Le président Sader entouré notamment des nouveaux magistrats.
« La politique s'arrête à la porte de l'ascenseur du Conseil d'État. » C'est ce qu'a affirmé hier le président du Conseil d'État, Chucri Sader, lors de la cérémonie de prestation de serment de dix juges stagiaires devant les membres de la commission du Conseil d'État.
Ces juges ont été reçus au concours d'entrée de l'Institut d'études judiciaires. Constatant la rupture de la confiance du public envers les magistrats, ces derniers temps, le président Sader a assuré que « ce virus n'a pas touché les juges du Conseil d'État, ni même l'institution ».
« Nous sommes la seule institution qui continue à fonctionner en tant qu'institution, aussi bien au niveau de la qualité des décisions que des jugements prononcés par les juges », a-t-il observé, avant de faire remarquer qu'aucun des dix candidats reçus n'a bénéficié du moindre coup de pouce politique pour parvenir au Conseil d'État.
Présidée par Chucri Sader, la cérémonie s'est déroulée en présence notamment du commissaire du gouvernement auprès du Conseil d'État, Abdellatif Husseini, du président de la commission de contrôle judiciaire, Akram Baassiri, et des juges Albert Serhane et Nizar el-Amine. Étaient également présents la présidente et le directeur de l'Institut d'études judiciaires, respectivement Nada Dakroub et Souhail Abboud, de même que l'ancien ministre Khaled Kabbani, père de la juge stagiaire Nour Kabbani, et les familles des autres candidats reçus.
« Votre session est bénie car vous avez tous réussi sans points de rachat », a encore dit le président Sader aux candidats reçus. Et de souligner que le Conseil d'État, qui n'attribue guère de points de rachat, n'avait réussi à sélectionner que six candidats durant les deux années précédentes. « Le Conseil avait besoin de dix juges. Vous êtes 10 à avoir réussi », s'est-il félicité, invitant les nouvelles recrues à prêter serment et à faire preuve « d'engagement » dans cette « voie qui changera leur vie », avec en tête des engagements « l'éthique de la magistrature ».
« Le bureau du Conseil d'État, de même que la présidente et le directeur de l'Institut veilleront à façonner cette personnalité durant les trois prochaines années », a ajouté le président. Il a enfin invité les juges stagiaires, qui « rejoignent l'élite », à faire preuve de compétence et de solidarité, mais aussi d'impartialité, de modestie et de sens éthique.


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12 h 34, le 07 janvier 2016