matin, des tirs ont d'abord été entendus dans le hall des départs de l'aéroport international à Zaventem, près des comptoirs d'enregistrement, avant qu'une personne ne lance des cris en arabe et que deux explosions retentissent, ont indiqué plusieurs témoins à l'AFP et à l'agence de presse Belga. « Un monsieur a crié en arabe. Il a crié...
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