Suite à ces résultats, les économistes estiment en majorité que la Fed pourrait augmenter à nouveau ses taux dès le mois de juin. Karen Bleier / AFP
La croissance du marché de l'emploi aux États-Unis a été plus dynamique que prévu en février et les créations de postes des deux mois précédents ont été revues à la hausse, reflétant plus que jamais une vigueur du marché du travail qui pourrait apaiser encore les craintes d'une récession et permettre à la Réserve fédérale (Fed) de relever progressivement les taux cette année.
L'économie américaine a créé le mois dernier 242 000 emplois non agricoles, montrent les statistiques publiées hier par le département du Travail. Le taux de chômage est resté quant à lui à 4,9 %, son plus bas niveau en huit ans, malgré l'arrivée de nouveaux entrants sur le marché du travail. Les économistes interrogés par Reuters s'attendaient à 190 000 créations d'emploi et à un taux de chômage stable à 4,9 %.
Les données de janvier et de décembre ont été révisées en hausse et montrent que l'économie a créé 30 000 emplois de plus qu'annoncé initialement (+172 000 au lieu de +151 000 en janvier et +271 000 au lieu de +262 000 en décembre).
Les créations d'emplois ont concerné quasiment tous les secteurs à l'exception de l'industrie manufacturière et minière. Les mines ont perdu 171 000 emplois, depuis le pic de septembre 2014, et risquent d'en perdre encore en raison du marasme pétrolier, et l'industrie 16 000, après la hausse inattendue de janvier.
Le seul point noir du rapport a été une baisse de trois cents du salaire horaire moyen, mais le recul de février est à considérer en regard de la forte progression du mois précédent.
Bonne nouvelle pour la Fed ?
« C'est la meilleure nouvelle que la Fed pouvait attendre avant sa réunion (de politique monétaire des 15 et 16 mars). Avec un bond en avant des créations d'emplois, on peut être sûr que des hausses de taux ne sont pas loin », estime Chris Rupkey, économiste en chef chez MUFG Union Bank à New York. « C'est une bonne nouvelle pour l'économie américaine, mais l'absence de croissance des salaires laisse penser que la Fed ne sera pas pressée de relever ses taux », nuance Vassili Serebriakov, responsable de la stratégie changes chez BNP Paribas à New York.
Les économistes estiment en majorité que la vigueur du marché de l'emploi et l'amélioration des perspectives de croissance, auxquelles s'ajoutent des signes de timide reprise de l'inflation, pourraient inciter la Fed à augmenter à nouveau ses taux dès le mois de juin. La banque a déjà relevé son taux d'intervention en décembre, et ce pour la première fois en près de dix ans.
Ces bonnes statistiques emploi font suite à une série d'indicateurs économiques positifs publiés cette semaine, reflétant un nouvel élan de l'économie américaine, après une timide croissance annuelle de 1,0 % au dernier trimestre 2015. La croissance du premier trimestre 2016 est prévue aux alentours de 2,5 %.
(Source : Reuters)

