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Nos lecteurs ont la parole - Ronald Barakat

Général, aujourd’hui je vous aime

Cher général Aoun,
Je dois vous avouer que je vous ai presque de tout temps haï, et plus précisément depuis la « guerre d'élimination » de 1990, lorsque vous aviez engagé l'armée libanaise dans un conflit des plus sanglants avec les Forces libanaises, conflit qui a déchiré le « pays chrétien », et le pays tout court, et qui a entraîné les conséquences désastreuses que nous savons tous, pour les avoir douloureusement – et longtemps – endurées. Ma haine envers vous a un peu baissé durant la période de votre exil, par compassion, mais aussi par sympathie pour vos positions et votre action politiques qui étaient en phase avec les miennes, les « nôtres », surtout en voyant mes camarades et vos partisans dans la même « tranchée » contre l'occupant, dans les mêmes geôles, dans les mêmes « ateliers » de torture, dans les mêmes planques, dans les mêmes activités militantes et les mêmes manifestations. J'avais commencé à vous aimer aux premiers éclats de la Révolution du Cèdre, et surtout à la « supernova » du 14 mars 2005 à laquelle votre participation a donné un rayonnement décisif. Mais cet embryon d'amour a vite fait d'être avorté par votre volte-face aux élections législatives qui ont suivi (bien que ce ne fût pas tout à fait de votre faute), laquelle a freiné l'élan de la Révolution du Cèdre, sans toutefois l'arrêter. Ma haine envers vous a repris depuis pour atteindre son apogée en février 2006, lors de la signature de votre « document d'entente » (opportuniste) avec le Hezbollah. Et depuis, ma haine s'est alimentée, comme un feu, de vos positions provocatrices et vos propos incendiaires... jusqu'aux négociations sur la « déclaration d'intentions » entre votre parti et les Forces libanaises. Ce rapprochement a vu mon hostilité baisser à nouveau jusqu'à son extinction à la signature officielle du document, en juin 2015. Mes sentiments positifs renaissants ont commencé à remonter la pente lorsque j'ai constaté que cette entente n'était pas une manœuvre et se traduisait par une trêve médiatique réelle entre le CPL et les FL et des alliances concrètes sur des dossiers tels que le « recouvrement de la nationalité » et la loi électorale. Mes bons sentiments et bonnes dispositions envers vous ont encore augmenté lorsque le « compromis Frangié » m'est tombé comme une tuile sur la tête, au point où j'ai commencé à vous considérer comme « un moindre mal » pour la présidentielle, étant donné qu'il existe entre nous une résistance et des épreuves communes, et maintenant une « déclaration d'intentions ».
Et ce moindre mal de se convertir en bien lorsque je vous ai vu faisant votre entrée à Meerab, tout rayonnant, accompagné de votre « ex-ennemi juré », lui aussi rayonnant, en ce jour historique du 18 janvier 2016. Vous paraissiez si bon, si ému, si grand ; vous étiez si heureux, si souriant, vous répandiez une si bonne lueur, de bonne humeur et de bienveillance, à cette assistance, longtemps hostile et maintenant conquise ; la bête jusque-là si noire était devenue un agneau si blanc que mon cœur a explosé d'amour pour vous, et vous a tout pardonné d'un coup.
Oui, maintenant je vous aime, général. Je vous aime pour avoir « tourné la page noire » et même « l'avoir brûlée » ; pour avoir brisé le cercle vicieux du passé, « sans toutefois l'oublier pour ne pas le répéter », pour l'avoir brisé par la force du pardon, car on ne peut se laisser indéfiniment enfermer dans ce cercle, rempli de rancœur et de véhémence, et enfermer avec soi toute une communauté, voire un peuple. Je vous aime pour avoir « purifié la mémoire » de votre histoire conflictuelle avec les FL et son chef, sans perdre la mémoire, pour en tirer les leçons. Je vous aime pour avoir articulé votre discours de candidature autour des termes de la « déclaration d'intentions » conclue avec votre partenaire, et même d'avoir promis de l'intégrer à votre serment d'investiture. Il faut avoir bien lu les clauses de cette « déclaration » pour comprendre la portée éminemment patriotique d'un tel engagement.
Oui, aujourd'hui je vous aime, n'en déplaise aux rancuniers et aux détracteurs, que j'invite à vous aimer aussi, à faire preuve, comme vous et comme votre nouvel « ami juré », de miséricorde toute chrétienne, car cette réconciliation interchrétienne se place dans son timing, comme je la vois, sous le signe du Jubilé de la miséricorde.
Je vous aime d'autant plus que vous avez déclaré que « la réunion de Meerab est plus importante que l'élection présidentielle elle-même », car en effet cette réunion n'est autre qu'une « union des chrétiens du Liban », en prévision d'une véritable union nationale, laquelle ne peut se réaliser sans une union communautaire d'abord, puis intercommunautaire ensuite.
Je vous aime aujourd'hui pour avoir saisi et transmis la profondeur symbolique de votre visite à Meerab, son caractère historique et sa portée nationale. Il ne m'appartient peut-être pas de le dire, mais vous avez accompli une grande part de votre rédemption, en ce jour du 18 janvier 2016.
Pour tout ce qui précède, et pour tout ce qui va suivre par la grâce de Dieu et Sa miséricorde, je vous aime.
Quant au Hakim, il n'a pas à se sentir jaloux de mon sentiment pour vous car lui, je l'ai toujours aimé... et il le sait.

