Dévalant hâtivement les rues de Beyrouth sous un soleil hivernal et glacial, je sentis en moi une espèce de liberté irrationnelle, folle, surtout authentique. Je réalise enfin la beauté de cette ville qui m'a vue grandir, qui a été témoin de tant de vies déchirées, d'amours envolées, de baisers cachés, de guerres insensées. Je réalise enfin que la beauté de Beyrouth réside dans cette contradiction insolite. Oui, mon Beyrouth à moi est beau tel qu'il est. Avec ses immeubles rongés par les obus, ses quartiers luxueux, son centre-ville moderne et ses rues traditionnelles.
Mon Beyrouth à moi est beau avec ses nouveaux riches pourris, gâtés, et ses mendiants aux yeux pleins de chaleur, ses grands centres commerciaux et ses petits magasins humbles et modestes. Mon Beyrouth à moi est beau avec ses touristes venus des quatre coins du monde et ses réfugiés qui trouvent en lui la sécurité tant recherchée. Mon Beyrouth est beau, si beau avec ses snacks populaires et ses restos branchés. Mon Beyrouth à moi porte en lui les cicatrices d'une guerre qui l'a ravagé, détruit, anéanti. Mon Beyrouth à moi a toujours trouvé un peu de force pour se remettre debout, pour prouver que oui, la légende du Phénix existe bien. Oui, le Phénix renaît de ses cendres tout comme mon Beyrouth renaît de ses cendres. Des cendres de rêves brûlés, devenus nostalgie assourdissante. Mon Beyrouth renaît grâce aux cris de liberté qui rongent perpétuellement son cœur.
Mon Beyrouth n'est pas parfait. Il ne prétend pas l'être. Loin de là. Il est chaotique, absurde, irrationnel et, surtout, somptueux !
Nos lecteurs ont la parole - Dima Abou Abdou
Mon Beyrouth à moi
OLJ / le 12 février 2016 à 00h00


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