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Nos lecteurs ont la parole - Ghada Jabak

Post mortem

La seule vérité dont je sois sûre, même aujourd'hui, c'est que nous faisions l'amour avec passion. Un avantage pour notre relation, et ce dès le début. Te souviens-tu du passé ? Cela n'a pas changé. Rebondissement, comme on dit.
Moi, je t'aime. J'en suis certaine. Mais m'aimes-tu ? M'as-tu jamais aimée ? J'avais de grands doutes et ma peur de faire face à cette réalité me coupait le souffle, agitait mon cœur, mon pauvre cœur qui se malmenait pour te trouver des excuses.
Ton « crash » d'autrefois ne m'a pas assommée, pas vraiment. Tu es parti vers elle. Tu m'as dit que tu voulais te sentir désiré et te venger de moi, je t'ai dit que tu voulais satisfaire un désir, désir inassouvi, désir enfoui qui s'est montré au jour quand il en a eu l'occasion. Des excuses. Tu en as toujours, tu en es le maître, mon chéri.
Et dire que tu me soupçonnais d'être en relation avec lui ! Quelle horreur ! T'innocenter, te déculpabiliser, projeter ta faute pour dormir tranquille. D'ailleurs, tu dors maintenant, tu as le visage d'un ange. Et à te regarder, je fonds. Tu es trop beau, mon chéri. Comment te lâcher ?
Mais la rage me consume. La colère ne me laisse aucun répit. J'ouvre les yeux et me rappelle mes blessures encore fraîches qui suintent, et tu dors, tranquille. Et à l'idée que tu m'aies traitée comme une chienne, tu m'aies souillée, m'aies défigurée devant elle, que tu aies couché avec elle dans notre lit, je ne puis respirer ! Respirer ? Je ne vis plus. Mon corps m'obéit, mais mon âme est morte. Je me sens laide et exploitée. Laide parce que j'ai trahi mes principes, me suis trahie, et exploitée parce que, à chaque faille, je te pardonnais.
Bérénice lui a crié : « Cruel » ! Je pense qu'il n'y a pas d'autre mot pour qualifier ton acte lâche, tes atrocités et tes caprices !
Des preuves évidentes, mais je ne voulais pas voir. Je m'accrochais à mon haillon de bonheur. Je me disais que tu avais besoin de temps. Je me disais que j'étais aussi fautive que toi.
Des signes évidents, ton retrait, tes manœuvres, tes bêtises répétées et répétées... même rituel. Tu me blâmes pour des soi-disant excès. Je viens vers toi, te console, me culpabilise, et hop ! Une bêtise ! Tu n'en as pas marre ? La tentation est plus forte que toi. Dommage. Pour toi, pour nous.
Et je te parlais et j'espérais. Et tu me décevais. Et je te pardonnais. Je t'écrivais, m'entends-tu ? Je t'ai tout pardonné. Le comprends-tu ?
Je t'ai pris dans mes bras et j'ai pleuré. T'es conscient de la grandeur de mes actes ? Pourquoi les considérer comme ipso facto ? Pourquoi ne pas mettre à côté ton sale ego ? Merde, comme tu es bête ! !
Et merde, comme je suis petite !!
Cercle vicieux. Machiavélique, mon chéri. Tu as su comment t'user de moi. Je te félicite. Vraiment. Je ne suis pas capable de faire mieux.
Tu n'y crois pas, toi. Au fond, au fin fond de toi-même, tu n'en es pas convaincu. Aimer, c'est accueillir un autre soi, à l'intérieur de soi-même. Et toi, tu n'en es pas capable. Tu n'as que « toi », ce « toi » chéri, petit, ignoble, mesquin.
Et je te l'ai dit et je te l'ai répété. Peine perdue.
