Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Allemagne

Installer les réfugiés à la campagne, la recette gagnante ?

« Une communauté villageoise, c'est la chance idéale de s'intégrer »

Des réfugiés qui attendent d’être répartis dans les différentes campagnes allemandes. Archives/AFP

Quelle place faire aux réfugiés dans les communautés rurales? Comment faire en sorte qu'ils restent et contribuent à revitaliser les villages ? Les interrogations se bousculent dans les campagnes allemandes brusquement confrontées à l'arrivée de milliers de nouveaux habitants.
Wolfgang Borst, maire de la commune bavaroise de Hofheim et ses 5 000 habitants, fait partie des enthousiastes. « Nous pensons que nous allons gagner plein de nouveaux citoyens », se réjouit celui, qui, depuis des années, lutte contre le dépeuplement du bourg. Sur quatre jeunes Syriens résidant à Hofheim qui viennent d'obtenir le statut de réfugiés, « un seul va partir, les trois autres restent », se félicite-t-il.
M. Borst est venu témoigner à la Semaine verte à Berlin, grand-messe allemande de l'agriculture, tout juste terminée et où la thématique des réfugiés à la campagne a fait l'objet de tables rondes et de panels. Avec, à la clé, pour beaucoup d'intervenants, le constat que les nouveaux arrivants sont une chance pour les régions concernées. Et que, pour les intéressés, se retrouver en rase campagne peut être une aubaine.
Ceux qui ont atterri à Hofheim ont eu droit à un chaleureux accueil. Un « groupe de soutien asile », créé dès 2014 par Hofheim et six communes des alentours, organise des cours d'allemand et de code de la route, ou encore des activités sportives pour les 224 migrants répartis dans la zone.

« Laboratoire d'intégration »
« Le monde rural est un laboratoire d'intégration », s'emballe Karl-Friedrich Thöne, directeur du département « Espaces ruraux » au ministère de l'Agriculture de Thuringe (Est). « Dans le monde rural, il ne peut pas y avoir de sociétés parallèles » comme dans certains quartiers des villes qui se muent en ghettos, « une communauté villageoise, c'est la chance idéale de s'intégrer », affirme-t-il.
Gudrun Kirchhoff, coordinatrice sur les sujets « réfugiés » à l'Institut allemand d'urbanisme, cite « le faible coût de la vie et les prix bas de l'immobilier, l'absence de ségrégation dans l'habitat, la vitalité de la vie associative » comme autant de « facteurs de succès » de l'intégration des réfugiés dans les petites villes et petits villages. Elle énumère également une série d'obstacles : « L'habitat dispersé, le mauvais réseau de transports publics, la difficulté à rejoindre les services » comme les cours de langue ou les médecins, « des structures sociales figées », avec des idées clairement ancrées de « ce qui se fait et qui ne se fait pas », et par endroits « un racisme latent ».
L'Allemagne a vu arriver plus d'1,5 million de candidats à l'asile depuis 2014. À leur arrivée, ils sont dispatchés dans toute l'Allemagne, et les localités de toutes tailles ont été mises à contribution.
Gransee, à 65 kilomètres au nord de Berlin, 4 000 habitants, s'est ainsi vu doter d'un foyer d'hébergement de 80 places et « au départ les réactions ont été hostiles », raconte Klaus Pölitz, cofondateur dès 2014 de l'initiative « Bienvenue à Gransee » qui a travaillé à « bien préparer l'arrivée des migrants et faire tomber les préjugés ».

« Jalousies »
Pour l'arrivée de la toute première famille serbe, en 2014, le maire et lui ont fait traduire par Google un petit discours de bienvenue et sont allés le délivrer en serbo-croate phonétique à la porte des nouveaux venus, hilares de certaines tournures, raconte M. Pölitz.
Assignés à résidence le temps d'examiner leur dossier, les migrants peuvent s'établir où bon leur semble une fois obtenu le statut de réfugié, et beaucoup s'en vont, mus par la perspective de retrouver des compatriotes ou de meilleures chances d'emploi dans les villes.
M. Thöne milite pour une obligation de résidence – telle que le gouvernement l'envisage. De manière générale, « il faut créer un système d'incitations pour les faire rester » à la campagne, argue-t-il, « une politique proactive de recrutement ». Avec un écueil à éviter, « la mise en concurrence » avec les populations déjà installées, qui peut faire naître « des jalousies », met en garde Gerlinde Augustin, directrice d'un institut de politiques publiques en milieu rural. Une famille qui attend depuis des mois une place en crèche ne comprendra pas que de nouveaux arrivants s'en voient proposer une tout de suite, par exemple.
Accueillir durablement des réfugiés « ne convient pas à chaque village », juge Timm Fuchs, de la Fédération nationale des communes, estimant que les localités « économiquement fortes » sont mieux à même de relever le défi.

(Source : AFP)

Quelle place faire aux réfugiés dans les communautés rurales? Comment faire en sorte qu'ils restent et contribuent à revitaliser les villages ? Les interrogations se bousculent dans les campagnes allemandes brusquement confrontées à l'arrivée de milliers de nouveaux habitants.Wolfgang Borst, maire de la commune bavaroise de Hofheim et ses 5 000 habitants, fait partie des enthousiastes. « Nous pensons que nous allons gagner plein de nouveaux citoyens », se réjouit celui, qui, depuis des années, lutte contre le dépeuplement du bourg. Sur quatre jeunes Syriens résidant à Hofheim qui viennent d'obtenir le statut de réfugiés, « un seul va partir, les trois autres restent », se félicite-t-il.M. Borst est venu témoigner à la Semaine verte à Berlin, grand-messe allemande de l'agriculture, tout juste terminée et où la...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut