En référence au dernier incident diplomatique entre le Liban et l'Arabie saoudite, le spectacle d'une bonne partie de notre classe politique se bousculant pour avoir le privilège d'être parmi les premiers à accourir chez l'ambassadeur saoudien pour implorer son pardon est aussi écœurant et dégoûtant que tragi-comique et surréel. Il existe partout des gens prêts, pour servir leurs intérêts matériels, à toutes les compromissions du monde, mais je doute fort qu'il puisse en exister autant que chez nous (il s'agit évidemment d'une partie de nos dirigeants politiques...). À force d'avoir l'échine souple, en étant toujours prêts à s'incliner en courbettes incessantes, ils ne nous ont laissé aucune dignité nationale. Cela sans compter les déclarations, à qui mieux-mieux, devant les micros installés sur une tribune, comme dans une vente aux enchères, devant la presse accourue à l'ambassade. Tout cela pour encenser le royaume, pour plaire à un pays, qui, dans toute cette agitation, n'a en somme cherché qu'à humilier le Liban, sans aucune raison valable, celui-ci n'ayant pourtant même pas osé demander quel était le sort réservé à ce fameux don de quatre milliards de dollars promis depuis des années, et au sujet desquels nous n'avons recueilli jusqu'ici que des déclarations contradictoires de la part des intéressés, et qui finalement ne se sont jamais matérialisés et ils ne le seront jamais. D'ailleurs, ce n'est pas la première fois...
Notre éminent ancien ambassadeur aux Philippines, feu Saïd Takieddine, avait trouvé le nom arabe approprié pour définir ce genre de créatures: al-zahfatoniyoun, une référence aux habitués à ramper sur le béton. De quoi nous rappeler le passage du fameux film La folie des grandeurs, dans lequel Louis de Funès, jouant Don Salustre, exigeait des pauvres contribuables qu'ils l'ovationnent en répétant à tue-tête Viva Don Salustre, viva notre bienfaiteur, alors qu'il venait, en tant que collecteur d'impôts, les dépouiller du peu de biens qu'ils possédaient. Ceci n'est pas non plus sans nous rappeler la minable famille Thénardier, dans le très célèbre roman Les Misérables de Victor Hugo, lorsqu'elle s'apprêtait à se coucher à plat ventre aussitôt qu'elle découvrit que Monsieur de Madeleine était riche. Et dire que tout cet étalage a eu lieu devant un ambassadeur. Qu'auraient fait tous ces flagorneurs s'ils avaient eu l'immense privilège (pour eux évidemment)
d'être reçus par le monarque en personne ?
Si l'Arabie saoudite n'était pas un pays très riche et généreux envers ses affidés, comme par exemple cet autre misérable pays de la péninsule Arabique, martyrisé par la guerre qui y fait rage, ou un des pays arabes pauvres de l'Afrique du Nord, se seraient-ils comportés de la sorte ?
L'histoire du Liban ne manque pourtant pas de héros, dont certains sont devenus légendaires à cause de leur sens de l'honneur et de leur bravoure, depuis l'époque phénicienne jusqu'à la fin de l'ère ottomane


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
LA TAKOL ASLI WA FASLI ABADAN... INNA ASLIL FATA MA KAD HASSAL ! DE PHÉNICIENS FIERS ET DIGNES... ON EST HÉLAS, AUX COURBEURS D'ÉCHINE, AUX BAISEURS DE MAIN ET AUX VERS DE TERRE...
13 h 14, le 04 mars 2016