Le ministre du Travail Sejaan Azzi a exhorté hier les Nations unies et la communauté internationale à adopter une nouvelle approche de la crise des réfugiés syriens.
Dans son allocution inaugurale prononcée lors de la conférence organisée par la Banque mondiale, l'Agence française de développement (AFD) et le Centre de Marseille pour l'intégration en Méditerranée (CMI) autour du thème « Les réfugiés syriens au Liban et en Jordanie » et tenue à Paris, M. Azzi a incité « la communauté internationale et l'Onu à adopter une nouvelle approche du dossier des réfugiés syriens axée sur l'établissement de plans leur permettant de rentrer dans leur pays, au lieu d'œuvrer pour les fixer là où il sont actuellement, afin que la Syrie ne soit pas dépourvue de Syriens, et le Liban de Libanais plus tard ».
Le ministre du Travail a également mis l'accent sur le fait que « le Liban reçoit inconditionnellement 1 700 000 réfugiés syriens, alors qu'il fait face à la crise financière, économique et existentielle la plus dangereuse ».
« À travers la proposition du retour des réfugiés syriens, le Liban ne voudrait pas les mettre en péril, mais la communauté internationale devrait se prendre en main et créer une zone sécurisée, équipée d'abris et d'écoles, au lieu de garder ces réfugiés au Liban », a ajouté M. Azzi avant de poursuivre : « Nous n'attendrons pas les appels internationaux, ni les conditions de la conférence de Londres pour trouver des emplois aux réfugiés syriens, surtout que plus de 500 000 parmi eux travaillent dans les secteurs de la construction, de l'agriculture et du développement, et ils sont les bienvenus tant qu'ils répondent aux besoins du marché local. »
Mais le ministre du Travail n'a pas manqué de signaler que « la priorité reste à la main-d'œuvre, aux compétences et l'expertise libanaises ».
Dans le même contexte, M. Azzi a soulevé une remarque importante : « Avant la crise syrienne, le taux de chômage au Liban était de 11,3 % et il a augmenté à 25 % après la guerre et le flux de réfugiés, sans oublier que 346 000 Libanais ont quitté leurs emplois, selon les chiffres de la Banque mondiale. »
En répondant aux questions, M. Azzi a noté que, « depuis le début de la crise syrienne, la communauté internationale traite le problème sous un angle technique, alors que la guerre exige une décision politique, sauf si cette communauté veut prolonger la guerre en attendant un nouveau Moyen-Orient formé d'États religieux et ethniques. Et c'est ce que le Liban craint, car de tels États atteindront sûrement ses frontières et son tissu social ».
Liban - Réfugiés Syriens
Azzi plaide en faveur d’une approche internationale axée sur les zones sécurisées
OLJ / le 16 février 2016 à 00h00


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