La politique libanaise, en tant que telle, n'a jamais abouti, depuis 40 ans, à des solutions durables, elle a toujours été dictée par les parrains étrangers des différents partis politiques libanais, elle nous a fait rentrer dans le mur et continue de le faire; c'est une politique à court terme et l'intérêt général du peuple libanais dans son ensemble n'est pas pris en considération.
Fort de ce constat, créer un nouveau parti politique, bien que ce soit louable si les intentions sont nobles, pour se casser la figure et les dents en tentant de faire avancer les choses, est voué à l'échec. Ce qui pourrait fonctionner, ce sont les actions qui proviennent de la base vers le haut, c'est-à-dire celles du peuple et de la société civile vers le Parlement. On en est aux balbutiements, mais il faut continuer sans jamais baisser les bras; ça finira par payer et la politique dans le sens noble du terme prendra la suite. Pour que ces actions, proposées ça et là, mènent à des solutions durables, il faut aussi qu'elles se concentrent sur des sujets de fond; les demi-mesures et autres sparadraps, bien que ce soit mieux que rien, n'y mèneront jamais.
Définir et promouvoir la citoyenneté libanaise, puis réunir tous les Libanais autour de cette notion de fond en tenant compte, en affirmant et en respectant nos différentes identités et permettre à chaque Libanais individuellement et tous les Libanais ensemble de se l'approprier, sont des actions qui peuvent aboutir à une solution durable. Établir un dialogue avec des règles bien précises et certainement pas de la façon dont les dialogues, certes en cours, sont menés, dont l'objectif est la réconciliation, est également une action pour une solution durable. Définir avec toutes les composantes de la société libanaise une neutralité du Liban, qui est la seule planche de salut pour atteindre un jour la paix, est enfin l'ultime action qui mènera à l'ultime solution durable. La neutralité d'un pays, ici en l'occurrence celle du Liban, est un concept fort et courageux par rapport à tout ce qui se passe autour de nous dans la région. Ce qui s'y passe justement n'est pas de notre ressort, nous n'avons en aucune façon un semblant et même un iota de pouvoir de décision par rapport à ce qui s'y passe et tout ce qui s'y passe, nous le payons très cher à l'intérieur de nos frontières, et le fossé se creuse de plus en plus, jour après jour, entre les Libanais eux-mêmes. Un fossé encore plus approfondi par nos chers politiciens souvent superinspirés.
Il est très important de se pencher sur le concept de neutralité et de citoyenneté, mais il est autant important de le faire en tenant compte de la réalité du terrain ; l'un ne va pas sans l'autre pour apporter des solutions optimales et durables pour le Liban en tenant compte des sensibilités de chacun. Au Liban, nous avons toujours été les champions de la bipolarisation aussi bien en interne que par rapport aux problèmes régionaux, il s'agit là de trouver des solutions pour sortir de ce gouffre dans lequel on nous enfonce tous les jours un peu plus et ceci depuis 40 ans.
La neutralité civile et politique peut être une solution pour sortir des conflits régionaux et retrouver un Liban meilleur pour tous les Libanais de toutes les régions.


C'est.... tellement "beau" !
12 h 04, le 18 mars 2016