Et tu répètes sans cesse la même chanson : « Tu m'as castré. Je ne croyais plus en moi. Moi, viril. » Bon, tu t'es vengé, n'es-tu pas satisfait ? Que veux-tu encore ? Tu ne sais pas. Tu pleures comme un enfant, attrapé en flagrant délit. Tes fautes sont impardonnables. Fautes d'aujourd'hui.
Hier, c'est le passé. L'expérience douloureuse d'autrefois est une plaie que je soigne, mais tu viens remuer le couteau dans la plaie. Que cherches-tu à prouver ? Que tu es encore désiré ? Verser ton charme ainsi n'est pas une atteinte à ma dignité ? Pour qui me prends-tu ? Pour une chienne ? Et même les chiennes ont des sentiments, mon chéri. Et je les envie.
Je ne pleure plus. Je suis incapable de verser des larmes, je suis enragée. Et tu te justifies : « J'ai besoin de temps. Attends-moi. Je t'aime. » Fini.
Tu me rends malheureuse, je vis dans le doute. Affreux, le doute.
J'avais peur. Peur que tu m'aies insinuée, peur de rester seule, mais aussi peur de devenir « ma sœur ». Sœur que je méprise parce qu'elle ne s'est pas révoltée et est restée avec lui. Mais j'ai vaincu ma peur, j'ai appris ma leçon. Je suis femme et je suis désirée, et je suis belle, et je suis intelligente, et si je ne trouve pas l'homme qui respecte mon intelligence, tant pis ! Je vivrai seule, avec « moi ». Moi, je sais vivre seule, je n'en ai pas peur. Toi, tu n'en es pas capable. Tu mourras seul, mon chéri. Dans un trou, seul. Et je n'ai ni pitié ni compassion pour toi. Tu ne les mérites pas. Dans un trou, tout seul. Que je me sens heureuse à cette idée.
Des signes évidents. Je ne te parle plus. Tu ne mérites pas des explications. Tu es intelligent et je suis une petite collégienne, comme tu me l'as souvent répété... Qui d'autre que moi t'aurait pardonné tes gaffes ? Qui t'aurait accueilli comme je l'ai fait ? Mais merde ! Qui ?
Je te lâche. J'ai perdu espoir. Je regretterai nos nuits d'amour... Je les regretterai !
Mais bon, on ne peut tout avoir dans la vie, et elle ne vaut rien si on s'abaisse et on s'humilie pour des nuits d'amour qui, au lever du jour, s'évaporent pour laisser derrière elles un souvenir éphémère et une réalité amère. Et si mon cœur a l'audace de te réclamer, je prendrai une pelle et enterrerai ce lâche, ce traître de cœur qui te réclame. Le cœur trompe, mais la raison, jamais.
Je serai sur ma plage, je trinquerai à ta solitude. Tu mourras seul, mon chéri. Tu trouveras, peut-être, une femme à ta taille, petite. Moi, c'est extralarge !
Je t'embrasse. Je t'aime. Va-t-en. Fini. Et bonnes fêtes, chéri.

#Pensées_matinales
Ghada JABAK

La seule vérité dont je sois sûre, même aujourd'hui, c'est que nous faisions l'amour avec passion. Un avantage pour notre relation, et ce dès le début. Te souviens-tu du passé ? Cela n'a pas changé. Rebondissement, comme on dit.Moi, je t'aime. J'en suis certaine. Mais m'aimes-tu ? M'as-tu jamais aimée ? J'avais de grands doutes et ma peur de faire face à cette réalité me coupait le souffle, agitait mon cœur, mon pauvre cœur qui se malmenait pour te trouver des excuses.Ton « crash » d'autrefois ne m'a pas assommée, pas vraiment. Tu es parti vers elle. Tu m'as dit que tu voulais te sentir désiré et te venger de moi, je t'ai dit que tu voulais satisfaire un désir, désir inassouvi, désir enfoui qui s'est montré au jour quand il en a eu l'occasion. Des excuses. Tu en as toujours, tu en es le maître, mon chéri.Et...
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