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Économie

USA : attaque sur le libre-échange

Le grand cirque des primaires est déjà bien avancé mais il va encore occuper l'attention pendant trois mois. Pour l'instant, la campagne n'est pas une bataille d'idées, mais une compétition d'ego. Un des rares thèmes ayant émergé dernièrement est l'opposition au libre-échange. À des degrés divers, les favoris des deux camps se retrouvent sur ce sujet. Donald Trump, menant une campagne populiste, a beau jeu d'en faire un argument pour attirer des électeurs. La faiblesse du pouvoir d'achat de la classe moyenne serait due à la concurrence internationale. Tout irait mieux, prétend-il, si les États-Unis défendaient mieux leur position face à leurs partenaires commerciaux, notamment dans les négociations du TPP et du TTIP. Hillary Clinton, concurrencée sur sa gauche, a aussi pris des positions ambiguës sur le sujet. Que le libre-échange entraîne des coûts n'est pas niable. On peut lier assez clairement la baisse de l'emploi dans le secteur manufacturier et l'ouverture à la Chine depuis quinze ans. Pour autant, les avantages sont en retour tout aussi clairs, notamment car la concurrence internationale entraîne une baisse du prix des produits importés et donc une hausse du pouvoir d'achat. Ces produits ont un poids plus important dans la consommation des ménages les plus pauvres. Les gains du commerce extérieur ont une forme en U selon la richesse : positifs aux extrémités de la distribution, mixtes, voire négatifs au milieu. Au total, la vague de globalisation dans les vingt dernières années n'a pas empêché les salaires réels d'augmenter. Même pour la classe moyenne, un mouvement vers plus de protectionnisme n'aurait sans doute qu'un effet marginal. Les États-Unis sont déjà en effet une économie assez fermée. Sur 174 pays, ils sont au 4e rang des pays les moins ouverts, si on mesure le phénomène par le ratio commerce extérieur/PIB. À l'inverse, une remise en cause du libre-échange créerait nécessairement un choc pour les marchés financiers. Il est difficile d'en espérer un gain net positif pour l'économie.

Cet article est réalisé par Fidus

Le grand cirque des primaires est déjà bien avancé mais il va encore occuper l'attention pendant trois mois. Pour l'instant, la campagne n'est pas une bataille d'idées, mais une compétition d'ego. Un des rares thèmes ayant émergé dernièrement est l'opposition au libre-échange. À des degrés divers, les favoris des deux camps se retrouvent sur ce sujet. Donald Trump, menant une campagne populiste, a beau jeu d'en faire un argument pour attirer des électeurs. La faiblesse du pouvoir d'achat de la classe moyenne serait due à la concurrence internationale. Tout irait mieux, prétend-il, si les États-Unis défendaient mieux leur position face à leurs partenaires commerciaux, notamment dans les négociations du TPP et du TTIP. Hillary Clinton, concurrencée sur sa gauche, a aussi pris des positions ambiguës sur le sujet. Que le...
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