Rechercher
Rechercher

Liban - L’Éclairage

Tentatives discrètes du Hezbollah de rétablir les ponts entre Bnechii et Rabieh

À quatre jours de la 35e réunion parlementaire prévue pour l'élection d'un nouveau président de la République, le blocage reste entier. Ni le leader des Marada, Sleiman Frangié, veut se retirer de la course à la présidentielle au profit de son ancien allié de la même coalition politique, le général Michel Aoun, chef du bloc parlementaire du Changement et de la Réforme, ni ce dernier est près de renoncer à sa candidature. Les deux n'envisagent pas non plus de se rendre lundi au Parlement, au moment où les supporters des deux restent plongés dans les pointages, pour essayer de savoir qui des deux candidats est capable d'obtenir le plus grand nombre de voix parlementaires.

Pour l'anecdote, lorsqu'il avait annoncé au terme de la dernière conférence de dialogue qu'il n'avait pas l'intention de retirer sa candidature, Sleiman Frangié avait justifié sa décision par le fait que « celui qui est assuré d'obtenir 70 voix ne se retire pas pour quelqu'un qui n'en a que 40 », ce qui avait profondément irrité le général Aoun.
Depuis, les ponts entre Rabieh et Bnechii sont rompus. Le chef du CPL, Gebran Bassil, a même dû annuler une visite qu'il devait effectuer chez M. Frangié, après la réunion de Meerab, pour cause de voyage avait-il dit, et le chef des Marada, installé à Rabieh, a fini par s'établir à Bnechii, bien loin de la résidence de son ancien allié et nouveau rival.

Les tentatives menées par le Hezbollah pour rétablir les ponts entre ses deux alliés chrétiens se sont toutes soldées jusque-là par un échec, d'autant que Sleiman Frangié avait décidé, après la réunion de Meerab (au cours de laquelle le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, avait solennellement annoncé son soutien à Michel Aoun), de rompre le silence dans lequel il s'était confiné depuis les fuites sur sa rencontre à Paris avec le chef du bloc du Futur, Saad Hariri.
Il s'est donc empressé de répondre aux campagnes menées contre lui et s'est employé à expliquer ce qui s'était passé avec Saad Hariri qui soutient comme on le sait sa candidature à la tête de l'État. Les positions et les déclarations de M. Frangié n'ont cependant fait qu'envenimer les rapports avec Rabieh qui a sans ambages annoncé qu'une visite de Michel Aoun à Bnechii était hors de question au moment où le chef des Marada annonçait que les portes de sa résidence sont grandes ouvertes devant lui.

(Lire aussi : Naïm Kassem : Ce sont les Saoudiens qui bloquent)


Dans les milieux proches du général Aoun, on justifie cette détérioration des relations entre les deux hommes par le fait que les réunions de Paris et l'initiative Hariri de soutenir la candidature de Sleiman Frangié ont été concoctées à l'insu du CPL, pendant que le chef des Marada assurait son rival de son soutien à la tête de l'État en tant que candidat du 8 Mars.
Il reste que le chef du bloc parlementaire du Changement et de la Réforme n'a pas d'inconvénient à visiter Bnechii pour répondre aux vœux de Sleiman Frangié qui, mécontent de l'annulation de la visite de Gebran Bassil, avait exprimé le souhait que le général Aoun lui rende visite, tout comme il s'était rendu à Rabieh. Mais pas à n'importe quel prix. Michel Aoun a posé deux conditions à cette visite : que le chef des Marada et ses adjoints mettent fin à leurs campagnes et attaques contre lui et que ce dernier réaffirme son soutien à sa candidature, ce qui est absolument inenvisageable pour M. Frangié.

Avant de prendre position au sujet de la candidature de son rival, Michel Aoun avait essayé d'obtenir un rendez-vous de Saad Hariri, mais les deux hommes n'ont pas pu se rencontrer – l'histoire ne dit pas pourquoi –, et ce sont finalement Gebran Bassil et Nader Hariri qui se sont retrouvés pour discuter de la présidentielle. M. Hariri devait ainsi informer le chef du CPL que Saad Hariri reste attaché à la candidature de Sleiman Frangié et n'a de ce fait rien d'autre à dire à propos de la présidentielle. Il lui a fait savoir qu'il appartient aux aounistes de convaincre Frangié de retirer sa candidature parce que le chef du courant du Futur n'a pas l'intention de le faire du moment qu'il maintient son initiative tant que ce dernier ne s'est pas retiré. Les contacts entre Rabieh et la Maison du centre se sont aussitôt arrêtés à ce niveau.

C'est au niveau de Bnechii et de la banlieue sud qu'ils restent activement maintenus. Mais dans les milieux proches des Marada, on refuse de donner le moindre détail sur ce qui se trame à ce niveau. Pour d'aucuns, la décision de Sleiman Frangié de ne pas se rendre à la réunion électorale du lundi est très significative. Il s'agit, dit-on, d'une démarche qu'il aurait concédée au Hezbollah. Dans les milieux du Hezbollah, on assure qu'aucun des deux candidats ne se rendra au Parlement même si le quorum est assuré.

