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Économie - Pétrole

Toujours pas d’accord, Riyad et Téhéran plombent les cours du brut

À droite, le ministre du Pétrole iranien Bijan Namadar Zanganeh. À gauche, son homologue saoudien, Ali al-Naïmi. Behrouz Mehri/AFP et Jacky Naegelen/Reuters

Les cours du pétrole ont lourdement rechuté hier à New York dans un marché désespérant d'un prochain rééquilibrage de l'offre vu le manque d'esprit de coopération manifesté hier par des responsables saoudien et iranien.

Le cours du baril de « light sweet crude » (WTI) pour livraison en avril, dont c'était le premier jour d'utilisation comme contrat de référence, a perdu 1,52 dollar (-4,55 %) à 31,87 dollars sur le New York Mercantile Exchange, alors que la veille le contrat pour livraison en mars s'était envolé de plus de 6 %. « La tension monte au sein du cartel », commentait Jasper Lawler, analyste chez CMC Markets, et cela pèse sur les cours.
Le ministre saoudien du Pétrole Ali al-Naïmi a déclaré hier qu'il avait bon espoir qu'un accord sera trouvé le mois prochain avec d'autres pays pour obtenir un gel de production permettant à terme de rééquilibrer le marché du pétrole. « Quatre pays se sont mis d'accord, nous avons envoyé des émissaires dans d'autres pays, beaucoup de discussions sont en cours, et on espère qu'à un moment en mars il y aura une autre réunion et que d'autres seront d'accord pour geler » leur production, a déclaré M. al-Naïmi, intervenant lors de la conférence IHS CERAWeek, organisée à Houston (Texas).

L'Arabie saoudite et la Russie – les deux premiers producteurs mondiaux de brut – avaient proposé il y a une semaine, au terme d'une réunion à Doha avec le Qatar et le Venezuela, que tous les pays producteurs gèlent leur niveau de production à son niveau de janvier pour soutenir les prix. En revanche, une réduction de la production « ne va pas arriver parce qu'il n'y a pas beaucoup de pays qui vont la réaliser même s'ils disent qu'ils vont le faire (...) donc ce n'est pas la peine de gâcher notre temps à rechercher des baisses de production », a dit M. al-Naïmi, faisant écho au ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir, qui avait exclu cette option.


(Lire aussi : L'économie libanaise bénéficie-t-elle vraiment de la baisse des prix du pétrole?)

 

« Plaisanterie »
Selon Riyad, un gel est toutefois crédible : « il y a du bon sens et un besoin d'argent et ces deux choses vont mener, peut-être pas tous les pays mais la plupart des pays qui comptent, à geler » leur production, y compris l'Iran, a semblé sous-entendre M. al-Naïmi en riant.

Toutefois au même moment le ministre iranien du Pétrole, Bijan Namadar Zanganeh, a rejeté cette idée en la qualifiant de « plaisanterie ». « Certains pays voisins, qui ont porté ces dernières années leur niveau de production à 10 millions de barils et en exportent autant, sont devenus arrogants et disent que tout le monde doit geler son niveau de production. C'est-à-dire qu'ils gèlent leur niveau à 10 millions de barils et nous (nos exportations) à un niveau d'un million de barils. C'est une plaisanterie », a déclaré M. Zanganeh, cité par des médias iraniens.

Le porte-parole du gouvernement iranien Mohammad Bagher Nobakht a également reproché à certains pays membres de l'Opep de ne pas vouloir reconnaître le « droit de l'Iran » à reprendre ses parts de marché perdues à cause des sanctions internationales, leur demandant de baisser leur niveau de production. « Ces pays doivent baisser leur niveau de production et permettre à l'Iran de revenir à un quota d'avant les sanctions », a-t-il déclaré. Après la fin des sanctions internationales à la mi-janvier, l'Iran avait annoncé une augmentation immédiate de sa production de 500 000 barils par jour et de 500 000 bpj supplémentaires d'ici à fin 2016.

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