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Économie

Londres interdit au secteur public anglais de boycotter les produits israéliens

Grande-Bretagne
OLJ
16/02/2016

Le gouvernement britannique a annoncé hier qu'il allait interdire aux institutions anglaises recevant des fonds publics, telles que les universités ou les mairies, de boycotter des entreprises « non éthiques » ou des produits israéliens.
Les boycotts « empoisonnent et polarisent le débat, affaiblissent l'intégration et alimentent l'antisémitisme », a estimé le gouvernement dans un communiqué. Ils « peuvent entraver les exportations britanniques et nuire aux relations internationales ».
« De nouvelles directives sur les marchés publics, combinées à des changements sur la façon dont les fonds de retraite pourront investir, permettront d'empêcher des politiques locales néfastes, contre-productives et menaçant notre sécurité nationale », doit déclarer le ministre du Cabinet Office, Matthew Hancock, lors d'une visite en Israël cette semaine.
« Nous saluons la décision des autorités britanniques de ne pas autoriser des initiatives anti-israéliennes au niveau local », a dit à l'AFP Emmanuel Nahshon, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, relevant « quelques cas d'éléments anti-israéliens qui ont essayé de lancer des initatives locales contre Israël ».
En 2014, la mairie de Leicester a institué un boycott des produits fabriqués dans les colonies israéliennes.
Dans la même veine, le gouvernement écossais « décourage fortement » les autorités locales de faire du commerce avec les « colonies illégales ». L'Écosse n'est toutefois pas affectée par l'interdiction.
Les nouvelles mesures s'appliqueront en effet à l'ensemble du secteur public anglais, dont le Service national de santé (NHS). Elles concerneront aussi les boycotts à l'encontre d'entreprises « non éthiques » comme celles impliquées dans le commerce d'armes, les énergies fossiles ou encore le tabac.
Seuls les boycotts imposés par le gouvernement au niveau national dans le cadre de sanctions pourront s'appliquer.
« C'est une attaque contre la démocratie locale », a jugé un porte-parole du Labour, principal parti d'opposition. « Cette interdiction gouvernementale aurait empêché les mairies de prendre des actions contre l'apartheid en Afrique du Sud. »
« Comment inciter les entreprises à s'assurer de ne pas commettre de violations des droits de l'homme (...) quand les organismes publics ne peuvent pas leur demander de rendre des comptes », a critiqué Peter Frankental de l'ONG Amnesty International, dans le quotidien The Independent.
Le gouvernement britannique continuera cependant de « soutenir l'étiquetage clair et transparent des produits des colonies (israéliennes) afin que les consommateurs puissent faire un choix éclairé avant d'acheter ».
En novembre, l'Union européenne avait approuvé la mise en œuvre de l'étiquetage des produits originaires des colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés par Israël depuis 1967, à savoir la Cisjordanie et le plateau du Golan. À cette occasion Benjamin Netanyahu avait affirmé que cette motion votée par le Parlement européen rappelait « une époque où les produits des juifs étaient étiquetés ». « C'est injuste (...) ça ne fait pas avancer la paix », avait-il ajouté.
(Source : AFP)

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