Cedar Executive a acquis son premier Legacy 500 pour 19 millions de dollars. Photo S.R.
Vol aller-retour à Adana (Turquie), visite express et déjeuner dans un restaurant renommé de la ville... Pour présenter à la presse écrite son nouveau service d'aviation privée haut de gamme, la Middle East Airlines (MEA) n'a pas lésiné sur les moyens de séduction.
Sa filiale Cedar Executive a réceptionné la semaine dernière son premier Legacy 500 de l'avionneur brésilien Embraer. Entré en service fin 2014, ce biréacteur peut voler jusqu'à mach 0,82 (environ 1013 km/h) et à une altitude de 45 000 pieds – soit 13716 m ; la norme se situant autour de 10 000 m pour un vol long-courrier classique – afin d'éviter au maximum les turbulences. « Nous avons acquis cet avion pour 19 millions de dollars (financés par un prêt contracté auprès de la IBL Bank, NDLR) et disposons d'une option sur la livraison d'un second en 2017. Cet appareil nous a convaincus car c'est l'un des plus modernes et silencieux de sa gamme », affirme le PDG de la MEA, Mohammad el-Hout.
Doté des dernières innovations technologiques, dont des commandes de vol informatisées complètes, l'avion peut emmener jusqu'à neuf passagers et sera initialement loué au tarif de 4 500 dollars de l'heure (hors taxes et frais de stationnement prolongé). « Il dispose d'environ 6 heures d'autonomie et peut donc effectuer un vol direct jusqu'à Londres ou desservir New York, avec une escale en Irlande, par exemple », indique le commandant Hadi Azhari.
Confiance malgré les turbulences
Le choix de cette diversification commerciale peut à première vue sembler étrange pour la compagnie aérienne nationale qui a célébré en grande pompe ses 70 ans l'année dernière et n'a plus affiché de déficit depuis 2001. Car, depuis les débuts de la crise financière mondiale, le marché mondial de l'aviation privée traverse de fortes turbulences : selon un rapport du syndicat d'avionneurs Gama, le nombre de livraison de jets est passé de 1 317 en 2008 à 678 en 2013. « Nous répondons à une forte demande locale, des hommes d'affaires aux jeunes gens aisés désirant s'offrir une escapade de luxe », avance néanmoins M. Hout.
Une confiance qui contraste avec les déboires connus par les nombreuses compagnies d'aviation privée qui ont dû fermer leur porte au Liban, notamment du fait des coûts représentés par l'entretien des appareils, la formation continue des pilotes ou la nécessité de pouvoir fournir des services sur mesure à la dernière minute. « Les exemples de Qatar Executive ou de Delta Executive montrent que s'appuyer sur la force de frappe commerciale et logistique d'une grande compagnie constitue un atout indéniable », plaide Randa Kammoun, directrice des opérations de Cedar Executive. « Nous espérons être rentables dès la deuxième année d'exercice (pour un résultat prévisionnel non communiqué, NDLR) et allons continuer à développer en parallèle nos services d'assistance aux propriétaires d'avions privés, une activité très profitable que nous menons depuis dix ans », ajoute-t-elle.
C.N.
(à l'invitation de la MEA)

