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Culture - Portrait

Daniel Balavoine, l’antihéros

La vie de Daniel Balavoine, disparu le 14 janvier 1986, quoique courte, ne peut être résumée, mais sa vision peut être traduite à travers notre sélection de cinq titres et ses interventions à la télévision, toujours avant-gardistes et visionnaires. « Je ne fais pas de la variété », disait-il. Épris de musique et la plaçant comme prioritaire aux paroles sans les dénigrer, Balavoine – à qui on reconnaît une amplitude de trois octaves dans la voix – rêvait encore d'être un rocker à légitimité entière non pas un chanteur à succès, comme il le dit si bien dans sa chanson.

Tous les cris, les SOS
« Difficile d'appeler au secours quand tant de drames nous oppressent. Et les larmes nouées de stress étouffent un peu plus les cris d'amour de ceux qui sont dans la faiblesse. Et, dans un dernier espoir, disparaissent. »
Le chanteur, épris de justice et d'amour, ne pouvait que souffrir devant tant d'injustices. Ses paroles sont un cri de détresse qui témoignent de la dure réalité des pauvres, des marginaux, des laissés-pour-compte, de ceux qui sont hors la vie. Leur quotidien est à l'instar d'une blessure béante et qui saignera toujours. Qu'aurait-il pensé aujourd'hui en voyant ces migrants disparaître en mer dans les flots des vagues ?

L'Aziza
« Ta couleur et tes mots, tout me va. Que tu vives ici ou là-bas. Danse avec moi. Si tu crois que ta vie est là, ce n'est pas un problème pour moi. L'Aziza. Je te veux si tu veux de moi. »
L'Aziza, c'est la chérie en arabe, la chère, la précieuse. C'est aussi Corinne, sa femme. Dans ce titre, Balavoine rend hommage à sa compagne, juive d'origine marocaine. Elle est la mère de son fils Jérémie, et elle est enceinte à l'époque de sa fille, Joanna. Il s'insurge contre le rejet des étrangers. C'est la période où le Front national monte en puissance avec des législatives sur base de la proportionnelle voulues par François Mitterrand. Le climat social en France est lourd. « Je vis avec une femme qui est juive-marocaine. Aussi, lorsque j'entends certaines personnes dire qu'il faut foutre dehors les immigrés, j'ai peur qu'on me l'enlève. » Ce rebelle au grand cœur propose une solution unique : « Il faut avant tout aimer, ne jamais cesser d'aimer. » 

Mon fils, ma bataille
« Les juges et les lois, ça m'fait pas peur. C'est mon fils, ma bataille. Fallait pas qu'elle s'en aille. Oh, oh, oh. Je vais tout casser, si vous touchez au fruit de mes entrailles. Fallait pas qu'elle s'en aille. » Cette histoire, inspirée du film Kramer vs Kramer, est aussi son histoire personnelle. Le jeune Daniel Balavoine a alors 5 ans quand sa mère, après vingt ans de vie commune avec son père, rencontre un autre homme. Elle part habiter avec son nouvel époux à Nice. Le chanteur en voudra toujours à ses parents de s'être séparés.

Le SOS d'un Terrien en détresse
« Pourquoi je vis, pourquoi je meurs. Pourquoi je ris, pourquoi je pleure. Voici le SOS d'un Terrien en détresse. J'ai jamais eu les pieds sur Terre. J'aim'rais mieux être un oiseau. J'suis mal dans ma peau. »
Les questions existentielles ont toujours été au centre des chansons qu'il a interprétées. Chanteur engagé, pour les autres et pour la vie, il n'aurait jamais admis de passer à côté de démunis sans partager leur détresse. Être comme un oiseau est une image prémonitoire, puisqu'il est mort dans un accident d'hélicoptère lors du rallye Paris-Dakar.

Sauver l'amour
« Partir effacer sur le Gange la douleur. Pouvoir parler à un ange en douceur. Lui montrer la blessure étrange, la douleur d'un homme qui voudrait trouver, en douceur, au fond de lui, un reste de lueur. L'espoir de voir enfin, un jour, un monde meilleur. »
C'est pour toutes ces raisons qu'il se verra confier la responsabilité de l'opération Pompes à eaux pour l'Afrique, qui l'amène à repartir sur le Paris-Dakar, non pas en tant que concurrent, mais comme ambassadeur du Paris du cœur. Avec le directeur de la course Thierry Sabine, il supervisera cette opération. C'est au cours de cette tâche, qui s'encadre bien dans une mission plus globale, le sauvetage de l'amour, que Daniel Balavoine trouvera la mort.

La vie de Daniel Balavoine, disparu le 14 janvier 1986, quoique courte, ne peut être résumée, mais sa vision peut être traduite à travers notre sélection de cinq titres et ses interventions à la télévision, toujours avant-gardistes et visionnaires. « Je ne fais pas de la variété », disait-il. Épris de musique et la plaçant comme prioritaire aux paroles sans les dénigrer, Balavoine – à qui on reconnaît une amplitude de trois octaves dans la voix – rêvait encore d'être un rocker à légitimité entière non pas un chanteur à succès, comme il le dit si bien dans sa chanson.
Tous les cris, les SOS« Difficile d'appeler au secours quand tant de drames nous oppressent. Et les larmes nouées de stress étouffent un peu plus les cris d'amour de ceux qui sont dans la faiblesse. Et, dans un dernier espoir,...
commentaires (1)

Il est parti trop tôt. Di3ano.... c'était un génie qui dérangeait. Il dénonçait les guerres et le mensonge des dirigeants... Sa mort avait été "souhaitée", à un moment...

lila

07 h 20, le 13 janvier 2016

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Commentaires (1)

  • Il est parti trop tôt. Di3ano.... c'était un génie qui dérangeait. Il dénonçait les guerres et le mensonge des dirigeants... Sa mort avait été "souhaitée", à un moment...

    lila

    07 h 20, le 13 janvier 2016

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