- Alice Chaptini, ministre des Déplacés, dans une déclaration : « Par souci de dynamiser le gouvernement, à l'ombre de la vacance présidentielle, je prie le ministre ami Achraf Rifi de revenir sur sa décision de démissionner, afin de limiter les pertes en cette phase critique. Ce qu'il réclame sur le dossier Michel Samaha est légitime, mais nous souhaitons écarter la justice des tiraillements politiques. Le plus important est de prendre garde aux risques d'entraîner le Liban dans des conflits régionaux. Il est nécessaire de maintenir la politique de neutralité du Liban, en prenant en compte le fait que le Liban est arabe dans son identité et son appartenance, et membre fondateur et permanent de la Ligue arabe. Il est donc naturel qu'il se solidarise avec les États arabes face à toute agression menée contre la nation arabe. Considérant néanmoins les spécificités du Liban, liées à sa diversité, nous souhaitons que l'Arabie et les pays du Golfe reconsidèrent leur décision à l'égard du Liban et des Libanais. »
- Nagib Mikati, député de Tripoli, dans un communiqué : « Nous saluons la décision unanime du Conseil des ministres aujourd'hui de respecter la politique de distanciation. Nous souhaitons en outre que le gouvernement prenne des positions qui profitent à l'unanimité libanaise d'une part, et ne déroge pas, de quelque manière que ce soit, à l'unanimité arabe, de l'autre. »
- Mohammad Safadi, député de Tripoli, dans une déclaration : « Les Libanais doivent préserver l'intérêt national supérieur, en réaffirmant l'appartenance arabe du Liban et en entretenant les meilleurs rapports avec les États arabes, à commencer par l'Arabie saoudite, qui a toujours été, et restera, une grande source de bienfaisance au Liban et un appui sûr à l'unité et la stabilité du Liban. Le Liban a toujours été l'un des pionniers de l'arabité, soutenant constamment les causes arabes justes et ne dérogeant jamais à leur unanimité. Le Liban, dans ses composantes diverses, s'est entendu, à travers le document d'entente nationale (Taëf), sur l'identité arabe du Liban. Et les positions du gouvernement devraient être en cohésion avec cette identité. »
- Imad el-Hout, député de la Jamaa islamiya, à la radio al-Fajr : « La décision du ministre de la Justice, Achraf Rifi, de démissionner est une décision sérieuse de faire face à ce qu'un camp politique tente d'imposer de facto aux Libanais, en paralysant les institutions, surtout depuis la crise avec l'Arabie. Je m'attends néanmoins à ce qu'Achraf Rifi revienne sur sa décision, lorsque sera rétabli l'équilibre dans la prise de décision au sein du gouvernement. À défaut d'aboutir à une position unifiée à l'égard de l'unanimité arabe, je propose de soumettre la question au vote. Alors que nous refusons l'escalade, nous appelons à rompre le mutisme face aux tentatives d'entraîner le Liban vers un axe régional, et donc de l'isoler. En revanche, d'aucuns s'appliquent à attiser les tensions communautaires et confessionnelles, en accusant par exemple les sunnites d'appartenir à l'axe sioniste (en référence à la dernière allocution du secrétaire général du Hezbollah). »
- Nehmé Tohmé, député, membre de la Rencontre démocratique, dans une déclaration : « Nous avons mis en garde maintes fois contre les retombées des campagnes contre l'Arabie saoudite, surtout que nous avons pu faire l'expérience du souci de l'Arabie pour la stabilité du Liban, qu'elle a d'ailleurs secouru dans des phases sensibles et difficiles. Ses aides politiques, économiques et sociales n'obéissent à aucune distinction entre un Libanais et un autre (...). Il est donc nécessaire que cessent les campagnes menées contre l'Arabie et qu'une solution responsable aux manquements à l'égard de l'Arabie soit trouvée. »
- Mohammad Hajjar, député, membre du bloc du Futur, à la MTV : « Le ministre des Affaires étrangères a placé le Liban dans une position qui ne lui sied pas, celle d'un face-à-face avec l'unanimité arabe. »
- Jamil Sayed, ancien directeur de la Sûreté générale, dans un communiqué : « La décision de l'Arabie saoudite d'annuler (il s'agit en réalité de suspendre, ndlr) son don à l'armée et aux Forces de sécurité intérieure, a fait suite à l'entretien télévisé du Premier ministre Tammam Salam, diffusé la veille, et qui a été interprété par les autorités saoudiennes comme un appui officiel aux positions du ministre des Affaires étrangères, reflétant la position du gouvernement réuni. Certes, tout ce qui est rapporté sur des divergences politiques entre l'Arabie saoudite et le Hezbollah est vrai, ainsi que tout ce qui se dit sur le gel du don saoudien à la suite du décès du roi Abdallah d'Arabie. Toutefois, la décision officielle d'annuler cette aide est exclusivement liée, dans son timing, à l'entretien télévisé :
elle se veut un message au gouvernement pour rectifier ses positions. Ce message ne s'adresse ni au ministre Gebran Bassil en personne ni au Hezbollah, dont la politique interne et régionale est connue depuis des années. Le 14 Mars y a vu l'opportunité d'unifier ses rangs et de reprocher au Hezbollah l'annulation de la donation, sachant que certains dans les milieux du courant du Futur et du 14 Mars sont conscients de la visée de la décision saoudienne. »


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