Ronald BARAKAT

Cher général Aoun,Je dois vous avouer que je vous ai presque de tout temps haï, et plus précisément depuis la « guerre d'élimination » de 1990, lorsque vous aviez engagé l'armée libanaise dans un conflit des plus sanglants avec les Forces libanaises, conflit qui a déchiré le « pays chrétien », et le pays tout court, et qui a entraîné les conséquences désastreuses que nous savons tous, pour les avoir douloureusement – et longtemps – endurées. Ma haine envers vous a un peu baissé durant la période de votre exil, par compassion, mais aussi par sympathie pour vos positions et votre action politiques qui étaient en phase avec les miennes, les « nôtres », surtout en voyant mes camarades et vos partisans dans la même « tranchée » contre l'occupant, dans les mêmes geôles, dans les mêmes...
commentaires (4)

Général, aujourd’hui je vous aime TOUCHANTE ET HAUTEMENET EDIFIANTE CETTE BELLE CHANSON D'AMOUR POUR UN GENERAL DESERTEUR ET IMPOSTEUR AYANT CAUSEE DES RAVAGES AU NOM DE SES GUERRES DE LIBERATION ET DE LIQUIDATION BIDON,ET QUI A LE CULOT DE SE PRESENTER EN GRAND "PARDONNEUR" A MEERABIEH. LE PROBLEME C'EST QU'IL PARDONNE A QUI? A TOUTES LES VICTIMES QUE SES GUERRES ONT PROVOQUEES? AU PAYS QU'IL A SACCAGEE ET A SES OFFICIERS QU'IL ABANDONNEES AVANT DE PRENDRE LA FUITE ? AUX BAASSYRIENS ET A LEURS SUPPOTS QUI CONTINUENT A DETRUIRE LE LIBAN? AU 14 MARS ET A SES SUPPORTERS BERNEES QU'IL A TRAHIS ET AUX PRINCIPES QU'IL A RENIEES? TRES BELLE PAROLES D'AMOUR ,POUR DE LA TRES DE LA MAUVAISE LECTURE POLITIQUE.

Henrik Yowakim

13 h 36, le 24 janvier 2016

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Commentaires (4)

  • Général, aujourd’hui je vous aime TOUCHANTE ET HAUTEMENET EDIFIANTE CETTE BELLE CHANSON D'AMOUR POUR UN GENERAL DESERTEUR ET IMPOSTEUR AYANT CAUSEE DES RAVAGES AU NOM DE SES GUERRES DE LIBERATION ET DE LIQUIDATION BIDON,ET QUI A LE CULOT DE SE PRESENTER EN GRAND "PARDONNEUR" A MEERABIEH. LE PROBLEME C'EST QU'IL PARDONNE A QUI? A TOUTES LES VICTIMES QUE SES GUERRES ONT PROVOQUEES? AU PAYS QU'IL A SACCAGEE ET A SES OFFICIERS QU'IL ABANDONNEES AVANT DE PRENDRE LA FUITE ? AUX BAASSYRIENS ET A LEURS SUPPOTS QUI CONTINUENT A DETRUIRE LE LIBAN? AU 14 MARS ET A SES SUPPORTERS BERNEES QU'IL A TRAHIS ET AUX PRINCIPES QU'IL A RENIEES? TRES BELLE PAROLES D'AMOUR ,POUR DE LA TRES DE LA MAUVAISE LECTURE POLITIQUE.

    Henrik Yowakim

    13 h 36, le 24 janvier 2016

  • Des points d'interrogations a leur place ?????

    Soeur Yvette

    11 h 46, le 24 janvier 2016

  • Pourquoi ce chant d'amour pour Michel Aoun qui n'a pas encore renié le "document d'entente" (opportuniste) avec le Hezbollah. Arrêtez votre disque, vous le remettrez après le reniement, s'il aurait lieu.

    Annie

    12 h 42, le 23 janvier 2016

  • Amen !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    09 h 53, le 23 janvier 2016

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