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Nos lecteurs ont la parole - Manal Habka

La fuite vers l’avenir

Des milliers d'individus originaires des pays en guerre s'entassent aux portes du continent européen fuyant l'instabilité, la violence, les bombardements et la pauvreté. Ils tentent de rejoindre l'Europe à la recherche d'une vie meilleure. Les risques que prennent ces candidats à l'exil, mettant leur vie et celle de leurs enfants en péril lors de la traversée en mer, témoignent de la gravité de la situation dans leur pays d'origine et de l'ampleur de leur désespoir.
Ce flot d'immigrés plonge les pays européens dans une crise sans précédent. Les gouvernements se trouvent confrontés à leurs obligations humanitaires en venant en aide à ces populations en détresse sans toutefois porter atteinte aux intérêts économiques et sociaux de leurs compatriotes. En effet, l'aide qui leur est adressée serait financée par l'argent des contribuables, alors que ces pays accusent des difficultés économiques pénalisant notamment le marché de l'emploi, quand les taux de chômage sont déjà élevés.
Réfugiés économiques et réfugiés politiques. Les appellations diffèrent désignant, d'une part, les ressortissants des pays du Maghreb et, d'autre part, ceux provenant des pays d'Orient fuyant les bombardements, la barbarie et la famine à la recherche d'un environnement propice à la réalisation de leurs rêves et à la poursuite de leurs ambitions.
Dans un autre coin du monde, un drame d'une nature différente a lieu. Au Liban, exceptionnellement épargné du chaos et des tensions qui détruisent les pays de la région, les Libanais profitent de la stabilité relative de leur pays. Ce peuple pris en otage et manipulé par des politiciens sans scrupules affiche sa joie de vivre partout dans le monde, faisant preuve d'insouciance et de nonchalance, sa façon de fuir un quotidien lourd et chargé de problèmes.
Ces Libanais tiennent à jouir des délices de la vie en multipliant les sorties, les soirées et les voyages, alors que leur pays traverse la crise sociale et sanitaire la plus grave de son histoire faute de solutions politiques. La crise des ordures a déjà huit mois. Les rues baignent dans les déchets. Ils enlaidissent la nature. Des odeurs nauséabondes empoisonnent les déplacements.
Alors que leurs voisins syriens subissent un génocide, résultat des bombardements, de la famine et de la pauvreté, les Libanais sont victimes d'une extermination lente. Les déchets polluent les infrastructures, l'air, l'eau, la mer, les légumes, les fruits, ...
tous les aspects de la vie. Enfants, jeunes et vieux, hommes et femmes sont menacés par des maladies cancérigènes, résultat des pratiques illégales pour se débarrasser des déchets cumulés. Contrairement aux obus et aux attentats qui mettent une fin immédiate aux vies des victimes, les risques cancérigènes conduisent à des agonies lentes de longue durée.
Les réfugiés sanitaires s'ajouteraient donc aux réfugiés économiques et politiques. À l'image des Syriens, des Irakiens, des Maghrébins, à la recherche de la sécurité, les Libanais auraient-ils le droit de demander l'asile dans les pays occidentaux pour fuir les risques de maladies annoncées par différentes organisations et notamment l'Organisation mondiale de la santé ?

Des milliers d'individus originaires des pays en guerre s'entassent aux portes du continent européen fuyant l'instabilité, la violence, les bombardements et la pauvreté. Ils tentent de rejoindre l'Europe à la recherche d'une vie meilleure. Les risques que prennent ces candidats à l'exil, mettant leur vie et celle de leurs enfants en péril lors de la traversée en mer, témoignent de la gravité de la situation dans leur pays d'origine et de l'ampleur de leur désespoir.Ce flot d'immigrés plonge les pays européens dans une crise sans précédent. Les gouvernements se trouvent confrontés à leurs obligations humanitaires en venant en aide à ces populations en détresse sans toutefois porter atteinte aux intérêts économiques et sociaux de leurs compatriotes. En effet, l'aide qui leur est adressée serait financée par l'argent...
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