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Nos lecteurs ont la parole - Nada Bejjani Raad

La bataille d’Alep

On ne peut être à la fois juge et partie.
En d'autres termes, on ne peut arbitrer une affaire lorsqu'elle nous concerne directement.
En la matière, la bataille d'Alep a cette vertu d'avoir mis les points sur les « i ». Hormis le fait de vouloir rendre à la Syrie ce joyau inestimable placé au carrefour des civilisations, elle met d'abord la Turquie et l'Arabie saoudite face à leurs contradictions. Si leur duplicité dans le combat mené contre Daech posait question, on ne s'attendait pas à cette fébrilité, à ce regain de tension au moment où les forces du régime encerclaient la ville. Dans une envolée lyrique, le Premier ministre turc a même promis de voler au secours d'Alep pour s'acquitter envers elle d'une dette historique, alors que l'Arabie saoudite se dit prête à envoyer 150 000 hommes au sol pour... combattre l'État islamique.
Si la Turquie n'a pas fait le deuil de cette ville sept fois millénaire, retirée par le général Allenby en 1918 à l'Empire ottoman, et ne peut par ailleurs consentir à la montée en puissance de l'axe chiite, sa première préoccupation reste la question kurde. L'avancée du régime d'Assad a renforcé le Parti de l'union démocratique (PYD), parti dominant dans le Kurdistan syrien, qu'Ankara avait réussi à écarter des derniers pourparlers de Genève. Non seulement les Kurdes se sont emparés des villages pris aux rebelles à la lisière d'Afrin, mais ils tentent d'avancer vers l'est, le long de la frontière, pour faire la jonction avec un autre canton autonome en Syrie, celui de Kobané. Cette nouvelle évolution, tout en empêchant la Turquie de ravitailler en armes les rebelles, mettrait à mal le projet de zone tampon d'Ankara. En effet, de concert avec les rebelles, elle voulait créer une « safe zone » en territoire syrien, qu'elle avait posée comme condition à Washington pour rejoindre la coalition contre l'État islamique en 2014 et qui devait être assortie à sa demande d'une zone d'exclusion aérienne pour protéger les populations. Concept qui jusque-là n'avait porté bonheur ni à l'Irak en 1991 ni à la Libye, vingt ans plus tard.
Avec la prise d'Alep, une répartition de fait de la Syrie pourrait s'esquisser : la Syrie qu'on appelle utile, le Kurdistan et un territoire qui sera hérité de l'État islamique sur lequel les États sunnites jetteront sans doute leur dévolu.

Nada BEJJANI RAAD

On ne peut être à la fois juge et partie.En d'autres termes, on ne peut arbitrer une affaire lorsqu'elle nous concerne directement.En la matière, la bataille d'Alep a cette vertu d'avoir mis les points sur les « i ». Hormis le fait de vouloir rendre à la Syrie ce joyau inestimable placé au carrefour des civilisations, elle met d'abord la Turquie et l'Arabie saoudite face à leurs contradictions. Si leur duplicité dans le combat mené contre Daech posait question, on ne s'attendait pas à cette fébrilité, à ce regain de tension au moment où les forces du régime encerclaient la ville. Dans une envolée lyrique, le Premier ministre turc a même promis de voler au secours d'Alep pour s'acquitter envers elle d'une dette historique, alors que l'Arabie saoudite se dit prête à envoyer 150 000 hommes au sol pour... combattre...
commentaires (1)

"La Syrie qu'on appelle utile, le Kurdistan et un territoire qui sera hérité de l'État islamique sur lequel les États sunnites jetteront sans doute leur dévolu." ! La Syrie "utile" ! Ce qui veut dire Alep, Hama, Homs, Damas, Tartouss et Lattaquié sous domination chïïto-nouSSaïrie ? Faut pas trop rêver !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

08 h 19, le 20 février 2016

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Commentaires (1)

  • "La Syrie qu'on appelle utile, le Kurdistan et un territoire qui sera hérité de l'État islamique sur lequel les États sunnites jetteront sans doute leur dévolu." ! La Syrie "utile" ! Ce qui veut dire Alep, Hama, Homs, Damas, Tartouss et Lattaquié sous domination chïïto-nouSSaïrie ? Faut pas trop rêver !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    08 h 19, le 20 février 2016

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