Les jeunes actrices de « Mustang », cheveux au vent.
Petite, Deniz Gamze Ergüven rêvait d'être architecte. Mais à son adolescence, elle se dirige vers un cursus de lettres et d'histoire, et se spécialise dans l'histoire africaine. La cinéaste, née en Turquie mais passant toute son enfance entre Paris et Ankara, s'installe d'abord en France à cause de la carrière de diplomate de son père, puis revient à la fin des années 1980 pour s'y établir. C'est en 1998 qu'elle sait qu'elle veut devenir réalisatrice. Après le premier court-métrage Bir Damla Su (Une goutte d'eau), film écrit et réalisé par elle en 2006, elle s'attaque à Mustang, un long métrage qui suit la vie de cinq sœurs adolescentes dans la Turquie contemporaine et qui défient cette société patriarcale qui veut les enfermer dans un rôle traditionnel qu'elles refusent. Pourtant, dans ce film tendre et doux, contrairement à Virgin Suicides de Sofia Coppola, pas de pathos mais un hymne à la liberté et au courage des femmes.
Après une ovation debout de plus de dix minutes à la Quinzaine des réalisateurs, Mustang a raflé quatre césars, notamment celui du premier meilleur film. Il était également nominé aux oscars pour meilleur film étranger. Il ouvre la première édition de « My Film Fest » au Metropolis Empire Sofil, ce soir à 20 heures.

