Le Dr Jean-Patrick Maillard, angiologue au Centre hospitalier de Niort (France), s'intéresse à la réalité virtuelle et à la réalité augmentée, qu'il considère comme des outils puissants pouvant accompagner le travail des médecins et des chirurgiens. En professionnel de la santé, il voit aussi les obstacles. Il explique les avantages et inconvénients de cette technologie.
D'abord, sur celui que l'on nomme le « mal des transports ». « Quand on se déplace, dit-il, la vue voit défiler l'environnement, l'oreille interne perçoit les accélérations et la proprioception perçoit des contraintes mécaniques liées à ces mouvements. Ces informations doivent être concordantes et, si ce n'est pas le cas, cela déclenche des nausées, voire des vomissements. »
Ce mal de la réalité virtuelle pourrait être passager, une question d'habitude : « On place des astronautes en centrifugeuse pour leur faire supporter de mieux en mieux l'exercice et cela fonctionne. » D'ailleurs, permettre le déplacement réel en même temps que le personnage avance dans l'espace virtuel est une manière de résoudre ces problèmes d'oreille interne. Les simulateurs de vol professionnels la trompent déjà en simulant l'accélération grâce à un siège mouvant.
Une aide pour les malvoyants
Qui dit écran, dit aussi mal aux yeux. Une utilisation prolongée d'un casque où l'écran est très proche du cristallin pourrait accélérer la révélation de la presbytie. Et pourtant, le Dr Maillard rappelle que l'on connaît déjà le moyen de tromper la rétine pour la préserver : « L'écran, même à 5 cm de l'œil, peut être réglé pour avoir une distance focale à l'infini. C'est le cas du viseur des appareils photo numériques, par exemple : on peut laisser le système d'accommodation de l'œil au repos, et on se protège de l'inconfort tout en retardant l'apparition des symptômes du vieillissement visuel. »
Et la réalité virtuelle n'est pas discriminante : « Une personne qui n'a qu'un œil fonctionnel ne peut pas voir un film en 3D, alors qu'il peut profiter de la réalité virtuelle. » Mieux encore, la réalité virtuelle pourrait viser à rendre la vision centrale aux patients qui ne voient plus qu'en périphérie. « Avec une projection adaptée, la réalité virtuelle pourrait rendre à ces patients une expérience visuelle que leur vision réelle ne leur permet plus », conclut le Dr Maillard.
C'est peut-être l'une des cartes à jouer de Microsoft avec son produit HoloLens, à la frontière entre la réalité virtuelle et la réalité augmentée dans la mesure où le dispositif permettrait de « projeter » des éléments virtuels dans l'espace.


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