Je me souviens de cette histoire qui courait les salons du temps béni de ma jeunesse. Une superbe jeune fille de bonne famille convolait en justes noces avec un homme de l'âge de son père, le visage plissé par les rides, le cheveu rare, le geste hésitant, chaussant des lunettes aux verres gros comme ceux d'un périscope, flirtant dangereusement avec l'alzheimer, disposant toutefois d'une situation financière particulièrement florissante.
Comme on s'en étonnait, les questions curieuses, intimes, légitimes fusaient de toute part : « Est-elle borgne, aveugle sur les bords, sourde ?
Lui manque-t-il un bras, une main, un pied ? Est-elle folle, anormale, retardée mentale, suicidaire ? » Les gorges chaudes répondaient avec un clin d'œil entendu : « Elle est un peu enceinte. »
Dans quelques mois, le « un peu » sortira de son cocon, la mésalliance grandira, avec elle l'incompréhension écartelée entre un papa sénile, un pied déjà dans la tombe et une mère fofolle désabusée, en voulant même à son ombre de lui avoir volé sa prometteuse jeunesse. C'est comme ça depuis le début dans notre pays, on couvre une banale erreur par un crime.
Les demi-mesures, les arrangements boiteux, les tractations de l'ombre, c'est notre force. On ne parle pas, on se tait. Faire l'autruche, créer des diversions afin que le scandale n'éclate pas, n'éclabousse personne, continuer à vivre comme si de rien n'était. Avaler des couleuvres, gober les mensonges, raser les murs, se faire tout petit pour ne pas déranger ceux qui du fait de ce comportement poltron nous ont asservis.
Ce fut ainsi depuis la nuit des temps. Nous ne pouvons pas cacher notre fierté d'avoir été un pays de passage, les vestiges des différents colonisateurs qui ont foulé le sol de notre glorieuse patrie ne supportent aucun déni. On ne peut pas camoufler les colonnes de Baalbek, encore moins les citadelles et autres places fortes que les conquérants ont érigées.
Nous avons fait ami ami avec tout ce beau monde. Ces clients de passage qui ont profité de notre beau temps, de notre paysage, de notre situation géographique, à qui nous avons ouvert nos maisons et forcément nos lits, abusé de nos biens, pillé nos richesses, nous ont dressés l'un contre l'autre pour mieux nous manœuvrer, s'érigeant en unique et dernier recours.
Certes, nous en avons tiré le meilleur : la langue, la culture, l'éducation, l'ouverture d'esprit, la civilisation. Au change, nous n'étions pas perdants, sauf que nous avons gardé enfoui quelque part en nous cet esprit de servitude, de peur, de manque de confiance, de besoin de protection, de suivisme, d'allégeance à des forces qui nous sont totalement étrangères, dont souvent nous ne comprenons même pas le langage.
Le plus affligeant est que non seulement nous nous tenons au garde-à-vous pour exécuter leurs ordres, prendre leur parti, soutenir leurs bisbilles souvent en totale contradiction avec les intérêts propres à nos 10 452 km2. Plus encore, l'attente de cette manne qu'on lance comme un os à Médor pour avoir fait le beau. C'est dégradant !
Dégradant ? À mon humble avis, le terme est faible. Le peuple croule sous les immondices, assiste amorphe à sa propre déchéance, le seuil de la faillite est dépassé, l'eau, l'électricité, les soins, la justice, l'écolage, le bien-être de base, tout ceci est insignifiant, nul n'en parle. La prospérité, une chimère que même les contes de fées désormais ignorent.
Le peuple ! Mais quel peuple ? On lui a définitivement rabattu le caquet. Il est tellement médiocre qu'on l'a privé de démocratie, tandis que ses dirigeants sont, dirait-on, devenus une clique de mercenaires à la solde du plus offrant.
Avec le peuple de mon pays qui n'en peut plus de ces exactions, je suis un peu « enceinte » de ce comportement effarant, et là ce n'est plus une erreur qui sera couverte par un crime, ce sera une lame de fond qui emportera ces prédateurs assoiffés de richesse qui nous gouvernent.
Georges TYAN


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
SUPERBE ! NOTRE ABRUTISSEMENT EST SECULAIRE... NOTRE HEBETUDE EST L,HERBE SECHE QUOTIDIENNE QUE NOUS BROUTONS DANS LES ETABLES DE NOS PANURGES TRIBAUX... LEURS CAPRICES SONT NOS EAUX BENITES... ET LEURS STUPIDITES LES LOIS QUE NOUS SUIVONS SI BETEMENT.
10 h 47, le 09 janvier 2016