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Liban - La situation

Guerre à l’extérieur, paix à l’intérieur : le credo répété de Nasrallah

Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, lors d'une allocution télévisée, retransmise en direct le 1er mars 2016. AFP / AL-MANAR TV

En occultant magistralement la question de l'élection présidentielle dans son discours hier soir, le chef du Hezbollah devait implicitement confirmer ce que nombre de Libanais savaient déjà : à savoir que la énième séance parlementaire prévue aujourd'hui pour l'élection d'un chef de l'État sera, une fois de plus, une séance pour rien.
Pour la trente-sixième séance consécutive, le folklore entourant cette échéance se poursuivra, à la différence près que Saad Hariri en sera la vedette cette fois-ci, comme l'a justement relevé hier la LBCI. Le chef du courant du Futur a pourtant voulu tenter une fois de plus l'impossible en conviant son candidat, Sleiman Frangié, à faire acte de présence pour que les députés, une majorité selon le pointage, puissent procéder à son élection. Une situation devenue surréaliste sachant que, quand bien même il aurait de fortes chances d'être élu, s'il devait décider de venir avec les parlementaires de son bloc, le chef des Marada continue de se priver d'une victoire arithmétiquement possible par fidélité politique à ses alliés et au nom « de la nécessité de coordonner avec eux ».

C'est en des termes très clairs que le leader du Nord, dont la candidature est, rappelons-le, soutenue par les haririens, a exprimé hier « son allégeance » inébranlable au camp du 8 Mars. C'est également un signe avant-coureur indiquant que les blocs relevant de cet agglomérat du 8 Mars – le Hezbollah et le bloc aouniste – brilleront demain, une fois de plus, par leur absence à l'hémicycle. M. Frangié a d'ailleurs justifié sa position par le fait que le conflit actuel est « très profond », allant même jusqu'à parler d'un nouveau Sykes-Picot dans la région. Un constat de gravité qui a d'ailleurs été répercuté par le chef du Hezbollah lui-même lorsque ce dernier a parlé d'une bataille décisive qui a actuellement lieu, appelée à définir « l'avenir de la région y compris celui du Liban ». Une fois de plus, l'élection présidentielle s'efface devant les calculs géopolitiques et stratégiques et son occultation semble justifiée à leurs yeux par la « vulnérabilité » d'un pays tel que le Liban, caractéristique qui sera largement reprise par Hassan Nasrallah dans son discours.

Balayant au départ toutes les « rumeurs et informations sensationnelles et infondées » véhiculées par les « amateurs de la discorde » à propos des tensions et crispations dont le pays a été le témoin ces derniers jours, le numéro un du parti chiite s'est paradoxalement étendu sur l'incident des protestations « spontanées » de la rue chiite, rappelant ses sympathisants à l'ordre avant de les inviter à s'en remettre aux seules directives du parti.
Le dignitaire chiite devait par ailleurs formuler plusieurs mises en garde contre un conflit sunnito-chiite latent lequel, d'après lui, est constamment attisé par l'Arabie saoudite. Celle-ci serait ainsi à l'origine de tous les maux de la région, de la Syrie jusqu'au Yémen, en passant par les voitures piégées plantées au Liban, a affirmé Hassan Nasrallah.

Deux jours avant la tenue d'un Conseil des ministres dont la crédibilité a été sérieusement entamée par la démission de l'un de ses membres puis par la crise de la suspension de l'aide saoudienne à l'armée, le chef du parti chiite a réitéré son attachement au calme et à la stabilité au Liban, ainsi qu'au dialogue et au maintien du gouvernement. Le message à retenir est à l'accalmie sur le plan interne, même si la guerre se poursuit ailleurs, en l'occurrence avec l'Arabie saoudite, dit-il en substance. Entendre qu'au Liban, il faut éviter tout dérapage et toute escalade à caractère confessionnel qui risquerait de déstabiliser un peu plus le pays.
C'est le même mot d'ordre qui ressort d'ailleurs de la rencontre lundi dernier entre Saad Hariri et le chef du Parlement, Nabih Berry, qui, assurent les sources proches de Aïn el-Tiné, a convaincu son interlocuteur de reprendre le chemin du dialogue amorcé entre sa formation et le Hezbollah, seul moyen de contrer l'effervescence sectaire de part et d'autre.

