Plus de 12 heures après que la fraction extrémiste du parti Baas eut pris le pouvoir à Damas, hier matin à l'aube, la situation est demeurée très confuse en Syrie et les dernières nouvelles faisant état d'une opposition grandissante au mouvement à Alep et dans le nord du pays font craindre un affrontement armé.
Les services d'écoute des agences de presse qui avaient presque perdu l'habitude d'entendre de la musique militaire en guise d'introduction aux coups d'État, se sont éveillés hier matin au son des marches souvent entendues au Moyen-Orient, particulièrement à Radio-Damas. La radio annonçait que le gouvernement et le comité régional du Baas avaient été renversés par un comité régional « provisoire », puis entrecoupés par la retransmission des marches traditionnelles, elle diffusait une série de communiqués et une série de dépêches de soutien parvenues de différentes régions du pays.
Les communiqués ont annoncé l'imposition du couvre-feu à partir de 6h du matin, hier, et jusqu'à nouvel ordre la fermeture des frontières, des ports et des aéroports, et l'arrestation et la mise en jugement « devant un tribunal spécial du parti » d'Amine el-Hafez, président du conseil présidentiel, Salah Bitar, chef du gouvernement, Michel Aflak, théoricien du parti, Mounif Razzaz, secrétaire général du parti, Mohammad Omrane, ministre de la Défense, Chebli Ayssami et Mansour Atrache, président de l'Assemblée nationale.
Liban - Les Archives Racontent...
Après le renversement de la fraction modérée du Baas Le conflit entre Alep et Damas risque de provoquer un affrontement armé
Dans « L'Orient » du 24 février 1966
OLJ / le 24 février 2016 à 00h00


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