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Nos lecteurs ont la parole - Élie Michel Nasard

Cruelle et méprisable injustice

Je crois que la chose la plus horrible et la plus insupportable dans ce monde (du moins pour moi) est l'injustice. Plus on fouille dans le tiers-monde, plus on en trouve. En fait, elle y est omniprésente. Vous voulez mesurer le degré de civilisation d'un pays ? Observez son appareil judiciaire. L'honorable et célèbre Winston Churchill n'a-t-il pas une fois réagi aux propos d'une personne démoralisée (probablement un journaliste), durant les jours les plus sombres de la Seconde Guerre mondiale, lorsque la Grande-Bretagne était soumise aux bombardements intensifs et dévastateurs de l'aviation allemande, la Lűftwaffe, et qui se lamentait de toutes ces destructions, en la rassurant que tant que la justice suivait son cours normal, il n'y avait rien à craindre pour la Grande-Bretagne ? Comme Winston Churchill avait raison, car un pays et une société armés d'un tel pouvoir judiciaire sont indestructibles, s'ils en appliquent ne serait-ce que le minimum avec les autres pays également, ce qui est loin, hélas, d'être le cas. Ainsi, la Grande-Bretagne, dans son histoire à partir du XVIIIe siècle, s'est illustrée par sa justice intérieure, malgré quelques bavures. Mais il faut reconnaître aussi que cette situation est sérieusement et brutalement inversée envers les pays étrangers (surtout les plus faibles), à partir du moment où les intérêts britanniques rentrent en jeu, et où c'est la politique qui prend le dessus.
Récemment, j'ai été frappé par deux nouvelles, l'une bonne et l'autre mauvaise, que voici :
La première, la bonne, c'est ce que les médias ont rapporté au sujet d'une ex-Première ministre du Bangladesh, qui a été arrêtée, jugée pour corruption et condamnée à mort par pendaison. Qu'un pays, parmi les plus pauvres de la planète, qui exporte massivement sa main-d'œuvre à plusieurs destinations du monde, dont la nôtre, pour arriver à nourrir sa nombreuse population, possède une justice aussi honorable, digne des pays les plus civilisés, comme ceux de la Scandinavie ainsi que la Suisse (lesquels peuvent, sans trop d'effort, se permettre le luxe de maintenir un tel niveau, maintenant qu'ils font partie du club des nations les plus riches du monde), est un exploit devant lequel on ne peut que s'incliner. N'étant cependant pas expert en matière de politique intérieure bengalie, je veux bien espérer que ladite condamnation n'ait pas été motivée par une quelconque volonté de vindicte politique intéressée.
La seconde, la mauvaise, c'est ce que j'ai appris, par les journaux, comme quoi le ministre de la Santé Waël Bou Faour consacre le mardi de chaque semaine à recevoir les doléances et les supplications de citoyens libanais malades (ou par l'entremise de leurs proches, lorsqu'ils sont incapables de se déplacer, vu leur état) ayant un besoin pressant de soins médicaux ou d'interventions chirurgicales, et qui ne possèdent aucune couverture médicale, tout en n'ayant pas les moyens de financer leurs soins, et ce afin de les aider à entamer ou à poursuivre leurs traitements dans les hôpitaux gouvernementaux, sinon dans des hôpitaux privés, mais à la charge du gouvernement. Les humiliations que subissent ces pauvres infortunés sont insupportables, car ils arrivent de très bonne heure, la plupart en escaladant l'escalier (tellement l'ascenseur reste occupé), jusqu'à l'étage où se trouve le bureau du ministre, mais bien avant l'arrivée de celui-ci, et s'entassent dans la salle d'attente, les personnes debout dépassant de loin le nombre de celles qui sont assises, et puis commence l'interminable attente. Une femme, parmi ces dernières, a raconté qu'elle venait de Marjeyoun, qu'elle a quitté à 5h du matin, mais qu'elle garde encore un tout petit espoir que le ministre la reçoive, bien qu'il soit déjà midi et que celui-ci s'apprête à quitter son bureau (afin de poursuivre ses occupations ailleurs).
Je ne sais pas si c'est le ministre qu'il faut blâmer ou le système, mais ce que je sais, c'est qu'il n'est pas permis de traiter autant de citoyens libanais, qui ont le droit sacré de jouir des soins sanitaires, avec tellement de mépris et d'humiliation, en les forçant à venir, parfois de très loin (dans un pays dont certaines routes sont difficilement carrossables et dépourvu de transports publics), pour s'entasser au ministère de la Santé, comme du bétail, à attendre, parfois durant cinq heures d'affilée, une entrevue aléatoire avec le ministre, afin de quémander des soins, et parfois d'avoir à revenir le lendemain, faute d'avoir été reçu la veille (parce que le tour d'une partie d'entre eux n'est pas venu avant le départ du ministre). En tout cas, je me demande pourquoi il faut que ce soit le ministre en personne qui traite ces cas, alors que, dans le ministère, il y a plein de fonctionnaires qui pourraient, le cas échéant, le remplacer, sauf qu'on peut se faire beaucoup plus de clientèle électorale en agissant directement, évidemment, car au Liban, et en politique, tout est calculé d'avance et bien dosé.
Par ailleurs, tout le monde se demande ce qu'il est advenu du cas du meurtre du pauvre Georges Rif, alors que plusieurs témoins ont assisté au châtiment que le monstre-tueur a décidé de lui réserver, en l'assassinant en plein jour, au su et au vu de tout le monde. Qu'attend donc la justice pour le condamner à mort ? Que les proches de la victime se transforment en justiciers et récupèrent leur droit de leurs propres mains ?
Mais pour quelle raison une affaire aussi simple à juger prend-elle tellement de retard, si ce n'est pour céder aux pressions de certains milieux financiers (on devine facilement de qui il s'agit) ?
L'OLJ a bien voulu me publier un article en deux parties, parues les 17 et 18 septembre 2015, sur la corruption, comme étant le mal responsable de tous nos malheurs, point de vue que je reconfirme à présent, en ajoutant que le seul et unique remède de base à la situation chaotique et insupportable que nous vivons, c'est la réforme judiciaire. Mais pour y parvenir, il est impératif et très urgent de commencer par promulguer une loi électorale moderne, basée exclusivement sur la proportionnelle, avec de grandes circonscriptions, et de l'appliquer aussitôt après.
Une autre loi devrait être votée, sinon simultanément, du moins sitôt la nouvelle Assemblée élue : celle qui abrogera les immunités que notre système communautaro-politico-féodal avait imposées, tendant à protéger ses représentants pourris dans l'administration, l'Assemblée nationale, le gouvernement et l'appareil judiciaire, pour les mettre à l'abri des poursuites, afin qu'ils puissent continuer tranquillement à sucer le sang du peuple (surtout les plus faibles), comme des vampires, dans l'impunité la plus totale.
C'est seulement à ces conditions que nous pourrons espérer vivre dans un État de droit. Aussitôt ce vœu réalisé, nous aurions alors entamé la marche inexorable vers une société civilisée, uniquement régie par la loi, et nous nous ferons une place dans le concert des nations civilisées. C'est alors que nous pourrons espérer voir nos bourreaux, c'est-à-dire les politiques véreux et vendus, dont des députés et des ministres, ainsi que les fonctionnaires pourris, les voyous, les chefs de gang de narcotrafiquants, les protecteurs des jihadistes-takfiristes, etc., tous en prison, et que nous pourrons vivre en paix, sans peur, dans un pays modèle, juste, stable et prospère, dont nous serons fiers. Une fois cette étape franchie, nous serons capables de faire des prodiges, en profitant du génie de nos élites (voir mon article publié dans L'OLJ du 03/12/2015), que nous garderons chez nous au Liban, au lieu de les exporter. Imaginons un peu ce que ces élites seront capables de créer ou d'inventer puisque, même dans la situation épouvantable actuelle, où nous avons atteint le fond du gouffre, elles arrivent souvent à faire parler d'elles à travers le monde, après avoir remporté les premiers prix, comme dans pas moins de cinq ou six compétitions internationales récentes, dans les domaines de la robotique, du calcul mental et de l'architecture.