C'est en direction de l'apaisement qu'œuvrerait également l'Arabie saoudite par le biais de son ambassade à Beyrouth. Selon des informations relayées par les médias, celle-ci aurait incité les différents leaders sunnites à une réunification qui aurait pour objectif apparent d'éviter des débordements ou les clivages intracommunautaires aux conséquences tout aussi désastreuses. Cette initiative pourrait toutefois servir l'objectif de la création d'un front sunnite uni pour faire face au bloc chiite, croient savoir certains observateurs.
C'est dans ce contexte qu'il faut placer les visites effectuées par l'ancien ministre Abdel Rahim Mrad, membre du 8 Mars, à Saad Hariri, puis à l'ancien ministre Fayçal Karamé. Ce dernier a évoqué sans ambages à l'issue de la rencontre « une tentative saoudienne auprès des sunnites pour les inciter à se retrouver autour d'une plateforme commune afin d'éviter l'enlisement dans des conflits communautaires qui pourraient conduire à la violence ».

Entre-temps, le gouvernement se prépare à affronter, une fois de plus, jeudi, un dossier encore plus pressant pour les Libanais, celui des déchets. Les chiffres évoqués hier en commission des Finances sur des centaines de millions de dollars partis en fumée ne feront que rajouter de l'huile sur le feu.

 

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En occultant magistralement la question de l'élection présidentielle dans son discours hier soir, le chef du Hezbollah devait implicitement confirmer ce que nombre de Libanais savaient déjà : à savoir que la énième séance parlementaire prévue aujourd'hui pour l'élection d'un chef de l'État sera, une fois de plus, une séance pour rien.Pour la trente-sixième séance consécutive, le...

commentaires (15)

Les Syriens ont le choix entre le régime criminel de baschar et les terroristes de daech .... J espère que le choix des libanais ne se réduira pas à le hezbollistan ou le zbellestan...

CBG

13 h 51, le 04 mars 2016

Tous les commentaires

Commentaires (15)

  • Les Syriens ont le choix entre le régime criminel de baschar et les terroristes de daech .... J espère que le choix des libanais ne se réduira pas à le hezbollistan ou le zbellestan...

    CBG

    13 h 51, le 04 mars 2016

  • Trés bien, qu'il envoie se faire hacher sa chair à canons, inculte et decerebrée ailleurs.

    Je partage mon avis

    19 h 40, le 03 mars 2016

  • revenez au liban tres illustre combattants (et je le dis pas avec ironie) votre guerre sera la notre, nous marcherons jusqu'au sud si vous le voulez pour vous montrez qu'on peut se faire confiance dans la destine de NOTRE PAYS !! et pas ceux de la region on doit commencer par le liban avant de vouloir regarder ailleurs ..

    Bery tus

    20 h 56, le 02 mars 2016

  • LAFONTAINE ! UN AUTRE NOSTRADAMUS ! INSPIRÉ DE SES FABLES : L'ÂNIER ET SON ÂNE UN ÂNIER SUR SON ÂNE, ARMÉ JUSQUES AUX DENTS, A VU DES CHAMPS D'AVOINE ET D'HERBE, ET FLEURISSANTS, IL LÂCHE SON BAUDET AFFAMÉ QUI SE RUE, POUR BROUTER DE CES LIEUX LA VERDURE MENUE ; L'ÂNE SUR LE TERRAIN SE FAIT LA PLACE NETTE, ET SE CROYANT SI FORT SONNE DE LA TROMPETTE. L'ÂNIER, SON ARSENAL TOUJOURS SUR LE BAUDET, PAR DE FINS CHAMELIERS SE VOIT SOUDAIN TRAQUÉ. IL VOIT DE L'ENNEMI LES PREMIÈRES LÉGIONS. FUYONS ! DIT-IL À L'ÂNE, ET NOTRE PEAU SAUVONS. QUOI ! DIT LE GRISON : FORT DE L'ARSENAL, JE CHARGE ! L'ÂNIER AVAIT DÉJÀ SANS LUI PRIS LE GRAND LARGE. SUR L'ÂNE L'ENNEMI TOMBE ; IL FUT PRIS, HUÉ, ET SANS D'AUTRE PROCÈS, TORTURÉ PUIS TUÉ ! - TU DOIS AVEC TON ZÈLE ILLUSTRE, CHER LECTEUR, DÉCHIFFRER SAGEMENT LA SAGACE TENEUR.

    OLJ, FOSSOYEUR DE LA LIBRE EXPRESSION !

    20 h 32, le 02 mars 2016

  • encore !! mais pq il tend tjrs a nous prendre pour des prunes??? je comprend pas, pour celui qui sait lire saura que vous etes empêtrer dans qlq chose que vous peinez a sortir !! la plus grande preuve et votre hystérie du dernier speech, maintenant vous calmez le jeu tout en etant rigide, mais calmez quoi le jeu est jouer et le sort est jeter !! et bashar en passant son sort aussi a ete sceller depuis longtemps, sauf qu'on ne pensez pas qu'il pouvait etre aussi meurtrier que cela pour avoir ecraser son propre peuple et enfin concevoir la partition de son propre pays pour rester au pouvoir !! voila ce que les gens des resistances sont capable de faire RIEN QUE POUR LE POUVOIR !!!

