Detroit, la capitale de l’automobile américaine. William Edwards/AFP
Vitrine de l'automobile mondiale, le Salon de Detroit (nord des États-Unis) s'ouvre cette année sous de meilleurs auspices avec une croissance retrouvée, malgré de retentissants scandales dont l'affaire Volkswagen. Pour cette 28e édition, qui s'ouvre aujourd'hui et se déroule jusqu'au 24 janvier, une dizaine de grands noms du secteur seront présents pour dévoiler leurs nouveaux modèles. SUV, crossover et pick-up équipés de gadgets technologiques et prisés par les Américains devraient prédominer.
Les constructeurs General Motors (GM), Ford et Fiat-Chrysler, qui jouent à domicile, ambitionnent de tenir les premiers rôles. GM va présenter la Buick Envision, un SUV fabriqué en Chine et destiné au marché américain, une première. Ford va lever le voile sur la renaissance d'un mythe : la version commerciale de la fameuse Lincoln Continental, ressuscitée quatorze ans après l'abandon de sa fabrication. Quant à Fiat-Chrysler, son nouveau monospace Chrysler Town & Country, dont les versions précédentes ont été des best-sellers, est attendu. Chez les constructeurs européens, Daimler doit présenter la nouvelle Mercedes Classe-E, un élément essentiel de sa gamme moyenne-haute avec des équipements technologiques dernier cri la rendant semi-autonome.
D'autres nouveautés sont attendues, les constructeurs jouant toujours de l'effet de surprise pour créer l'événement dans ce genre de manifestation. Des rumeurs annoncent par exemple que GM pourrait présenter une nouvelle version de sa mythique Corvette, tandis que Ford pourrait faire une annonce majeure dans la voiture sans chauffeur. Rien n'a filtré du côté de Volkswagen et de ses marques haut de gamme Audi et Porsche, qui sont éclaboussées par le scandale de moteurs diesel truqués destinés à fausser les résultats des tests antipollution. Le géant allemand aux douze marques, désormais attaqué en justice par les autorités américaines, devait apprendre la veille du Salon si ce scandale va lui coûter la place de premier constructeur mondial qu'il espérait obtenir après avoir fait quasiment jeu égal avec le nippon Toyota en 2014.
Une ombre au tableau
Matthias Müller, le nouveau directeur général, sera présent à Detroit. Analystes et observateurs s'attendent à ce qu'il y affiche de l'humilité et fasse un mea culpa public pour redorer l'image du groupe.
Les acteurs de l'automobile futuriste – Tesla, Google, Apple, Uber, Lyft, Atieva, Next EV, Faraday Future, Mobileye, Nvidia – brilleront par leur absence, même s'ils seront dans la plupart des esprits tant leur arrivée paraît avoir créé un « big bang » et redistribué les cartes. Seul un responsable de Google, qui teste actuellement sa voiture sans chauffeur dans des rues de la Silicon Valley, participera à une table ronde organisée en marge du Salon. Ces absences et celles tout aussi remarquées d'une grande partie des griffes de luxe dont Cadillac, ex-régionale de l'étape, qui préfèrent s'exposer à New York ou Las Vegas, sont la seule ombre au tableau. « Detroit est et restera l'endroit où tout constructeur se doit d'être présent », affirment néanmoins les organisateurs, qui ont choisi comme slogan « Toutes les routes mènent à Detroit ».
La capitale de l'automobile américaine, nichée près de la frontière avec le Canada, doit toutefois partager les lauriers avec la Silicon Valley, qui entend désormais dessiner l'avenir des modes de transport. En attendant, le contexte actuel d'essence pas chère et le boum des technologies ont ramené les consommateurs chez les concessionnaires, en particulier en Europe et en Chine, qui reste le premier marché mondial en dépit du ralentissement économique.
Aux États-Unis, c'est l'euphorie, six ans seulement après la déconfiture de General Motors et de Fiat-Chrysler : en 2015, quelque 17,5 millions de voitures y ont été vendues, un record depuis 2000. La rentabilité de nombre de constructeurs s'est améliorée, aidée par des marges plus importantes en raison de l'appétit des consommateurs pour les grosses voitures aux transactions souvent plus élevées. GM a affiché une marge opérationnelle de 11 % au 3e trimestre, soit une performance rare dans le secteur. À l'inverse, l'Amérique latine (Brésil, Argentine, Venezuela) et la Russie sont en déclin. Ces marchés, autrefois importants pour les constructeurs américains, sont plombés par la dévaluation de leurs monnaies et les difficultés économiques.
(Source : AFP)


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