Le cheikh Abbas Zogheib, envoyé par le vice-président du Conseil supérieur chiite, rendant visite le 31 décembre à la famille de Hassan Yacoub dans la mosquée al-Safa à Ras el-Nabeh. Photo Ani
Un sit-in a été organisé hier par des ulémas, des cheikhs et des notables de la Békaa à Bednayel, en signe de solidarité avec l'ancien député Hassan Yacoub. Les manifestations de solidarité de sa famille et de son entourage se multiplient depuis que l'ancien député a été interpellé et écroué pour son rôle présumé dans l'enlèvement au Liban de Hannibal, l'un des fils de l'ancien président libyen assassiné Mouammar Kadhafi.
Hassan Yacoub est le fils du cheikh Mohammad Yacoub, l'un des hommes portés disparus en même temps que le dignitaire chiite Moussa Sadr en Libye, le 31 août 1978, lors d'une visite officielle dans ce pays. Kadhafi a, depuis lors, été considéré comme responsable de cette disparition. La chute de son régime n'a pas apporté les réponses tant espérées à cette énigme.
L'ancien député du Courant patriotique libre (CPL), Salim Aoun, s'est exprimé hier durant le rassemblement. Il a estimé que « Hassan Yacoub défend une cause essentielle, qui concerne, certes, la communauté chiite, mais aussi tout citoyen libanais ». « Hassan Yacoub est à la recherche de la vérité », a-t-il poursuivi. Il a exhorté le juge en charge de l'affaire à se mettre à la place d'un homme dont le père a été enlevé il y a 38 ans. « Nous comprenons que la justice doit pénaliser tous ceux qui enfreignent la loi, mais, en ce sens, il faut que cela s'applique à tous, sans exception, a souligné l'ancien député. Nous n'exigeons ni la non-application des lois ni l'acquittement des coupables, mais un suivi sérieux. La solution passe par la cause essentielle, dont le dossier doit être clos. »
Pour sa part, le cheikh Adib Haïdar a prononcé le mot des ulémas et des hommes religieux. Il a estimé que, 38 ans après les faits, les partisans de Moussa Sadr et de ses compagnons n'ont que trop attendu pour connaître leur sort, accusant les responsables de négligence. Pour lui, Hassan Yacoub est désormais un « otage » aux mains des autorités libanaises, ajoutant que le « dossier est politisé » et que Yacoub « recevra un accueil de héros à sa sortie de prison ».
À signaler que la famille de Hassan Yacoub a poursuivi durant tout le week-end son sit-in dans la mosquée al-Safa à Ras el-Nabeh. Le 31 décembre, la famille a reçu la visite du cheikh Abbas Zogheib, envoyé par le vice-président du Conseil supérieur chiite, le cheikh Abdel Amir Kabalan.

