Des Libanais ont été expulsés de Bahreïn hier pour « appartenance ou soutien au Hezbollah » chiite libanais, déclaré organisation « terroriste » par de nombreux pays arabes, a annoncé hier le ministère bahreïni de l'Intérieur. Cette mesure intervient quelques heures seulement après l'annonce faite par l'Arabie saoudite, par le biais de son ministère de l'Intérieur, de mesures qui seront prises contre toute personne saoudienne ou étrangère qui « soutient ou finance » le Hezbollah. Dans un communiqué, le ministère a averti dimanche dernier les Saoudiens et les résidents qu'ils risquaient de s'exposer, en cas de liens avérés avec le Hezbollah, à de « lourdes sanctions, y compris celles prévues par les lois antiterroristes ».
Le ministère bahreïni de l'Intérieur n'a pas, de son côté, précisé hier, sur son compte Twitter, le nombre de personnes concernées par cette mesure, et qui résident de manière permanente dans le pays, ni la date des expulsions. Mais la presse libanaise a indiqué ces derniers jours que sept à dix familles libanaises avaient été notifiées de la décision d'expulsion par les autorités bahreïnies.
Une source bahreïnie résidant au Liban a affirmé dans ce contexte à l'agence al-Markaziya que « ces mesures qui commencent à entrer en application dans plusieurs pays du Golfe viennent compléter la décision de la Ligue arabe de classer comme terroriste le Hezbollah ». La source ajoute que dans le contexte de la guerre au Yémen, des mesures ont été prises à l'égard des médias « qui représentent le parti ou l'Iran de manière explicite ou implicite et qui sont basés au Liban ». Elle ajoute que « l'expulsion des familles libanaises est une réponse normale à l'ingérence du Hezbollah dans les affaires internes du Bahreïn ».
Manama avait annoncé début janvier avoir « démantelé » une cellule « terroriste » liée au Hezbollah et à l'Iran et qui projetait « plusieurs attentats à l'explosif ». Ce royaume du Golfe accuse depuis longtemps l'Iran de soutenir des dissidents chiites contre sa dynastie sunnite, ce que dément Téhéran.
La mesure des autorités bahreïnies est la première du genre annoncée par un pays du Golfe depuis la décision vendredi de la Ligue arabe de classer comme « terroriste » le Hezbollah. Début mars, les six monarchies du Conseil de coopération du Golfe (CCG) – Arabie saoudite, Qatar, Bahreïn, Koweït, Émirats arabes unis, Oman –, toutes membres de la Ligue arabe, avaient pris la décision de classer le Hezbollah, qu'elles accusent de servir de tête de pont à l'Iran, comme « terroriste ». Réunis ensuite à Tunis, les ministres arabes de l'Intérieur avaient, à l'exception du Liban, apporté leur soutien au CCG, condamnant « les pratiques et les actes dangereux du Hezbollah terroriste ».
Il convient de rappeler dans ce contexte que lors de la dernière réunion de la Ligue arabe, les représentants permanents des pays du Golfe au sein de la Ligue ont tenu à distinguer entre le Premier ministre Tammam Salam et ce qu'il a annoncé comme prises de position positives à l'égard des pays du Golfe, d'une part, et le gouvernement proprement dit – représenté par le ministre des Affaires étrangères Gebran Bassil – que les pays du Golfe estiment contrôlé par le Hezbollah.
Liban
Le Bahreïn expulse des Libanais pour « appartenance ou soutien au Hezbollah »
OLJ / le 15 mars 2016 à 01h32


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine