Aujourd'hui c'est ta fête. Tu le mérites parce que tu te fatigues beaucoup toute l'année, parce que ton métier n'est pas facile, parce qu'enseigner à 30 enfants dans une même classe n'est certainement pas de tout repos. Mais toi maîtresse, tu as de la chance et je t'envie. Car lorsque tu es fatiguée, il y a toujours quelqu'un pour te soutenir parmi tes collègues. Lorsque tu es découragée, il y a toujours quelqu'un pour te booster et t'aider dans ton travail. Lorsque tu es au bout du rouleau, il y a toujours un responsable pour te gratifier pour tes efforts continus. Aujourd'hui maîtresse, je voudrais te poser une petite question, toi qui connais toutes les réponses. Comment un enfant peut-il réussir dans la vie s'il n'a jamais un regard de gratitude de la part de ceux qu'il respecte ? Comment peut-il avoir envie de travailler s'il n'est jamais apprécié pour le petit effort qu'il entreprend au quotidien, aussi minime soit-il? Comment peut-il avancer s'il n'est jamais encouragé pour le travail qu'il fait ? Comment peut-il poursuivre s'il n'est jamais gratifié par un « bravo » lancé devant ses camarades qui lui donnerait des ailes pour mieux voler et mieux avancer, au lieu d'un « peut mieux faire » ? Tu aurais eu envie d'avancer, toi, si tu étais traitée de paresseuse ? Tu aurais eu envie de continuer si on te traitait de fainéante en te reprochant continuellement le travail que tu n'as pas fait, sans prendre la peine de voir ce que tu accomplis avec beaucoup de difficultés ? Tu as jamais pensé une fois, maîtresse, à ces petits mots blessants que tu nous lances devant la classe et qui font beaucoup plus de mal qu'une gifle donnée ? As-tu jamais pensé au mal que tu fais à notre petite personnalité, nous que nous sommes encore des enfants si fragiles, des ados si vulnérables et même parfois des adultes encore enfants ? Crois-tu que ça nous aiderait à mieux avancer ? As-tu pensé à l'humiliation que l'on ressent lorsque tu nous punis devant nos camarades, pour avoir fait tomber la gomme, bouger la chaise ou répondu sans lever le doigt !
Aujourd'hui, maîtresse, c'est moi qui vais te demande un petit cadeau : je voudrais dorénavant, en rentrant en classe, que tu regardes différemment ces petites têtes que tu côtoies tous les matins à qui l'on demande de trimer parfois plus de 10 heures par jour, qui doivent obéir sans broncher, travailler sans parler, bûcher sans s'arrêter. Aujourd'hui, je voudrais te demander de m'encourager par un mot lorsque tu sens que j'abandonne, que tu m'offres ton sourire pour le petit effort que j'ai fait et qui est si grand pour moi, que tu me redonnes confiance en moi lorsque tu sens que je faiblis, que tu m'aides à me relever lorsque je tombe, que tu me donnes l'envie d'avancer malgré toutes les difficultés de ce long chemin qui m'attend, que tu m'aides à me surpasser et surtout que tu me fasses sentir que je peux le faire ! Ce sera la plus belle leçon que tu ne m'aurais jamais donnée, et ce serait le plus beau cadeau que tu aurais fait à tous tes élèves !
Une maman
P.S. : Je ne signerai pas ma lettre maîtresse, car il n'y aura pas assez de place pour mettre tous les élèves qui sont comme moi, qui souffrent comme moi et qui se taisent comme moi ! C'est maman qui le fera, car elle, elle m'a comprise ! Bonne fête maîtresse ! Et à demain !

