La chambre de première instance au Tribunal spécial pour le Liban a poursuivi hier ses audiences consacrées depuis plusieurs jours à un témoin masqué représentant l'opérateur de téléphonie mobile Alfa. Ingénieur en microélectronique, le témoin, identifié par le numéro 707, devait expliquer devant les juges les modes de fonctionnement techniques des différents équipements et installations relevant de la société.
Le système des télécoms et la localisation géographique des appels effectués avant l'assassinat de Rafic Hariri sont au cœur de la batterie de preuves présentées par l'accusation. À ce jour, cinq accusés ont été identifiés, principalement à partir du réseau d'appels qu'ils avaient effectués durant la préparation et l'exécution de l'assassinat de l'ancien Premier ministre dans l'attentat du 14 février 2005.
Le témoin a été interrogé sur le système de couverture des réseaux de téléphonie mobile et sa capacité de précision, notamment durant les années 2004-2005, période qui intéresse au plus haut point la Cour. Il a notamment évoqué les formalités requises et les services-clients dans les différents points de vente relevant de la société Alfa. En réponse aux questions de l'accusation, il a expliqué la procédure relative aux systèmes d'abonnement, le mode de vente des cartes prépayées, le système de recharge des cartes, ainsi que la nature des documents requis pour leur achat et conservés par la société. Le témoin a également évoqué les questions relatives au système de facturation et le mode d'attribution des noms et numéros des abonnés sur les factures.
(Pour mémoire : TSL : Une audience hautement technique sur les données télécom)
Pendant plusieurs jours, il devait s'exprimer sur le degré de fiabilité des équipements installés sur le territoire libanais, en particulier, les stations d'émission, les antennes et transferts de signal. Il devait notamment expliciter le système d'archivage des données et de leur retrait.
Interrompant à plusieurs reprises le témoin, la défense a objecté plus d'une fois sur le fait que le témoin évoquait des fonctions techniques et des plans qu'il n'avait pas lui-même supervisés. Les avocats ont rappelé qu'en définitive, le témoin avait été sollicité pour représenter la société dans son ensemble et ne pouvait par conséquent répondre des aspects techniques de certaines fonctions qui ne relevaient pas directement de lui.
Son témoignage marque le début d'une nouvelle phase du procès à caractère désormais hautement technique, avec la présentation des preuves de télécoms dont l'accusation s'évertue à démontrer la crédibilité, face à des équipes de défense déterminées à les invalider.
Pour mémoire
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