Parallèlement à cette activité politique, une autre, diplomatique, est engagée auprès de Bkerké où le patriarche maronite, Béchara Raï, s'est entretenu pour la quatrième fois consécutive avec les ambassadeurs des cinq membres permanents du Conseil de sécurité en présence de la représentante du secrétaire général de l'Onu au Liban, Sigrid Kaag. Au cours de ces rencontres, le chef de l'Église maronite a insisté sur l'organisation de la présidentielle et pressé ses interlocuteurs de demander à leurs gouvernements respectifs d'intervenir, notamment auprès de l'Iran, afin que cette échéance puisse être tenue.
Un des diplomates qui prennent part à ces assises, devenues régulières, a récemment confié qu'avec ses confrères, il avait essayé de contribuer au déblocage de la présidentielle et tenté de convaincre Michel Aoun et Samir Geagea de fixer un délai pour leur candidature, après quoi chacun d'eux se retirerait de la course. Le général Aoun avait rejeté cette option, en arguant du fait qu'elle n'est pas prévue dans la Constitution.

 

Lire aussi
Rien oublié, rien appris, l'article de Fady Noun

L'un s'est battu avec les FL, l'autre dans les rangs de l'armée : ils commentent l'accord de Meerab

Les chrétiens et les chiites votent Aoun

À quatre jours de la 35e réunion parlementaire prévue pour l'élection d'un nouveau président de la République, le blocage reste entier. Ni le leader des Marada, Sleiman Frangié, veut se retirer de la course à la présidentielle au profit de son ancien allié de la même coalition politique, le général Michel Aoun, chef du bloc parlementaire du Changement et de la Réforme, ni ce dernier est près de renoncer à sa candidature. Les deux n'envisagent pas non plus de se rendre lundi au Parlement, au moment où les supporters des deux restent plongés dans les pointages, pour essayer de savoir qui des deux candidats est capable d'obtenir le plus grand nombre de voix parlementaires.Pour l'anecdote, lorsqu'il avait annoncé au terme de la dernière conférence de dialogue qu'il n'avait pas l'intention de retirer sa candidature,...
commentaires (4)

Impossible de comprendre ce qui se passe pour un observateur "lointain". Mais le parlement sert-t-il à élire un président choisi entre plusieurs candidats ou à couronner un candidat unique sorti de "primaires" extra parlementaires par l'on ne sait quelles règles? A quand le suffrage universel qui au moins résoudra cette énigme de la démocratie Libanaise? Au moins là il y aura de vraies primaires où les partis proposerons leur candidat avec leur propres règles, bonnes ou mauvaises et le peuple choisira en libre choix, bon ou mauvais. Quel risque à cela? Pas grand ce risque, sauf à démontrer que le système actuel a toujours été transparent et que le président ainsi élu a pu apporter de vrais solutions aux vrais problèmes des Libanais.

PPZZ58

20 h 21, le 05 février 2016

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (4)

  • Impossible de comprendre ce qui se passe pour un observateur "lointain". Mais le parlement sert-t-il à élire un président choisi entre plusieurs candidats ou à couronner un candidat unique sorti de "primaires" extra parlementaires par l'on ne sait quelles règles? A quand le suffrage universel qui au moins résoudra cette énigme de la démocratie Libanaise? Au moins là il y aura de vraies primaires où les partis proposerons leur candidat avec leur propres règles, bonnes ou mauvaises et le peuple choisira en libre choix, bon ou mauvais. Quel risque à cela? Pas grand ce risque, sauf à démontrer que le système actuel a toujours été transparent et que le président ainsi élu a pu apporter de vrais solutions aux vrais problèmes des Libanais.

    PPZZ58

    20 h 21, le 05 février 2016

  • LE VER DE LA ZIZANIE ET DES EGOS... SEME PAR LES DEUX COUPS DE MAITRES HARIRIEN ET HAKIMIEN... TRAVAILLE DANS LES TETES DES MOUMANA3ISTES ET LES ENVENIME DE PLUS EN PLUS...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    15 h 21, le 05 février 2016

  • Un PELÉ cherchant encore à rafistoler ses deux déjà TONDUS....

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    15 h 13, le 05 février 2016

  • Et si on essayait de faire des primaires entre les 2 candidats de la résistance libanaise ! On entendrait les propositions de chacun, leurs motivations à protéger le Liban et leurs programmes politiques . Oui je sais , je suis un naïf gros rêveur, et pourtant on nous avait bien éduqué tout jeune que les libanais chrétiens avaient des valeurs plus proches des démocraties occidentales que les autres. .

    FRIK-A-FRAK

    13 h 34, le 05 février 2016

Retour en haut