Je crois que la chose la plus horrible et la plus insupportable dans ce monde (du moins pour moi) est l'injustice. Plus on fouille dans le tiers-monde, plus on en trouve. En fait, elle y est omniprésente. Vous voulez mesurer le degré de civilisation d'un pays ? Observez son appareil judiciaire. L'honorable et célèbre Winston Churchill n'a-t-il pas une fois réagi aux propos d'une personne démoralisée (probablement un journaliste), durant les jours les plus sombres de la Seconde Guerre mondiale, lorsque la Grande-Bretagne était soumise aux bombardements intensifs et dévastateurs de l'aviation allemande, la Lűftwaffe, et qui se lamentait de toutes ces destructions, en la rassurant que tant que la justice suivait son cours normal, il n'y avait rien à craindre pour la Grande-Bretagne ? Comme Winston Churchill avait raison, car un...
commentaires (2)

CHEZ LES PANURGES DES TRIBUS ET LEURS MOUTONS LA JUSTICE EST TIRAILLEE ET CHOIT CHEZ LE PLUS FORT... CHEZ LE COMMUN DES MORTELS ELLE COUPE LES TETES... CERTES DES FAIBLES ET SOUVENT DES INNOCENTS...

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

10 h 57, le 08 janvier 2016

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Commentaires (2)

  • CHEZ LES PANURGES DES TRIBUS ET LEURS MOUTONS LA JUSTICE EST TIRAILLEE ET CHOIT CHEZ LE PLUS FORT... CHEZ LE COMMUN DES MORTELS ELLE COUPE LES TETES... CERTES DES FAIBLES ET SOUVENT DES INNOCENTS...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    10 h 57, le 08 janvier 2016

  • Franchement un pays de "génies".... mais m'jénîîînes, ce pays !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    06 h 31, le 08 janvier 2016

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