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Nos lecteurs ont la parole - Fadi El-Gemayel

Rétablir la boucle démocratique au Liban

Jour après jour, je vois sur Facebook des propositions de réformes, des idées, des suggestions qui semblent pragmatiques à première vue, émises notamment par un concitoyen, Georges Sabat, dont j'ai fait la connaissance sur ce média. Un de ses posts concernait un plan proposé pour l'éducation nationale au Liban en 2011. Ce plan aurait été établi avec des experts reconnus, proposés par la Banque mondiale. Il aurait été mis dans un tiroir, et, actuellement, nous serions en train de préparer un nouveau plan. Même s'il ne m'est pas donné de vérifier l'exactitude des propos cités par Georges, ce type de problèmes m'a été rapporté par des amis aux plus hauts niveaux de l'administration. Et Georges, excédé par l'incapacité de l'État libanais à mettre en place et déployer des plans efficaces pour traiter les vrais problèmes de citoyens à moyen-long terme (électricité, dette, éducation, etc.), de poser la question qui fait mal : comment se fait-il que nous en soyons là ? Pourquoi personne ne réagit ? Qu'est-ce qui ne tourne pas rond dans notre pays ? Il y a certainement beaucoup de facteurs qui pourraient expliquer le problème, mais il en est deux qui semblent particulièrement pertinents.

Un « establishment » politique fermé, mafieux et pourri
Le premier est pratiquement évident et revient en boucle dans les discussions de tous les jours : la classe politique libanaise, ou « l'establishment » comme il plaît à certains de l'appeler. Il n'est effectivement pas sorcier de se rendre compte que le système politique libanais est de nature féodale et qu'il autoalimente une mécanique confessionnelle et profondément mafieuse. Les emplois, la santé, les services et même la justice, les ingrédients de base d'une vie décente au jour le jour pour nos concitoyens, sont confisqués par une classe politique consanguine et mafieuse.
Si le premier facteur peut expliquer pourquoi nous en sommes dans une telle situation, un second permettrait de comprendre pourquoi nous n'en sortons pas.

La rupture de la boucle démocratique
Il est plus profond et plus subtil. Il se résume en un constat : la rupture de la chaîne démocratique au Liban. En effet, pour qu'une démocratie fonctionne, il faut quelques ingrédients de base : une Constitution démocratique, des citoyens éveillés, des partis politiques qui permettent à ces citoyens de débattre, de construire, de proposer et de porter au pouvoir leurs représentants pour mettre en exécution les programmes pour lesquels ils ont été élus... et les sanctionner au cours et à la fin de leurs mandats. En temps normal, cette boucle démocratique est entretenue notamment par une presse libre, une justice impartiale, une éducation à la citoyenneté et, bien entendu, par des partis politiques qui fonctionnent. Or nous ne sommes pas dans un temps normal. Il est évident que la citoyenneté libanaise est à reconstruire. Nous sortons de plusieurs décennies de guerre, et nous fonçons tête baissée dans les mêmes comportements qui l'ont engendrée : alignements externes, replis identitaires, etc. Aujourd'hui nous avons besoin plus que jamais d'apprendre des trente années de guerres et des occupations qui les ont suivies (1975-2005). Plus que jamais, notre génération a le devoir de tirer les enseignements de cette guerre et de préparer la paix pour nos enfants et les générations futures. Plus que jamais nous avons besoin de partis politiques qui permettent le débat, la réflexion et le dialogue sérieux, sincère et profond pour conduire à la mise en place d'un nouveau pacte social.

Des partis politiques cancérigènes
Et nos partis politiques... que dire de nos partis politiques. Ils brillent par leur absence. Creux de l'intérieur, ils deviennent les porte-voix peu consistants de leurs financeurs externes : Iran, Arabie saoudite, Qatar, etc. Ils sont vides, sans élections, sans débats, sans démocratie... instrumentalisés par leurs chefs éternels (et leurs dépendances) et/ou leurs entourages, évidemment drapés dans leurs plus beaux discours confessionnels et autres délires, du genre « le jeu des nations » ou « la guerre cosmique », pour masquer leur népotisme, trafics d'influence et autres activités mafieuses. La société civile joue son rôle, avec des associations très dynamiques au Liban et à l'étranger. Mais dans le meilleur des cas, elle ne peut que... jouer son rôle, à savoir être un aiguillon du politique. Mais elle ne peut le remplacer. Elle peut éveiller les citoyens, comme elle
l'a si bien fait autour du problème des ordures. Mais les citoyens gardent la clé.

Réinvestir le champ politique
Ainsi, pour répondre à la question de Georges, et à notre désir de changement et de réformes, il est indispensable de relancer nos partis politiques, afin que la boucle démocratique puisse redémarrer. Des réactions du style « la politique, c'est sale », « je ne veux plus entendre parler de politique », etc. sont certes légitimes, mais font que l'avenir de la cité est dessiné et décidé sans les citoyens... avec les résultats que nous connaissons. Il est ainsi urgent que chaque citoyen réinvestisse le champ politique, adhère au parti de son choix, fonde un nouveau parti si ça lui chante, avec un objectif clair et précis : relancer le débat politique interne dans ces partis, exiger la démocratie, les élections, la transparence financière, la bonne gouvernance ! Enfin, ça c'est l'option à prendre si nous voulons réellement construire la citoyenneté et la paix au Liban. Sinon, nous pouvons toujours nous lamenter, essayer d'oublier, ou expliquer que « ça a toujours fonctionné comme ça », voire entonner des odes à nos leaders favoris, laisser faire les politiciens, et attendre avec impatience la nouvelle guerre civile qui ne tardera pas à cueillir nos jeunes.

Fadi EL-GEMAYEL
Membre fondateur du Courant patriotique libre

Jour après jour, je vois sur Facebook des propositions de réformes, des idées, des suggestions qui semblent pragmatiques à première vue, émises notamment par un concitoyen, Georges Sabat, dont j'ai fait la connaissance sur ce média. Un de ses posts concernait un plan proposé pour l'éducation nationale au Liban en 2011. Ce plan aurait été établi avec des experts reconnus, proposés par la Banque mondiale. Il aurait été mis dans un tiroir, et, actuellement, nous serions en train de préparer un nouveau plan. Même s'il ne m'est pas donné de vérifier l'exactitude des propos cités par Georges, ce type de problèmes m'a été rapporté par des amis aux plus hauts niveaux de l'administration. Et Georges, excédé par l'incapacité de l'État libanais à mettre en place et déployer des plans efficaces pour traiter les vrais...
commentaires (2)

CHER REVEUR DE BONNE FOI... ICI C,EST LE LIBAN... C.A.D. L,HEBETUDE ET SA COUSINE L,HYSTERIE... ILS NE BOUCLENT PAS ! ILS DEBOUCLENT !

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

13 h 23, le 08 janvier 2016

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Commentaires (2)

  • CHER REVEUR DE BONNE FOI... ICI C,EST LE LIBAN... C.A.D. L,HEBETUDE ET SA COUSINE L,HYSTERIE... ILS NE BOUCLENT PAS ! ILS DEBOUCLENT !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    13 h 23, le 08 janvier 2016

  • Un "establishment" mafieux et pourri (sic). On ne parle pas de corde dans la maison d'un pendu. Sans autre commentaire.

    Annie

    16 h 08, le 07 janvier 2016

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