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Diaspora

Une avenue au nom du Dr Alberto Miguel Abdala à Kelhat, dans le Koura

Saga

Le petit-neveu d'un fils d'émigrés à la carrière fulgurante en Uruguay revient au pays pour lui rendre hommage.

18/01/2016

Alberto Miguel Abdala né à Maldonado, en Uruguay en 1920, a désormais une rue en son nom au village dont sont issus ses parents, Miguel Abdala et Sara Jorge. Ceux-ci avaient pris le chemin de l'émigration en 1889, poussés par les mêmes motifs que bien d'autres : les problèmes économiques et sociaux, notamment. Le couple s'est dirigé vers San Carlos, district de Maldonado, Uruguay, pays appelé à l'époque la «Suisse de l'Amérique». Miguel a travaillé en Uruguay dans le commerce du tissu et ils sont ensuite partis à la ville de Maldonado, capitale du district.
Le couple Abdala a eu dix enfants: deux filles – Maria qui a étudié la médecine, et Sara qui a fait la chimie pharmaceutique – et huit garçons – Juan, avocat ; Manuel, employé de banque; Luis, procureur et secrétaire au Sénat; Roli, colonel dans l'armée; Fernando, avocat; José, médecin; Washington et Alberto, avocats.
Alberto Miguel Abdala, formé en droit, était professeur de droit romain à l'Université de la République, et peintre. Alberto était membre du parti Colorado, l'un des partis politiques les plus anciens d'Uruguay, fondé en 1836. En tant qu'homme politique, il a occupé en 1949 le poste de secrétaire du président de la République de l'époque, Luis Batlle Berres (1947-1951).
En 1950, Alberto a été élu député pour deux mandats. En 1956, il a été nommé ministre de l'Intérieur, puis membre du Conseil national du gouvernement (de 1963 à 1967), et en 1958, il a été élu sénateur. Son discours au Sénat se caractérisait par sa lutte pour la justice sociale, pour la paix, la souveraineté, les institutions et la démocratie, dans les moments difficiles que traversait le pays. Cette lutte a révélé son caractère soucieux des problèmes de la «polis» (en grec) et de ses habitants.
En 1967, Alberto Abdala est devenu vice-président de la République d'Uruguay (1967-1972). Durant son mandat, il a visité le Liban. Submergé par l'émotion à son arrivée, il a embrassé la terre des cèdres, celle de ses ancêtres. À cette même occasion, il a reçu la médaille de l'ordre du Cèdre du président libanais de l'époque, Charles Hélou, et a visité la ville de Kelhat, où les habitants l'ont chaleureusement reçu. Ainsi de 1949 à 1972, Alberto Abdala a occupé de hautes fonctions politiques en Uruguay et a cherché à maintenir ses liens avec le Liban, terre de ses ancêtres. Resté célibataire, il s'est retiré de la vie publique et il est décédé à Montevideo, en 1986.

Un descendant « amoureux du Liban »
Pour rendre hommage à son grand-oncle, ce citoyen du cœur de Kelhat, Luis de la Fuente Abdala, avec l'appui de l'ambassadeur d'Uruguay au Liban, Marta Inêz Pizzanelli, et du président de la municipalité de Kelhat, a entrepris les démarches nécessaires pour nommer une avenue au nom d'Albert Miguel Abdala dans ce village.
Luis de la Fuente Abdala, avocat dans le domaine du droit administratif, familial et commercial, est marié avec Paola Leoncini, d'origine italienne. Il a des enfants jumeaux, Juan Andrés et Emma Maria. Lui aussi est un grand amoureux du Liban. Il est fils de Reynaldo Jesús de la Fuente Ortiz, uruguayen-espagnol, militaire de la marine de guerre d'Uruguay, et d'Hélène Teresa Abdala Silveira, d'origine libanaise, médecin dermatologue.
Pour l'inauguration de l'avenue Dr Alberto Miguel Abdala à Kelhat, Luis de la Fuente Abdala est venu au Liban, pays qu'il a déjà visité deux fois. Ainsi, en compagnie de l'ambassadrice Pizzanelli et d'autres amis, il a été chaleureusement reçu à Kelhat par le président de la municipalité et les habitants de la ville. Une pancarte à l'entrée de la ville disait : « Dr Luiz de la Fuente Abdala, bienvenue à Kelhat, votre ville. » À l'occasion, le peintre uruguayen, Damián Ibarguren Gauthier, a réalisé une peinture murale au début de l'avenue afin de faire la référence d'amitié franco-uruguayenne.
Durant ce voyage, Luis de la Fuente Abdala a éprouvé la joie des rencontres avec des parents, des amis. En tant que chercheur, il a donné des conférences sur les Libanais émigrés en Uruguay, au Centre d'études sur l'émigration libanaise (LERC-NDU) et à l'Université Balamand. Il a visité le Centre des études et cultures de l'Amérique latine (Cecal-Usek), toujours en compagnie de l'ambassadeur d'Uruguay, qui est à la recherche de toute sorte d'activités pour fortifier les relations entre les deux pays et les deux peuples amis. Il a dit, à l'occasion de sa visite au Liban : « Si l'on prend strictement en compte mes liens de sang avec le Liban, ils sont distants, car ils remontent à mes arrière-grands-parents maternels. Mais, en réalité, comme je vis et je ressens de l'affection pour ce pays, je suis probablement en ce sens un vrai Libanais. »

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