    Bery tus

    17 h 42, le 02 mars 2016

  • toujours la même litanie ça ne changera jamais ah, si, un fait incroyable L'IRAN,pays innocent, n'a jamais intervenu en Irak, au Yemen, en Syrie, au Liban ... Je suis vraiment simplet, voire stupide J'ai bien noté que l'Arabie est la cause de toutes les guerres dans la région... Le reste du discours c'est toujours hypocrisie, mensonges et stérile Je n'ai pas lu un seul message de solidarité entre libanais toutes confessions réunies... En attendant le 23 mars, le Liban continue dans dérive

    FAKHOURI

    16 h 07, le 02 mars 2016

  • Michel Aoun est un terroriste. Lorsqu'un leader politique empêche les députés de son bloc à participer à l'élection d'un Président de la République depuis presque deux ans, il est un terroriste. Lorsque Michel Aoun, un député-fonctionnaire continue à encaisser son salaire malgré son absence sans raison du Parlement, c'est un acte terroriste.

    Honneur et Patrie

    13 h 10, le 02 mars 2016

  • Ce que Hassouna nous annonce c'est le partage de tous les pays de la région et donc l'application du plan Kissinger à la lettre! S'il était sincère dans son soi-disant combat contre le sionisme et le Satan américain, il vient de reconnaître la défaite de son axe, puisque les frontières des pays de la région seront toutes retracées. Mais, les faits montre que le Hezbollah était en fait l'outil principal dans ce jeu, après l’échec subit lorsque les Chrétiens du Liban l'avait refusé dans les années 70-80. Le Hezbollah a vu sa création lors de la présence des forces internationales. C’était une bonne occasion pour le créer. Le retrait des troupes de l'OTAN a renforcé sa popularité dans le milieu chiite au dépend d'Amal qui lui ne marchait pas dans ce plan. Pour affaiblir ce dernier, alors puissant, ils l'ont entraîné dans de petites guerres puis avec l'aide des Israéliens, le Hezbollah a pris le dessus au Sud. Le Sud est resté calme jusqu'à l'annonce du retrait Israélien du territoire Libanais. Depuis, et en connivence avec Israel, le Hezbollah a commencé a s'attaquer aux troupes Israéliennes pour renforcer encore plus son emprise sur le pays, et tout cela avec la couverture du régime de Damas. Après le retrait, a chaque saison, le parti Iranien créait des grabuges pour garder l’économie en berne, et la Syrie se chargeait de miner ses institutions. Dans tous les cas, la Syrie est finie, Bachar aussi, et le Hezbollah, inutile dorénavant, va suivre bientôt.

    Pierre Hadjigeorgiou

    11 h 49, le 02 mars 2016

  • L'haSSine 1er, mahééék ; Nabäâh, quoi ; n'est pas simplement le bonhomme banal, neutre et niais qu’on a voulu présenter…. Sa possession du réel pouvoir a groupé servilement autour de lui quantité d'intérêts conTradictoires, mercantiles et mesquins ; la lutte contre la Révolution Cédraie obligeant les fakkîhdiots eux-mêmes à augmenter son influence même. Et si ce l'haSSine 1er n'est plus du tout populaire, eux surtout sont définitivement impopulaires les puînés niais Per(s)cés ! Et ne pouvaient-ils pas espérer, grâce à leurs "propres" rivalités et surtout à la nécessité de l’établissement d'une bête Wilâÿâh fakkihîste méditerranéenne et levantine quelconque, really se contraindre à la reconnaissance de ce simple bonhomme banal ? Et ce n'est point seulement le simple jeu régulier des institutions libanaiiises qui fait net débuter la dispute entre ce "Futur" et leur pathétique et fakîhàRienne envergure. Ainsi, envers les convoitises des fakîhdiots boSSféràriens, yîîîh, bää bää bääSSyriens coalisés, Hariri représente, lui, le titre de son pouvoir réel : le Liban de Tâëf. Et à l'égard des convoitises possibles de ce Hariri, leur consortium Malsain en 8 représente, lui, le titre de leur domination commune : cette même République de Tâëf aussi !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    11 h 22, le 02 mars 2016

  • Certaines petites mémoires se pressent de chanter qu'ils avaient été des oracles de la politique du m.o en oubliant qu'ils avaient été ceux qui pronostiquaient la fin du héros bashar en 2 semaines il y a 5 ans de cela . pitoyable.

