Deux ressortissants libanais kidnappés en Libye, et dont le cas a été d'abord associé à une sorte de vendetta en réponse à l'enlèvement et la détention au Liban d'Hannibal Kadhafi, le fils de l'ancien dictateur libyen Mouammar Kadhafi, auraient en fait été enlevés pour des raisons financières, selon le ministère des Affaires étrangères.
Les deux ressortissants libanais, Mohammad Moustapha Nozha et Khaled Moustapha Nozha, sont apparus hier dans un enregistrement faisant état de leur enlèvement. Dans la journée, un groupe se faisant appeler « La brigade du martyr Moutassem Billah Mouammar Kadhafi » a publié sur Facebook un enregistrement sonore non vérifié, dans lequel il affirmait avoir enlevé deux Libanais en Libye, réclamant, en échange, la libération d'Hannibal Kadhafi.
L'ambassadeur du Liban en Libye, Mohammad Sakina, a confirmé que deux Libanais avaient été enlevés à Benghazi il y a un mois. Cependant, « les motifs de l'enlèvement sont financiers, en l'occurrence un différend avec des associés à eux dans le milieu de la menuiserie », selon lui.
« Il n'y a aucun lien avec l'arrestation du fils de Kadhafi, sachant que l'enlèvement des deux Libanais a eu lieu avant cela », a indiqué l'ambassadeur. « Les négociations impliquant l'ambassade du Liban et les parents des otages sont en cours, loin des feux des médias », a-t-il ajouté, exprimant sa crainte que la diffusion de la bande visuelle ne vise à servir à une opération d'escroquerie.
Les parents des deux hommes, natifs du village de Mouhammara, dans le Akkar, qui résident en Libye depuis 30 ans, ont confirmé à l'Agence nationale d'information que leurs enfants avaient été enlevés il y a 22 jours, mais que la famille avait préféré se taire pour donner toutes leurs chances aux négociations visant à les libérer. Cependant, la diffusion de la bande visuelle liant le double rapt à celui d'Hannibal Kadhafi a considérablement compliqué la situation. Aussi, la famille a-t-elle pressé le chef de la diplomatie et le ministre de la Justice d'agir, précisant que leurs enfants n'ont rien à voir avec le cas Kadhafi.
Signalons par ailleurs qu'un meeting de solidarité avec l'ancien député Hassan Yaacoub, arrêté depuis près de trois semaines dans le cadre de l'affaire Hannibal Kadhafi, a été organisé dans une mosquée à Nabaa, en présence de nombre de personnalités, dont M. Bassam Hachem, qui a prononcé une allocution au nom du général Michel Aoun.
Liban - Affaire Hannibal Kadhafi
Deux ressortissants libanais enlevés en Libye, le palais Bustros écarte la piste de la vendetta
OLJ / le 14 janvier 2016 à 01h30


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