Le leader du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, a été reçu hier après-midi par le président François Hollande, à l'Élysée, et par le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault, au Quai d'Orsay. Il a notamment mis l'accent lors de ces deux entretiens sur l'importance de l'élection d'un président de la République, non pas seulement pour sortir de l'impasse politique et institutionnelle, mais surtout pour surmonter la crise économique et financière à laquelle est confronté le pays.
Le communiqué publié par le Quai d'Orsay a réaffirmé « le soutien de la France au Liban, à ses institutions et son armée », invitant en outre « les responsables politiques à déployer des efforts en vue d'élire un président de la République afin de relancer l'action des institutions ». Le communiqué indique par ailleurs que l'entretien a porté sur « la conjoncture régionale et la crise syrienne qui menace la stabilité du Liban ». « M. Ayrault, ajoute le texte, a mis l'accent sur l'importance de l'octroi d'un surcroît d'appui au Liban, dans le sillage de la conférence internationale qui s'est tenue à Londres », au début du mois de février. Les pays donateurs, rappelle-t-on, avaient décidé d'octroyer une aide aux pays limitrophes de la Syrie ayant accueilli les réfugiés syriens.
De son côté, au terme de ses entretiens avec le président Hollande et M. Ayrault, le leader du PSP a indiqué qu'il a voulu faire parvenir aux dirigeants français « un message axé sur l'importance de l'élection d'un président de la République ». « Parallèlement à la situation politique, l'absence de président de la République a des répercussions sur la conjoncture financière et économique », a déclaré M. Joumblatt. « Le Liban fait face à un déficit budgétaire en l'absence de tourisme, a relevé le leader du PSP. Cette crise politique, économique et financière influe sur la stabilité de l'État. La solution réside dans l'élection d'un président. »
M. Joumblatt a relevé dans ce contexte que « le pays est sans budget depuis 2005 ». « Le déficit augmente, a-t-il précisé. Nous deviendrons un failed state, à l'instar de la Grèce, et nul n'est disposé à apporter une aide ou manifester un quelconque intérêt. »
Interrogé, d'autre part, sur une éventuelle initiative française pour contribuer à débloquer l'élection présidentielle, M. Joumblatt a déclaré : « La partie française ne saurait se substituer aux Libanais dans toute initiative présidentielle. »
Il convient de noter dans ce cadre que, selon des sources généralement bien informées, des démarches sont entreprises sur le double plan international et local afin d'aboutir à une élection présidentielle « à moyen terme, au cas où les pourparlers de Genève visant à résoudre la crise syrienne aboutissent à des résultats positifs ». Un tel déblocage, affirment les sources précitées, est toutefois tributaire du degré de sérieux de la coopération américano-russe au niveau de l'élaboration d'une formule de solution à la crise syrienne, laquelle représente désormais un « danger existentiel pour les pays voisins de la Syrie ainsi que pour les États européens, en raison de l'afflux de réfugiés syriens », relève la source susmentionnée.
Il reste que la même source croit savoir que l'Iran ne paraît pas intéressé à débloquer la présidentielle au Liban avant d'avoir perçu les grandes lignes de la solution en Syrie.
Liban - Liban-France
Joumblatt insiste devant Hollande et Ayrault sur l’importance de l’élection d’un président
OLJ / le 12 mars 2016 à 00h00