    FRIK-A-FRAK

    10 h 32, le 02 mars 2016

  • enfin un discours addresse a ses fidele pour leur demander fermement d'arreter de bruler des pneus et bloquer les rues...il a enfin realise qu'il est en train de se tirer une balle dans le pied. Mais il a fallu que le pays arrive au bord du precipice pour qu'il leur demande cela. Quant a son attaque a l'encontre de l'arabie saoudite, meme justifiee, n'aura que des repercussions negatives. il melange polique et religieux...depuis l'aube des temps, l'histoire l'a confirme, ce melange est explosif et n'a mene qu'a des guerres

    George Khoury

    10 h 27, le 02 mars 2016

  • Clair et précis. Si les bensaouds qui exécutent les ordres de leurs patrons sionistes veulent faire la guerre au hezb résistant pourquoi font ils comme eux en 82 et 2006 s'en prendre aux civils et aux libanais en général ? Qu'ils se frottent au hezb qui leur pète la gueule sur les terrains militaires. Ils sont bien idiots ces bensaouds n'ont ils pas compris que leur patron usurpateur n'est pas arrivé à vaincre le hezb et qu'il se sert des bensaouds pour ce sale boulot ? Les changements qui vont s'opérer dans la région N'AFFAIBLIRONT PAS LA RÉSISTANCE DU HEZB .BIEN AU CONTRAIRE.

    FRIK-A-FRAK

    10 h 13, le 02 mars 2016

  • "Guerre à l'extérieur, paix à l'interieur" Quel genre de "paix" imposée par ce soi-disant "parti de DIEU" ? Pas de Président, le pays qui s'écroule lentement dans tous les domaines: économiques, politiques, socialement avec les haines attisées entre les communautés...c'est cela "votre" paix ? Quant aux guerres à l'extérieur, elles ne nous concernent pas, nous les vrais Libanais, nous avons déjà assez de problèmes au quotidien pour survivre dignement, tout simplement! Mais cela, les responsables du parti de DIEU, ne veulent pas le savoir...au fait, connaissent-ils seulement la signification du mot DIEU ? Irène Saïd

    Irene Said

    09 h 43, le 02 mars 2016

  • TOUS COMMENCENT A REALISER MAINTENANT CE QUE CERTAIN INTERNAUTE ET MOI AVONS DIT DES LE DEBUT, A SAVOIR : LA CONNIVENCE ! PEU IMPORTE QU,ELLE SOIT POUR UNE SYRIE AVEC GENEVE 1, LES DECISIONS DE L,ONU ET LES DEPARTS... OU PIRE... AVEC DES SYRIES ET L,EXTENSION DANS LE TEMPS A TOUS LES PAYS DE LA REGION Y COMPRIS LES DEUX FACES DE LA MEME MONNAIE... LES DEMEMBREMENTS QUE LES MOUMANA3ISTES DECLARAIENT COMBATTRE CAR COMPLOT SIONISTE CONTRE LA REGION ET QU,ILS N,ACCEPTERAIT QU,AUCUN PAYS, SURTOUT LA SYRIE, SOIT DEMEMBRE... ON LEUR PARLAIT DE FEDERATION ET ILS DISAIENT QUE C,ETAIT LA PARTITION QU,ILS COMBATTAIENT... ILS SONT LES PREMIERS AUJOURD,HUI A LA CHANTER ET A Y APPLAUDIR AVEC LEUR SPONSOR LE RUSSE CAR ELLE LEUR SAUVE LA FACE DES DEBACLES PREVUES!!! ILS EXECUTENT DONC LE COMPLOT QU,ILS ATTRIBUENT AUX SIONISTES AUXQUELS ILS SONT DES ALLIES PAR ALLIE INTERPOSE... PLUS DE BETISE ?

    OLJ, FOSSOYEUR DE LA LIBRE EXPRESSION !

    08 h 39, le 02 mars 2016

  • Le guide du Liban anormal nous dit : citoyens de mon Anomalie, soyez tranquilles, notre Hezb iranien n'a pas (encore) reçu l'ordre de combattre à l'intérieur, mais dans divers pays à l'extérieur. Le problème est que rien que sa guerre en Syrie, aux côtés du petit Hitler, a engendré Daech, qui menace le Liban avec sa barbarie, et a littéralement étouffé et ruiné le Liban avec l'afflux d'environ 2.000.000 de réfugiés syriens (sunnites !!). Il n'y a pas un seul citoyen de l'Anomalie de sa Clémence qui ne veuille le voir rapatrier cette foule colossale en Syrie. Peut-il commencer par au moins dix réfugiés ?

    Halim Abou Chacra

    06 h 32, le 02 mars 2016

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