La compagnie Sukleen, qui est (toujours) chargée de la collecte des déchets dans Beyrouth et le Mont-Liban, ainsi que sa compagnie-sœur Sukomi, chargée du traitement, ont répondu hier aux accusations lancées contre elles par le député Samy Gemayel, président du parti Kataëb. M. Gemayel, qui sortait mercredi dernier du Palais de justice où il s'était enquis du recours qu'il avait présenté contre les deux sociétés, avait assuré que celles-ci devraient être sanctionnées par la justice. « Sukleen a tenu le dossier des déchets pendant des années et a été payée pour accomplir un service. Or, elle ne l'a pas fait. Où est passé l'argent qui lui a été versé ? Pourquoi ce dossier n'a pas été abordé en Conseil des ministres ? Pourquoi le CDR n'a pas sanctionné Sukleen ? » s'était-il interrogé.
Dans leur communiqué, les compagnies « rejettent ces commentaires aux motivations politiques. Nous n'avons rien à cacher, nous avons toujours coopéré avec le procureur financier et le parquet, et nous sommes plus impatients que d'autres de voir les résultats des enquêtes publiés », poursuit le texte.
Sukleen et Sukomi assurent « avoir toujours respecté le contrat signé avec le gouvernement libanais et avoir été continuellement auditées par des bureaux de consultants » durant toutes ces années. Elles affirment que « les centres de tri à La Quarantaine et à Amroussié sont fonctionnels 24 heures sur 24 ».
Et d'ajouter : « Sukomi composte une moyenne de 300 tonnes de déchets organiques par jour, ce qui constitue la capacité maximale de l'usine de compostage que le gouvernement a pourvue au début du contrat. Le gouvernement libanais n'a pas assuré d'emplacements supplémentaires pour composter le reste des déchets organiques triés. »
Les compagnies insistent particulièrement sur le fait que « le contrat avec le gouvernement libanais stipulait dès le début qu'il y aurait enfouissement de 80 % des déchets et traitement de 20 % ». Elles assurent avoir pris l'initiative d'effectuer une série de tests en vue de limiter la quantité d'ordures à enfouir, complétant une étude de faisabilité à ce propos, mais qu'aucune décision n'a été prise au niveau officiel. Elles assurent enfin « n'avoir jamais été affiliées à aucun parti politique ni n'avoir jamais suivi l'agenda d'aucun homme politique ».
Liban
Sukleen répond aux accusations de Samy Gemayel
OLJ / le 29 février 2016 à 00h00

