Le collectif « Nous réclamons des comptes » a affirmé samedi qu'« il existe une relation entre la compagnie britannique Chinook, chargée de l'exportation des déchets, et un homme d'affaires d'origine libanaise condamné pour collaboration avec Israël ».
Au cours d'une conférence de presse organisée à la place Riad el-Solh (centre-ville), Hani Fayad, s'exprimant au nom du collectif, a déclaré qu'« en moins de 48h », le collectif a découvert que « le Libanais Mohammad Ali al-Ajami entretenait des liens d'amitié avec l'ancien Premier ministre israélien Ariel Sharon, de même qu'il est en étroite relation avec l'actuel Premier ministre Benjamin Netanyahu ». Selon « Nous réclamons des comptes », cette relation ne serait pas si solide « n'étaient les services que Ajami a rendus à l'ennemi au détriment des intérêts et de la sécurité du peuple et de l'État libanais ».
Estimant que « le complot contre la santé et les deniers des Libanais vise cette fois leur sécurité », le porte-parole du collectif a appelé le gouvernement à « apporter des clarifications sur cette question », lui demandant de se prononcer sur la « véracité ou la fausseté » des informations rapportées.
Le collectif « Nous réclamons des comptes » a par ailleurs publié un communiqué dans lequel il a dénoncé « l'absence d'appel d'offres » pour l'exportation des déchets, estimant en outre que le Conseil du développement et de la reconstruction (CDR), auquel l'État a confié la charge de suivre les opérations, n'est pas dans ce cadre l'organisme compétent. Le collectif s'est également demandé « comment le gouvernement trouvera les fonds pour couvrir la totalité du coût de l'exportation, sachant qu'un premier montant de 50 millions de dollars a été débloqué du compte de la Caisse autonome des municipalités ». « Nous réclamons des comptes » a par ailleurs estimé que « les éléments de tarification de l'exportation ne sont pas clairs ». « Ce qui ajoute encore plus à l'ampleur de la corruption », a conclu le communiqué.
De son côté, le collectif « Vous puez ! » a dénoncé le manque de transparence du dossier des déchets et l'absence de propositions de solutions durables. Dans un communiqué qu'il a publié samedi, il s'est interrogé sur les raisons du refus du gouvernement d'étudier des offres moins chères, se demandant par ailleurs pourquoi, à ce jour, toutes les usines de recyclage existantes ne sont pas réhabilitées. Autre point opaque pour le collectif, « la réponse des autorités libanaises à des informations de source russe sur le refus de la Russie d'accepter ce marché douteux ». « La liste des interrogations est longue », a enchaîné le communiqué, affirmant qu'« il est du devoir de la justice de suivre le dossier pour s'assurer qu'il n'est pas entaché de corruption ».
Dans ce contexte, les activistes de plusieurs mouvements civils avaient organisé un sit-in, samedi après-midi, sur la place Riad el-Solh.
Liban - Déchets
« Nous réclamons des comptes » soupçonne une relation entre un espion libanais et la compagnie Chinook
OLJ / le 15 février 2016 à 00h00


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